Algérie 1/61° RAA. En Algérie, de 1955 à 1962, le 61e RAA, en unité constituée (1er bataillon de marche ou 1er Groupe de marche du 61e RAA) accomplit la plupart de ses missions dans la région de Port-Gueydon en Grande Kabylie. Ou ses différentes bases sont :
Port-Gueydon
Tiffrit
Les Agrib
Ighil Mahni
Ferme Tardieu
Ferme Berger Vachon
Ferme Spilman
Tidmimine
Etc…..
L'escadron est chargé de la pacification d'un quartier de 400 Km2, situé à l'Est de la « Zone Est Algéroise ». Une dorsale montagneuse le borde au Sud : point culminant TAMGOUT 1278 mètres, a 7 km Sud de PORT-GUEYDON. De l'Est à l'Ouest, le terrain est profondément cloisonne, par des oueds coulant sensiblement Sud-Nord, presque au niveau de la mer. Leurs nombreux affluents découpent et ravinent de multiples mouvements de terrain qui constituent autant d'obstacles a une progression rapide. Enfin, au Nord, s'étend la face maritime du quartier avec, à l'Ouest de PORT-GUEYDON une mince bande littorale de terres cultivables. Deux voies de pénétration : la RD 1 sud-nord dominée sur tout son parcours et la RN 24 longeant le littoral.
Le quadrillage, dans l'essentiel, est constitué par les quatre postes des batteries chaque sous-quartier a donc une superficie de 100 Km2 à contrôler. Le terrain est couvert de lentisques et de bruyères; le franchissement de chaque mouvement oblige a gravir un important dénivelé, où le déploiement des unités est très malaisé.
Les batteries sortent de jour et de nuit mais ne peuvent étant donnés les moyens assurer une action de présence soutenue et simultanée dans les différents villages dont elles ont la charge. Ces villages sont au nombre de 92, quasiment tous positionnés sur des pitons et où de jour comme de nuit il est pratiquement impossible d'y accéder sans avoir été signalé.
Selon les journaux de marche établis par l'autorité militaire, de fin 1955 à mai 1962, période de son séjour en Algérie, le 1er Groupe de marche du 61°e RAA (1/61e RAA) est classé unité combattante :
du 10 décembre au 8 janvier 1956
du 29 février 1956 au 1 avril 1956
du 1 juin 1956 au 17 août 1958
du 6 septembre 1958 2 octobre 1961
du 13 octobre 1961 au 3 janvier 1962
du 6 mars 1962 au 12 avril 1962
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AIT FLIK, la région de la daira d’AZEFFOUN (ex : Port GUEYDON) réunit les sept villages suivants : TIGOUNATINE (ou TIGUENATINE), à l'époque le plus peuplé avec environ 400 habitants, TIGROURINE, EL KRAR, AGHNI-MEZAIENE, IDJAKDHOUDHENE (le moins peuplé), AIT-BOUSLIMANE et ALMA-HLAL, qui totalisaient à l’époque environ moins d’un millier d’habitants dont environ 200 habitants pour TIGROURINE, eut beaucoup de morts durant la guerre d’Algérie de 1954 à 1962, soit plus de 15 % environ de sa population totale dont beaucoup sont tombés au maquis dans l’honneur les armes à la main.
On en dira pour ces derniers qu’ils ont été des victimes de la guerre, cependant beaucoup de civils sans défense, comptant parmi eux des vieux, des femmes, des enfants et même des malades mentaux… ont été exécutés froidement et lâchement par les soldats de l’armée Française sans aucune raison apparente, sinon celle de faire partie de ceux qu’ils considéraient comme des indigènes bons seulement à l’esclavage où à
l’extermination.
Ainsi, les massacres qui y furent perpétués lors des différentes opérations militaires dont celles de la sinistre opération Jumelles ne peuvent être « versés » sur le seul compte de la guerre. Parmi les nombreuses exécutions sommaires de civils ... il y eut aussi cette lâche et incompréhensible tuerie de femmes et d'enfants à la roquette et à l’ auto mitrailleuse à partir d'un avion...
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Le récit qui va suivre concerne en fait le triste bilan du seul village de TIGROURINE... à titre comparatif, le village voisin de TIGOUNATINE, auquel il est accolé au point de former presque un même village, présente un bilan autrement plus important (+ de trois fois).
Dans ce récit incomplet, on n'en parlera pas des nombreux faits d'armes de nos glorieux Moudjahiddines locaux dont beaucoup tombèrent glorieusement au champs d'honneur en participant à des batailles à travers l'ensemble du territoire national…voir même à la fameuse ligne Morrice à la frontière ALGERO - TUNISIENNE, ce sera fait à l’occasion d’un autre récit.
Sans haine, sans passion, sans incriminer quiconque si ne n'est la FRANCE colonisatrice, ici on en parlera essentiellement des Chouhadas (tes) ( martyrs) civils ou maquisards exécutés et enterrés au village de façon à faire connaître leur histoire et perpétuer leur souvenir en particulier auprès des jeunes.
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Une stèle - mémorial commune aux quatre villages de TIGROURINE, EL KRAR, AIT BOUSLIMANE et ALMA HLAL a été érigée sur le plateau de CHRAHVIL, un lieu hautement symbolique visible à des dizaines de kilomètres à la ronde, comme d’ AZEFFOUN ( SIDI KHELIFA) ou des massifs montagneux de Tamgout ou de TIGRINE, lieu prestigieux pour les Moudjahiddines de l’ALN qui y avait établi le quartier général (PC) de la wilaya 3 relative à la Kabylie sous le commandement du légendaire colonel AMIROUCHE. Il y eut six zones de combats pour couvrir l’ensemble du territoire nationale.
Le piton de CHRAHVIL était également le lieu stratégique utilisé par l’armée Française pour y déverser ses soldats par hélicoptères bananes lors des fréquentes opérations de débarquement dans les villages d’AIT FLIK. Les quatre plaques commémoratives de la stèle comportent au total le nombre de 54 martyrs dont 07 femmes. Les autres villages, TIGOUNATINE aux 63 martyrs et AGHNI MEZAIENE-ICHAKDHOUDHENE (.) ont préféré avoir leurs propres stèles chez eux....
A la veille de chaque 1er Novembre, date anniversaire du déclenchement de la guerre d’ALGERIE, on y organise une veillée d’armes en hommage à tous les martyrs tombés glorieusement aux champs d’honneur.
Tout autour du mémorial, de la placette et de la bâtisse, on y allume des bougies, on prépare du café sur du feu de bois, on boit du lait de chèvre et on déguste des figues, des dates et des galettes à la manière des Maquisards d’autrefois.
Puis à minuit pile, on se rassemble devant la stèle pour chanter l’hymne national accompagné de salves de tirs de fusils de chasse par des anciens moudjahiddines encore en vie.
Quelques uns de ces derniers ne s’empêchent pas de verser quelques larmes en se remémorant inévitablement des scènes vécues en commun avec leurs compagnons d’armes qui reposent tranquillement au paradis (In-challah !) où ils espèrent les rejoindre inévitablement un jour. De tous les villages alentours, dès la première salve de tirs, des youyous stridents fusent spontanément de toutes les maisons et déchirent le silence de la nuit. A AIT FLIK personne parmi les anciens n’a oublié et les jeunes en sont informés à chaque occasion de génération en génération pour entretenir la tradition de rendre hommage à tous ceux ou celles ( pères, mères, frères, sœurs…), glorieux (ses) Chouhadas (tes) qui s’étaient sacrifié(e)s pour qu’ eux même vivent aujourd’hui libres et dans la dignité. En cette occasion les vieux ne ratent jamais l’occasion d’ inculquer à tous les jeunes, l’amour de leur chère pays l’ALGERIE, de son son drapeau et le respect de ses Institutions étatiques représentées par son président élu.
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Chaque village a son histoire particulière et ses glorieux martyrs dont pour certains les noms ont été donnés à titre reconnaissance à des rues ou placettes à ALGER, comme par exemple : Le Chahid TOUMI Idir du village d’AGHNI-MEZAIENE dont le nom a été attribué à une rue de BEN AKNOUN - face au lycée El Mokrani, ALGER. Il résidait, activait et mourut dans l’Algérois…… Le Chahid Arezki BOUZRINA du village d’ALMA HLAL dont le nom fut attribué à la rue qui commence du marché couverte AMAR Ali (ex : De la Lyre) et aboutit à la Mosquée KETCHAOUA dans la basse Casbah. Il résidait et activait à ALGER jusqu’à sa mort sous la torture à la Citadelle d’ALGER où il fut gardé prisonnier. Son nom est également inscrit sur cette stèle au ùilieu de ses ancêtres. Et puis il y a le Hameau de NATHOUAISSA qui fait partie du Arch des IVAHRIYEN mais au destin très confondu (géographiquement et historiquement) avec Les AIT FLIK.
NATHOUAISSA, le Hameau bombardé durant la guerre d'Algérie.
Il est situé à cheval presque à la même distance ( 17-15 kms) entre les APC (Mairies) d'AZEFFOUN dont il dépend et d’AKERROU.
Il était peu peuplé, habité jadis par seulement trois grandes familles et se situait en pleine forêt sur un relief accidenté et très fortement boisé sur le chemin de quelques trois kilomètres qui monte vers TIDMIMINE, un village stratégique perché sur un piton dominant par une vue imprenable la mer et les massifs montagneux de toute la région…
Il offrait l'avantage d'accès et sortie en toute discrétion et sécurité, le long des rivières qui le traversent latéralement de part et d’autre à partir des villages, situés en hauteur sur le flanc Est de la montagne de Tamgout ( EL KELAA, KISSOUN, TIDMIMINE ..) et qui se rejoignent, au plus bas a AGHNI MEZAIENE pour former THASSIFTH (petit oued) qui va alimenter à son tour l'oued YOUSSEF de Sidi Khelifa après avoir été gonflé par toutes les rivières ruisselant sur les flancs des vallées de SIDI YAHIA et AIT BOUSLIMANE...
A partir de Nathouaissa, caché des regards indiscrets par la végétation, on pouvait surveiller sur une grande zone en demi cercle, tous les mouvements des personnes civiles ou militaires.
L'ALN a, à juste titre, transformé ce lieu, déserté depuis longtemps par ses habitants, en hôpital militaire accueillant les blessés de la région de Port Gueydon.
Il s'agit en réalité d'une Grotte totalement camouflée par la végétation qui est située juste en dessous de la maison des parents du Chahid de la bataille d'ALGER : BASTA Ali.
Celui-ci, résidait et activait à ALGER jusqu’à sa mort sous la torture à la prison de SERKADJI (ex: BARBEROUSSE) mais son corps n’a jamais été remis à sa famille de crainte que celle-ci en découvre les horribles traces de torture.
Une placette publique ( ex: Provence) porte son nom au quartier des 3 horloges à BAB EL OUED.
L' hôpital fonctionna ainsi discrètement jusqu'au jour fatidique ou l'armée française l'avait soumis à un bombardement intensif au mortier à partir de la caserne située à IAZOUZENE sur le flanc de la montagne Djebbana Bou Debouze (mont Afroun).
Les Moudjahiddines avaient heureusement le temps de se retirer dans les grottes et casemates situées aux alentours du hameau et se mettre à l'abri du bombardement qui a quand même détruit complètement les habitations.
Par ailleurs, deux autres rues existent a Alger aux quartier de l'Agha et Ben Aknoun attribués au nom des frères AISSIOU, du même Hameau, tombés au champs d'honneur à l'intérieur du vaste territoire Algérien......
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Ait Flik avant la guerre.
Loin de la civilisation Française, nos aînés vivaient difficilement mais bien tranquillement dans leurs campagnes. Ils se suffisaient dans leur alimentation en pratiquant l’agriculture vivrière et l’élevage familiale …Ils cultivaient sur leurs petites parcelles les légumes secs, essentiellement les pois chiches, les petits pois, les haricots, les fèves, les lentilles qui sont facilement stockables jusqu’aux prochaines récoltes annuelles…
Le mais, le blé, l’ orge … qu’ils cultivaient serviraient pour en faire de la semoule et de la farine à transformer en couscous et en galettes de pain …
Ils travaillaient durement les figueraies et les oliviers, c’est selon les saisons, pour en récolter en quantité des figues à sécher et des olives à transformer en huile qu’on conservera pour la consommation domestique annuelle… en plus, chaque famille avait son potager où elle cultivait les légumes saisonniers comme, les pommes de terre, les artichauts, les poivrons, les carottes, les navets…
En ce qui concerne l’élevage, chaque famille avait son poulailler de volailles, sa bergerie de chèvres, de moutons, de lapins … et pour les nantis de vaches, de bœufs…pour en tirer quotidiennement le lait et occasionnellement de la viande à consommer par la famille …
On mangeait a sa faim et on vivait tranquillement et harmonieusement en communauté.
Les jeunes fréquentaient l’école coranique à la mosquée du village. En fait on leur faisait apprendre quelques versets et sourates du coran et on les initiait à la maîtrise de quelques rudiments de la langue arabe.
Le temps libre, ils le consacraient aux jeux, comme le « THIKAR », un jeu plutôt dangereux. Il consistait, selon des règles bien établies avec des notations à points, à se donner des coups de pieds comme au Karaté. On peux jouer à deux ou par équipe.
Il y avait aussi « TCHIR » un jeu d’équipe par lequel on disputait une balle qu’on se jetait par les airs comme au rugby.
On jouait également à un autre jeu assimilable au golf. Le jeu se pratiquait avec des battes taillées sur des branches d’olivier et une balle confectionnée grossièrement sur un épais morceau de liège. Le jeu consistait a mettre la balle dans les trous creusés sur le long du parcours de circonstance...
Les jeunes insouciants vivaient dans le bonheur et leurs aînés plus conscients espéraient que ...
La civilisation, telle que « criée » ici et là par les officiels Français, arrivera un jour aux villages pour y apporter un plus de confort aux habitants par la construction d’ écoles, de centres de soins, l’aménagement de routes carrossables, la fourniture de l’électricité .... Dès qu’ils atteignaient l’âge de l’adolescence, la majorité des adolescents s’exilent vers la métropole à ALGER essentiellement ou en France à la recherche d’un emploi stable qui leur permettrait d’aider leur famille par l’envoi d’un peu d’argent nécessaire aux diverses dépenses.... Et finalement le premier novembre 1954 la guerre de libération nationale fût déclarée et ....
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Avant de parler de la guerre a Ait Flik, nous rapportons le témoignage suivant paru dans le quotidien Algérien El Watan en 2004 qui résume un peu la situation vécue similairement par presque la totalité des villages de la commune de Port Gueydon ( AZEFFOUN) :
Il s'agit d'un petit résumé de la thèse de Coline Pellegrini sous la direction de Benjamin Stora à l’Institut Maghreb-Europe, Paris-VIIIe. Sa thèse portera sur la région de Port-Gueydon entre 1945 et 1965 pour l'obtention du titre de : Est doctorante en histoire
Femmes de la région de Port-Gueydon dans la guerre de Libération.
Une histoire mixte
Dans les témoignages de femmes de la région de Port-Gueydon (aujourd’hui Azeffoun), la date du 1er Novembre 1954 n’apparaît que rarement.
Deux raisons à cela : d’une part, l’approche que les femmes ont de leur passé est relativement peu chronologique : il est plus souvent jalonné par le rythme des saisons que par des dates.
C’est un premier aspect de la dimension généré par les mémoires. D’autre part, la commune mixte de Port-Gueydon, en Kabylie maritime, n’est pas le théâtre d’un des attentats du 1er novembre. L’événement le plus proche se déroule à Azazga, à une trentaine de kilomètres. Les manifestations du 8 Mai 1945 et la répression qui s’ensuit paraissent peut-être plus marquantes.Une des femmes rencontrées en parle en ces termes
« On ne s’était pas encore remis de la guerre franco-allemande, ce fut la guerre franco-algérienne. C’était d’une guerre à l’autre. Mon mari était dans l’armée française lors de la Seconde Guerre mondiale. Il a participé à la guerre contre les Allemands.
Puis, à la fin, quand les Français ont remporté leur indépendance, ils se sont retournés contre les Algériens, contre ceux qui se sont battus pour que, eux, ils retrouvent la liberté. » Ainsi se dessine une continuité de la lutte pour l’indépendance.
L’entrée dans la guerre (dite d’« Algérie » ou de « Libération nationale », selon le point de vue adopté) ne commence, quant à elle, que plus tard, au cours de l’année 1955, avec l’intensification des départs aux maquis et des opérations militaires françaises.
Deux temps se dégagent dans les récits que les femmes de cette région font de la guerre de Libération nationale : un avant et un après les grandes opérations de regroupement de populations.
Avant, c’est la vie au village, le soutien logistique aux moudjahidine, les représailles des militaires français. Après, c’est le déracinement et l’adaptation des formes d’aide aux maquisards à cette nouvelle situation.
C’est autour de l’expérience de ces « déplacements » que se cristallisent les mémoires des femmes de la région. Dans les années 1950, la région de Port-Gueydon a cette double caractéristique, commune à bien des régions de Kabylie : faiblesse de la colonisation agricole, hormis sur une étroite bande littorale, et importance de l’émigration vers la France et Alger pour l’essentiel.
Lors d’une visite du secteur de Azazga - qui comprend le quartier de Port-Gueydon - en octobre 1959, un officier français écrit : « Chaque famille a au moins un travailleur en Mitidja ou en métropole. » Les villages y sont dispersés sur les hauts, ce qui rend la région difficilement contrôlable pour l’armée française.
Une politique de regroupement des populations est alors mise en place. Le 1er octobre 1959, la population du village de Tiza est évacuée vers le village d’Ighil Mahni ; ultérieurement, celle d’Aït Illoul est regroupée à la ferme Tardieu, une ferme coloniale abandonnée par ses propriétaires.
En février 1960, la population d’Aït Si Yahia est déplacée à Aït Rahouna, un bourg situé sur la côte. En septembre 1961, les habitants de Tifezouine sont dispersés dans plusieurs villages de la région, principalement Bezerka et Azeffoun. En outre, il semble que les épouses, mères et sœurs de moudjahidine aient été regroupées dans un camp spécifique à Tidmimine.
Pour les femmes, tous ces lieux, quelle que soit leur dénomination officielle - « villages regroupés », « centres de regroupement », etc. -, sont des « prisons » où l’armée française entend les enfermer, à grand renfort de barbelés et de guérites. « Le long de la route, il n’y avait plus que des prisons », explique l’une d’elles.
A ce moment de la guerre, la population civile est très largement composée de femmes et d’enfants, les maris étant en « exil », au maquis ou encore en prison.
Les recensements de population que tentent de faire les Sections administratives spécialisées (SAS) donnent les chiffres suivants : sur le territoire de la SAS d’Azeffoun, on compte, en moyenne, de janvier 1960 à décembre 1961, 13% d’hommes ; sur celui de la SAS d’Ighil Mahni, de juin 1960 à décembre 1961, 9%.
Ainsi, tenter d’écrire l’histoire des femmes, c’est aussi aborder celle des populations civiles dans une guerre révolutionnaire.
Dans les récits de femmes, tout laisse à penser que la frontière que les barbelés doivent dresser entre les moudjahidine et les populations locales en est surtout une pour les militaires français.
D’emblée, leurs mémoires sont des mémoires de résistantes, de l’insoumission à l’ordre militaire et guerrier, de la transgression des barbelés.
La nuit, la nourriture ou le linge propre destinés aux moudjahidine sont jetés par-dessus les barbelés ou glissés en dessous, parfois avec la complicité d’un harki « qui joue des deux côtés ».
Les trajets vers les fontaines sont autant d’occasions de déposer dans des caches ce qui doit être remis aux combattants : les cruches des femmes apparemment vides ou remplies de linge sale contiennent souvent des petits mots ou des denrées alimentaires, ce qui permet au contact entre l’intérieur du village regroupé et l’extérieur d’être, si ce n’est constant, tout au moins régulier.
Certaines femmes expliquent qu’il suffit de « faire les yeux doux » aux jeunes militaires français ou faire semblant de courir après son enfant pour échapper à la fouille réglementaire au moment de sortir du camp.
Le soutien des civils aux moudjahidine n’a donc pas tari après les opérations de regroupement. Comme au village, les femmes assurent une part du soutien logistique assumé par les civils dans ce type de guerre.
Mais, pour l’essentiel, les tâches qui leur incombent relèvent de l’économie domestique : nourrir, laver, soigner, conformément à leur rôle dans une société patriarcale. Rares sont celles qui font partie de l’organisation politico-administrative du FLN-ALN. Si le village regroupé est une prison aux yeux des femmes, il est aussi un lieu qui les met à l’abri de certaines violences guerrières : ratissages, bouclages, arbitraire des représailles, etc. Les civils n’ont plus à subir le saccage des aliments, la décimation des cheptels, le pillage des maisons ; les récits de viols ou de tentatives de viols disparaissent. En revanche, c’est une violence plus structurelle (économique, sociale et symbolique) que les civils ont à endurer : celle du déracinement. L’armée française, en tentant de casser le lien organique entre les troupes de l’ALN et les populations civiles, casse surtout celui avec le terroir, déstructure l’économie locale. Par exemple, la cueillette des figues et des olives est interdite. Ce sont des piliers de l’économie traditionnelle qui sont alors ébranlés. Les femmes doivent aller chercher le « bon de ravitaillement » qui leur est octroyé. Mais la sévérité du rationnement ne permet pas de subvenir aux besoins alimentaires des familles. Aussi leurs récits regorgent-ils de détails sur les palliatifs qu’elles doivent trouver dans ces situations de pénurie : le sel est pris à même l’eau de mer, la caroube et les herbes qu’elles vont « chercher à la montagne », quand elles y sont autorisées, deviennent des aliments de base. Il y a en outre rupture avec les modes d’habiter traditionnels, rupture des géographies familiales et villageoises et de leurs liens de solidarité.
C’est ainsi que la guerre s’introduit au cœur des familles, au cœur de l’espace domestique. S’attacher aux aspects quotidiens de la vie en temps de guerre est une autre spécificité des mémoires de femmes. « Dans la remémoration, les femmes sont en somme les porte-parole de la vie privée », explique Michelle Perrot.
Voilà, à peine esquissés, quelques aspects de l’histoire des femmes de la région de Port-Gueydon dans la guerre. Cette histoire ouvre sur celle des civils en général dans une guerre révolutionnaire. Les mémoires de femmes fournissent, en outre, des éléments propres qui devraient permettre, à terme, d’écrire une histoire de la vie privée et de l’espace domestique dans l’Algérie en guerre et ainsi d’interroger l’impact réel de ce moment de profonds bouleversements des structures sociales sur la place des femmes dans les familles et plus généralement dans la société algérienne.
Le travail de collecte de témoignages est urgent : déjà, les expériences des femmes d’âge mûr au moment de la guerre sont perdues à jamais, car la mémoire est presque le seul matériau dont les historiens disposent pour tenter d’écrire l’histoire de ce groupe social longtemps exclu des sphères de l’écrit.
Pourtant, peut-être l’histoire des femmes ne prend-elle tout son sens qu’en la croisant avec celle d’autres groupes sociaux pris dans la guerre. L’approche micro-historique et l’ancrage dans le local pourraient alors permettre d’écrire une histoire mixte (dans tous les sens du terme), plurielle et complexe, à l’image de cette guerre.
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Les parachutistes faisaient souvent irruption par surprise dans les villages.
A chaque fois, On fait sortir tout le monde dehors pour rassembler tous les habitants avec d’un côté les hommes et de l’autre les femmes avec leurs enfants.
Puis les soldats se mettent par groupe de deux ou plusieurs, c’est selon la corpulence du civil choisi pour l’interrogatoire, et font conduire un à un les hommes dans les maisons choisies pour les tortures.
Certains sont ramenés très vite, d’autres un peu plus tard, mais tous dans un état lamentable ou la souffrance se lisait clairement sur leurs visages livides et les traces de torture bien visibles.
Même les femmes n'étaient pas épargnées et connurent la torture et ...
Ceux qui paniquent ne seront plus relâchés et seront traînés d’un à lieu a la recherche de fellagas ou de leurs casemates. Quoi qu’il en soit, ces derniers étaient condamnés d’avance et au retrait des paras après quelques jours passés au village à consommer gratuitement du bétail et volailles que les villageois leurs égorgeaient et cuisaient sous la contrainte, on retrouvait les cadavres de ces innocents civils, jonchant les champs aux alentours du village parmi les cadavres d'animaux domestiques ( des vaches, des chats, des moutons, des chèvres, des volailles...) également massacrés massivement et impitoyablement.
Et aussi, il eut l'exécution du jeune "enfant" Chahid AKLI que les paras ont froidement et lâchement assassiné après l’avoir fait traîner durant des jours dant tout AIT FLIK, en voici-son histoire:
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Le père d’AKLI : « ammi » (oncle) HAND
Il aimait passionnément TIGROURINE où il se sentait à l’aise et bien dans son élément nature malgré les difficultés à y vivre. Son village représentait son monde à lui et ce n’est qu’à contre cœur, forcé par le destin, qu’il décida enfin à imiter les autres et tenter à son tour l’aventure de l’exil vers la France en quête d’un emploi stable et rémunérateur.
Il partit non sans grande appréhension en versant quelques larmes de regret. Par ironie du sort, son compagnon de route : « Da HAND » ACHKOUF est certes plus jeune que lui, mais est également illettré. En plus, ce dernier est de nature solitaire, très peu bavard et encore plus fortement attaché à son village qu’il n’avait jamais quitté auparavant, tout comme lui bien entendu, même pas pour se rendre au souk d’AZAZGA comme le faisaient régulièrement ses concitoyens.
Cela n’arrangeait vraiment pas les choses pour leur aventure vers l’inconnu mais heureusement que des dispositions ont été prises auparavant par leurs compatriotes pour qu’on les prenne en charge dès leur arrivée à l’aéroport de PARIS.
Effectivement une fois sur place, on ne les lâcha plus d’une semelle. On les hébergea et on leur trouva du travail au milieu de gens du bled…on les accompagnait dans tous leurs déplacements même pour se rendre au café tenu et fréquenté par des compatriotes.
On faisait tout ce qui était possible pour qu’ils ne sentent pas dépaysés et envahis par la nostalgie, mais ……
Ammi HAND, le père d’AKLI, contrairement à ses concitoyens qui émigraient dès l’âge précoce de 14 ans (parfois inférieur), lui, il l’a fait à un âge assez avancé avec la quarantaine entamée et en laissant derrière lui une famille nombreuse composée d’enfants en bas âges.
Malgré toutes les bonnes intentions et les égards dont l’entourèrent ses amis et ses proches, il ne cessait de penser et de parler continuellement de son village, de sa famille et de tout ce qui les lui rappelait. La nostalgie était trop forte.
Cette terre qui lui paraissait autrefois ingrate devenait maintenant dans son exil comme la meilleure et la plus fertile qui puisse exister. Il a tant envie d’en prendre dans sa main une poignée pour la toucher et sentir son odeur.
Dans son imagination tout devient fabuleux : ces champs où il faisait paître ses chèvres, ces sources d’eau où il se désaltérait, ces figueraies, ces oliveraies, ces placettes du village, El Djemaa Badaa ou El Djemaa Oufella où il se réunissait chaque soir avec ses amis pour discuter, ses concitoyens, sa famille… tout lui manquait terriblement.
Il aurait souhaité tant être berger à MAMOUNE (son pré préféré) surveillant ses chèvres, assis en solitaire sous un arbre ou derrière un buisson, à l’abri du soleil brûlant d’ALGERIE que n’importe quel autre métier, le plus facile et rémunérateur qu’on puisse lui proposer ici, en cette année 1954, au quartier de LEVALLOIS PERRET à PARIS où il vit au milieu de ses compatriotes de tout AIT FLIK.
« Ammi HAND » rongé par la nostalgie ne cachait plus son désir de retour, il l’évoquait souvent. On essayait tous de le convaincre de revenir à de meilleurs sentiments mais en vain, c’était plus fort que lui et était arrivé à « l’insupportable ». Il retournera bientôt au bled.
Justement la guerre de libération nationale de son pays bien aimé l’ALGERIE venait d’être déclarée et au lieu de l’éviter comme l’aurait fait beaucoup, lui il la trouva comme prétexte pour repartir définitivement et sans tarder afin disait-il protéger sa famille, ses enfants qui auront sûrement besoin de sa présence.
Le destin a voulu que Da HAND son compagnon de route de l’aller sera également du voyage du retour, lui aussi avait connu la même situation psychologique.
Et ce n’est que le plus logiquement qu’ils rentrèrent ensemble au bled après moins de six (6) mois passés en France .
Ils reprirent très vite leurs anciennes habitudes car la guerre en cette fin de l’année 1954 était encore loin du village. Des semaines puis des mois passèrent et vint le jour fatidique où des soldats paras Français débarquèrent de nouveau au village, toujours par surprise, mais cette fois-ci animés de sentiments de vengeance, c’est à dire avec de des intentions de faire du mal.
Sans ménagement et sans s’attarder, ils rassemblèrent la population, non pas pour le discours d’usage, mais pour torturer, saccager les provisions, piller, massacrer du bétail, exécuter et… prendre comme otage AKLI, le fils de ammi HAND, tout juste âgé de 16 ans, parce qu’il avait paniqué et montré des signes évidents de perte de son sang froid à la vue de ceux qu’on torturait et exécutait devant lui.
Ils crurent trouver en lui, celui qui les conduirait à la découverte de fellagas et de leurs caches d’armes et provisions qu’ils savent exister en nombre aux alentours du village.
Ils le torturèrent et terrorisèrent longtemps avant qu’il ne se décide enfin à les faire traîner d’un lieu à l’autre à travers les champs de tout le territoire de TIGROURINE.
Il cherchait et feignit d’avoir oublier les casemates et leurs disait qu’il s’en rappellerait plus tard lorsqu’il aura retrouver tous ses moyens.
Il perdit du temps et pensait naïvement que par lassitude et dépit, vu son jeune âge, ils s’en lasseraient et finiront par le relâcher. Ils le gardèrent toute la nuit comme prisonnier car pour eux ce n’était que partie remise et que la prochaine serait la bonne et que de toute façon il ne s’en sortirait plus vivant.
Son père « ammi » HAND avait compris la mauvaise posture de son fils, il en tremblait. Il s’approcha des responsables militaires en hésitant et par interprète interposé (feu OMAR), il leur expliqua, arguant l’âge précoce de son fils et son état second, et les suppléa afin qu’on le relâche.
Mal lui en prit car sans s’en rendre compte il venait de leur donner indirectement une idée de terroriser d’avantage son fils afin de l’amener à leur montrer enfin ce qu’ils cherchaient.
Ils prirent le père, le maltraitèrent et le torturèrent devant son fils en plein désarroi. Les atrocités furent insupportables, il hurlait de douleur. Quand ils le relâchèrent, il ne pouvait même plus se remettre debout, il a fallu qu’on fasse appel à quelques uns de ses compatriotes pour le soutenir et l’emmener chez lui mais non sans l’avoir menacer de mort au cas il tenterait une nouvelle fois de les approcher pour sauver quelqu’un d’autre en leurs mains.
Le malheureux en gardera les séquelles durant toute sa vie. Il avait bien compris cet avertissement et sait maintenant que son fils était bel et bien condamné à une mort certaine.
Le lendemain, affaibli, ammi HAND sortit devant la porte de sa maison, située à l’extrémité du village (la dernière) et regardait tristement le groupe de soldats qui emmenaient son fils ligoté, dans les champs se trouvant encore plus bas. Ils passèrent juste à quelques mètres de lui. AKLI et son père croisèrent leurs regards tristes et se dirent « intérieurement » un dernier Adieu (Da Hand avait empêché sa malheureuse femme et ses autres enfants de regarder, il craignait une mauvaise réaction de leurs parts qui leur serait fatale, il s’en souvenait encore des sérieuses menaces..).
A la première tentative infructueuse de leur trouver cette casemate, les soldats paras Français comprirent qu’ AKLI ne savait pas ou n’en révélerait jamais rien et qu’il les faisait tourner en rond depuis le début.
Du village, on entendit une rafale et tout le monde sut qu’on venait de l’exécuter froidement.
Ammi HAND qui était revenu de France avec l’idée de protéger ses enfants et sa famille ne fut finalement d’aucun secours pour son fils qui a été exécuté impitoyablement par des soldats de la colonisation Française formés à la barbarie...
Ce fut un Chahid, parmi le un million et demi d’autres chahid dont le sacrifice « amena » le recouvrement de la liberté des autres Algériens dans leur pays enfin indépendant.
Ils iront tous au paradis pour avoir combattu pour une juste cause. Allah Yerhem Echouhaddas.
Après l’indépendance, ammi HAND, en resta longtemps marqué. Tout comme « Khali HAND » qui perdit son fils (AREZKI) au même âge, lui aussi passait son temps libre au milieu des jeunes qu’il aimait voir baignant dans le bonheur et la joie…Face à eux, le sourire ne le quittait jamais, c’était comme s’il souriait à son fils AKLI.
Ammi HAND vécut 93 ans (né en 1914) soit, 45 ans de plus que tout le temps écoulé depuis cette année fatidique où il perdit son fils ….
Le vendredi 18 mai 2007 à 18h20, on reçoit au blog de TIGROURINE, le message suivant qui nous annonce la triste nouvelle:
Azul,
Aujourd’hui est décédé AZDAOU Ahmed l’un des plus vieux du village. Agé de plus de 93 ans, ammi Ahmed, Allah Errahmou, était malade depuis bien longtemps. C’est quelqu’un qui, après une brève immigration (moins de 6 mois) dans les années 50, est renté définitivement au village pour ne plus jamais le quitter jusqu'à ce jour. Des hommes comme ammi Ahmed, nous ont appris la vie au village, la patience, le respect d’autrui, le pardon et surtout la sagesse. Malheureusement, ces valeurs ont aujourd’hui tendance à disparaître. SLIMANE Ali.
Le lendemain ce fut le jour de son enterrement. Il faisait un temps ensoleillé et chaud. Il y avait une foule nombreuse qui l’accompagna de sa maison d’ El Hara Bada - extrémité du bas du village (Est)- jusqu’au cimetière à l’autre extrémité (Nord) sur le chemin de CHRAHVIL.
Auparavant, sa dépouille fut emmenée à la place de TAZEMOURTE pour la prière du mort ( Salat el Djanaza) et un dernier regard sur son visage.
Comme presque toujours depuis des années, c’était le très respectable et bon orateur Cheikh AMAR de TIGOUNATINE qui assura l’oraison funèbre d’usage. « Ammi » HAND est allé ainsi rejoindre définitivement son fils le Chahid AKLI et ses ancêtres. Que dieu l’accueille en son paradis, Incha-Allah !
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Les Fellagas que cherchaient les soldats paras Français campent juste en face d’eux dans la rive, cachés dans les nombreuses casemates du massif forestier accidenté et fortement boisé, qui surplombe l’oued sur une pente raide jusqu’au sommet du mont d’ Afroun qui culmine à plus de 600 m d’altitude.
Au-delà sur l’autre versant, c’est le Djebel Ivahrisen où se trouve TIGRINE, un lieu historique pour les Moudjahiddines de l’ALN. En longueur ce massif s’étend de IAZOUZENE-IVDHASSEN à AIT ALI OU ABDALLAH sur environ quatre kilomètres, soit sur une superficie d’environ 2000 hectares. Il suffisait aux soldats Français de traverser l’oued sur une largeur d’une cinquantaine de mètres pour s’y retrouver et aller « attraper » les fellagas.
Malheureusement, autant ils se montrent arrogants, forts et sûrs d’eux quand ils tiennent un enfant, une femme…au bout de leurs fusils et plus ils se font tout petits, peureux et fuyant à l’idée de se retrouver dans ces lieux pullulant de casemates dont certaines sont de véritables casernes souterraines qu’occupent tranquillement ces Fellagas.
Jamais ils ne s’y étaient aventurés pour combattre loyalement malgré l’armement ultra sophistiqué et
les grenades offensives en leur possession.
Pour cela, ils font souvent intervenir en renfort l’aviation pour bombarder toute la zone au napalm sans jamais parvenir pour autant à la « nettoyer » comme ils disent dans leur jargon.
Les Fellagas y seront toujours et font de ces lieux, un repaire imprenable.
Souvent ils se permettaient de descendre vers le lit de l’oued pour se rafraîchir dans les nombreux bassins d’eau qui s’y trouvent et dont certains sont de véritables piscines naturelles, comme la Tamda Guethvirene (bassin aux pigeons).
C’est ici qu’ils rencontrent secrètement leurs jeunes informateurs et ravitailleurs descendant du village pour se rafraîchir à leur tour.
Les Moudjahiddines évitent d’attaquer les soldats dans le village de peur de donner ainsi un prétexte aux soldats pour d’ inévitables représailles sur la population civile sans défense mais, dans ces endroits considérés comme terrain neutre et aux reliefs convenant bien à la guérilla, ils ont eu plusieurs fois l’occasion de s’accrocher avec les soldats Français à qui ils occasionnèrent de lourdes pertes avant de se retirer en fuyant le long de l’oued pour retrouver leur repaire imprenable.
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Au départ des paras, après un à trois jours passés dans les villages de la région, on retrouvait également des corps de moudjahiddines inconnus, ramenés d’ailleurs et exécutés froidement.
Ce jour du grand massacre de l’opération jumelle, ils laissèrent le corps d’un jeune Moudjahid en uniforme de l’ALN ramené comme prisonnier. Il fut enterré en inconnu au cimetière du village de TIGROURINE en attendant d’être identifié un jour.
Après cinquante ans, iI y est toujours au cimetière.
En l’an 2000, le hasard a fait découvrir la tombe d’un jeune de TIGROURINE, le Chahid SADAOUI Mohamed dit Arezki, (né en 1942 et tué en 1958 à l'âge de 16 ans) qui avait été enterré en inconnu dans un autre village à GUENDOUL dans la commune de FREHA.
Il s’était rendu en compagnie d’un autre jeune de même âge, porté également disparu, en l’occurrence le jeune Chahid RENOU Ahmed du même âge et du village d’EL KRAR, au grand souk hebdomadaire de THALA ATHMANE dans la commune de TIZI OUZOU pour se ravitailler en provisions alimentaires au compte des Moudjahiddines de l'ALN pourvoyeur principaux de l'argent nécessaire, récolté par cotisations obligatoires auprès de la population active (surtout les émigrés) et également au compte de la population qui connaissait en ces moments là une grande famine par la faute des militaires Français qui suspendirent, par représailles à un fait d’armes par les Moudjahiddines dans la région, les misérables rations alimentaires distribuées irrégulièrement auparavant ( parfois un mois, trois mois, six mois et plus…) tout en interdisant aux villageois de s’y rendre aux champs pour ramener de quoi survivre…
Le rapatriement des restes de sa dépouille, découverte par hasard quarante ans après dans le village de GUENDOUL dans la commune de FREHA, mobilisa tous les habitants présents au village qui, avec une grande émotion, l’enterrèrent de nouveau et officiellement en présence de quelques uns de ses compagnons d’armes encore en vie.
On lui rendit officiellement les honneurs dus a un grand Moudjahid mort glorieusement en Chahid pour la libération de l’Algérie.
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Son père, le regretté « khali Hand » comme on l’appelait communément au village, faisait partie de l’expédition et marcha avec le groupe jusqu’à la sortie du village voisin d’El Krar qui est situé au dessus de son village de Tigrourine sur le chemin escarpé menant dans la direction Est vers le mont Tamgout (1200 m).
C’est là, à quelques deux (02) kilomètres de son domicile que son fils « Arezki » a eu un pressentiment qui l’a amené à insister auprès de son père pour lui faire rebrousser chemin et rejoindre sa famille qui avait besoin de sa protection.
Il lui avait dit « Père, il vaut mieux que tu retournes dans notre famille qui a besoin de ta présence sécurisante, cette mission ne laisse rien présager de bon ! ».
Malgré son jeune âge d’à peine 16 ans, il était très conscient du danger de la délicate mission de ravitaillement car les échos parvenant d’ici et là faisaient état d’un vaste déploiement de l’armée Française à travers l’ensemble du territoire de la kabylie et que les morts et massacres de civils se multipliaient partout en cette année 1958.
Cependant pour ces jeunes volontaires, rien ne pouvait plus les arrêter dans leur conviction de se rendre utiles aux maquisards et à la population qui étaient contraints à une grande famine par les décisions injustes et inhumaines des autorités militaires Françaises qui avaient suspendu le rationnement des aliments et interdit aux villageois de s’y rendre aux champs pour ramener de quoi subsister…
« Khali Hand », les larmes aux yeux s’arrêta, fit les derniers adieux à son fils et ses compagnons de route et ne les quitta plus des yeux jusqu’à ce qu’ils disparaissent complètement de son champs de vision à l' horizon.
Une grande tristesse l’envahit et pria Dieux qu’ils en reviendraient sains et saufs…Malheureusement Arezki et les autres ne revinrent plus jamais.
Ils furent portés disparus…
Des mois, des années puis des décennies passèrent sans pour autant que la mère d’Arezki, profondément affectée par sa disparition, ne l’oubliât un instant, elle en parlait de lui en toute circonstance et espérait toujours le voir un jour réapparaître en vie. Cet espoir l’aidait elle-même à vivre normalement sa vie.
De son coté son père « Khali Hand » fût encore plus affecté mais rien ne le laissait apparaître, il en parlait rarement …mais tout le monde savait qu’il passait inlassablement à lui car dans sa conscience il se sentait certainement un peu « coupable » de l’avoir laissé lui et ses compagnons partir seuls pour cette mission dont il aurait dû pressentir l’issue fatale.
Il a vécu tout le restant de sa vie partagé entre ses obligations professionnelles, familiales et les jeunes du village qui lui rappelaient son fils et auprès desquels il se sentait bien. Il aimait les voir baignant joyeusement dans le bonheur.
Les jeunes de la génération de son fils et de celles d’après trouvaient un immense plaisir à écouter inlassablement ses bons conseils, ses récits interminables sur la chasse en général et celle au sangliers en particulier (sa grande passion qu’il avait transmis à son petit fils Ahcene) et ses « plaisanteries » sur les mésaventures amusantes ayant le plus souvent rapport avec la chasse .
Au retour des champs après les durs journées de travaux harassants, les Tigrourinois se retrouvaient dans les places principales du village, soit à Djemaa Badaa pour les plus âgés qui passent leur temps à discuter de choses officielles ou alors à Djemaa Oufella, le lieu préféré de « Khali Hand » et des jeunes en quêtes de moments de bonheur auprès de ce dernier…
Sa disparition prématurée durant les années 1980 laissa un irremplaçable vide dans le cœur de tous ceux qui le côtoyaient et qui en gardent encore aujourd’hui un souvenir immortel (n’est ce pas Ramdane, Hamid Cheikh… ?) Qu’il repose bien en paix!
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Avant lui, bien des années auparavant il y avait aussi le corps d’un autre moudjahid retrouvé, rapatrié et enterré au village, il s’agissait du jeune Boudjemaa S.
Dans des circonstances similaires, un autre de TIGROURINE fût porté disparu. Il s'agissait du chahid Belkacem SEDOUD qui avait acquis une ferme à AZAZGA où il résidait depuis le début des années 1950.
Il s'adonnait au transport de marchandises avec son camion qu'il utilisait également et secrètement pour le transport d'armes, de provisions et de personnes au compte de l'Armée de Libération Nationale (ALN).
Il fût prit et arrêté par les militaires Français pour ne plus jamais réapparaître. Il mourût ainsi en Chahid de la guerre d'ALGERIE et enterré incognito quelque part en Algérie. Durant cette même sinistre opération on en retrouva aussi le corps d’ un autre jeune adolescent, exécuté froidement sans raison, il s'agissait du Chahid T. MEZIANE…
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Tout Ait Flik était strictement surveillé à partir des casernes installées stratégiquement sur les crêtes et pitons des montagnes environnantes. Dès qu’on apercevait des gens s’affairant aux travaux de champs ou tentant d’aller faire paître leur bétail, la machine se met automatiquement en branle.
Des appels sont échangés par radio, qui font venir, en premier lieu, un avion de reconnaissance (le mouchard) tourner longtemps avant de repartir, et en second lieu faire surgir un avion de chasse qui lui mitraille tout ce qui bouge dans les champs...
Un grand ratissage était programmé en secret dans les villages d’ALMA GUECHTOUM (+700 m d’altitude) AZROU, KISSOUN et EL KELAA, situés sur les hauteurs en dessus d’AIT FLIK sur le versant EST du mont Tamgout (1200 m). Certains mal intentionnés, aux desseins criminels, ont préparé un scénario particulier destiné aux habitants du village de TIGROURINE.
La veille, une rumeur, venue d’ailleurs, faisait état d’un imminent bombardement.
Le message était clair, faire peur et créer une panique généralisée afin de mettre la population à la merci des soldats au moment propice. Bien entendu la nouvelle se répandait comme une traînée de poudre et tout le monde fût mis très vite au courant.
On se remémorait inévitablement les précédents bombardement d'autres villages ( NATH OU AISSA et ...), on en tremblait et on souhaitait qu’elle serait sans effet et que ce ne sera pas comme lors de la précédente rumeur du même genre qui avait crée une panique indescriptible au village.
Ce jour là, les habitants terrorisés abandonnèrent précipitamment le village en laissant douloureusement à leurs destins les plus vieux qui désiraient mourir dans leurs domiciles. Ils fuirent avec leur bétail en tous sens à travers les champs situés plus bas.
Des
casernes stratégiques perchées sur les crêtes, de celles de TIDMIMINE au Nord, d’AIT ALI OU ABDALLAH au Sud et surtout d’ IAZOUZENE à l’Est, les soldats étonnés assistaient avec leurs jumelles à l’ étonnante scène sans perdre heureusement leur sang froid. Ils ne firent heureusement pas appel par radio à leurs avions chasseurs qui auraient fait un carnage.
Le groupe de villageois composé de femmes, de vieux hommes, et d’enfants, (à cette époque il n’en restait au village que très peu d’hommes environ 13% sinon que des femmes et des enfants), parti par la direction Est (vergers de Choukcha et Svaa) était parvenu au bord de l’oued juste en face de la caserne d’ IAZOUZENE, située en hauteur sur un piton rocheux où on distinguait nettement les soldats qui faisaient des signes et aussi le fameux canon pointé dans leur direction.
La scène était dramatique et pitoyable...
On priait Dieu et espérait que les soldats postés derrière le canon ne tirent. Les responsables de la caserne comprirent qu’ il s’agissait d’une panique généralisée et laissèrent cette fois ci les gens reprendre leur esprit et retourner calmement à leur village…
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Et le jour du ratissage arriva.
Des hélicoptères surgissaient en grand nombre de toutes parts, se posaient sur les crêtes et pitons au dessus d’AIT FLIK (Est), de TIDMIMINE (au nord), au sommet de Tamgout (Ouest) et sur la route d’Amanchar Averkhane (sept Fontaines aux singes) au Sud.
Ils déversaient des soldats par dizaines qui s’éparpillent vite pour former une ligne d’encerclement de toute la zone prévue pour l’opération. On assistait la peur au ventre au manège tout en se posant des tas de questions.
On regardait craintivement l’avion de reconnaissance (le mouchard) qui tournait constamment à très basse altitude en faisant de nombreuses « visites » plus bas vers le villages de TIGROURINE...
Quelques jeunes des villages concernés, craignant pour leur vie, fuirent la zone de ratissage et descendirent par la périphérie du village pour aller se cacher dans la montagne située au de-la de l'oued à quelques trois kilomètres plus bas.
Les habitants terrorisés qui assistaient à la scène et entendaient les tirs intensifs se rappelaient spontanément la rumeur de la veille, prirent peur et soudain c’est la panique générale.
Malgré tout, certains restèrent chez eux décidés à affronter leur destin, malheureusement d’autres décidèrent de fuir et leur bétail avec eux. Comme l’autre fois, on courait dans tous les sens à travers les champs à la recherche d’un abri sécurisé pour se cacher, qui sous un arbre, derrière un buisson ou au bord de la rivière…
L’avion de reconnaissance suivait ces mouvements durant un long moment puis disparaît…et quelques instants après, un avion de chasse, un T6 de la RPC au son particulier
redouté par tous les villageois, surgit, fit un grand tour à très basse altitude pour étudier la situation sur le terrain et tout à coup fait un piqué vers une clairière (champs de MAMOUNE) et tire une roquette sifflante sur une vieille femme qui instantanément mourût déchiquetée et projetée dans le trou creusé par l’impact du projectile.
Un deuxième virage à trois cent soixante degrés et un nouveau piqué suivi de tirs à l’automitrailleuse eurent raison d’une jeune femme qui courait avec un bébé (son neveu) dans ses bras. Elle fût instantanément tuée et lâcha le bébé ensanglanté qui eut les deux jambes en lambeaux.
Sa mère qui ne se trouvait pas très loin, en
entendant les hurlements de son bébé, oublia sa propre peur et accourut vers lui en hurlant…
le sanguinaire pilote eut tout le temps nécessaire pour faire reprendre la bonne position à l’avion et venir faire subir le même sort à la malheureuse qui, grièvement blessée, tomba à terre ensanglantée non loin de son bébé. Sur sa trajectoire il aperçut, non loin de la dans un champs « nu » à MAGHDHIRA, SAID et son frère MOHAND qui gardaient leur troupeau, figés sur place et terrorisés par la douloureuse scène à laquelle ils assistèrent en direct.
Ils furent une proie facile aux assassins qui eurent tout leur temps pour bien viser et blesser grièvement SAID et plus légèrement son jeune frère MOHAND. Sadiquement, le pilote fait un autre virage et un autre piqué pour s’amuser à tirer sur le troupeau de chèvres et moutons par faute d’autres femmes ou enfants à tuer lâchement sans aucune pitié. Ils ne repartirent définitivement qu’après avoir tourner en cercle durant un grand moment à la recherche d’autres cibles.
Connaissant enfin les vrais desseins des criminels, tous les autres villageois qui se trouvaient aux champs s’étaient cachés jusqu’au départ définitif de l’avion à son bord des criminels qui iront raconter leur exploitant …
La maman grièvement blessée, malgré la terrible douleur réclamait sans cesse son fils qu’elle savait blessé… ils succombèrent presque en même temps à leurs blessures tout comme SAID qui succomba également à son tour.
Le jeune MOHAND s’en était sorti après une grande frayeur mais profondément choqué…….
Finalement les soldats de l’avion « assassin » jubileront de compter dans leur triste palmarès cinq «Fellagas» tués qui sont en fait trois femmes, un bébé, un adolescent de 17 ans, qui sont allés directement au paradis en tant que Chouhadas.
Témoignage de JAM Trois mois après la publication dans le blog de l’article sur l’épisode de « l’avion assassin dans le ciel de TIGROURINE, JAM le neveu de SAID vient de rapporter son propre témoignage sur cet épisode douloureux. JAM était né après l’indépendance, mais a appris beaucoup de son regretté grand père, oh combien très sociable et porté vers les relations humaines empreintes de franchise et chaleur humaine, SAID lui ressemblait en bien des points……..
"mon oncle S.Z. il avait dix sept ans quand il a été tué par un avion.
Parti un matin derrière son troupeau pour paître quand il a été tué par les avions de l’armée coloniale........ Il était très beau gosse d’après les gens qui l' ont connu toujours souriant, il se moquait de tout tellement il été très rieur, je ne l ai pas connu, mais mon grand père m’en parlait beaucoup de lui, ce matin là en partant paître il été très anxieux, il avait dit a sa maman ; aujourd’hui avec un peu de chance je vais voir mon frère ( Son frère AMAR était aux maquis, et qu’il n’ avait pas vu depuis très longtemps) je sais qu’il était très proche et avait une grande complicité avec son frère qu’il aimait beaucoup…). Ce jour même une femme ...et son bébé... et au même endroit presque fut tué par les avions de l’armée de l’armée françaises, (désolé ceci n’est pas un récit historique je ne peux donner plus de détails sur cette tuerie et je ne peux citer les noms des gens qui ont été là ce jour la sans avoir leur consentement et leur aval pour en témoigner de ce jour horrible que le village de TIGROURINE a vécu ce jour la.
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Un autre sinistre jour de l’opération jumelle en 1959, ils débarquèrent par surprise et encerclèrent, uns à uns les villages d’AIT FLIK, avant de commettre leur ignoble besogne. Ils torturèrent en n’épargnant même pas les malades mentaux.
El Hadj Rabah Ouvedar, encore en vie aujourd’hui, même invalide mental apparent, avait souffert le martyr devant ces "paras » pour qui cela n’était qu’un « jeu ». Ses cris et ceux de tous les autres jetaient l’effroi chez les enfants et les femmes qui se trouvaient dans les maisons du village.
Cela se passait au centre du village de TIGROURINE dans une maison sélectionnée au hasard du jour.
Un autre chahid,autre malade dépressif, en l’occurrence M. LAHLOU, de corpulence colossale, qui ignorait tout de la guerre et qui ne quittait jamais son quartier de « El hédh (mur) Ouguemghar » et sa maman qui le chérissait beaucoup car orphelin et fils unique, a connu une fin plus tragique mais dans l'honneur.
Aux soldats qui l’humiliaient en le tabassant, il s’énerva et d’un brusque coup fit tomber à terre le lieutenant et mal lui en prit car à partir de ce moment, il avait purement et simplement signé sa condamnation à mort. Au retrait des soldats, il fut exécuté et laissé pour mort, dans un champs sur les hauteurs du village d’ El Krar à environ deux kilomètres de son domicile.
Ce jour là, ce fut la même "chose" dans tous les villages "visités" par les paras, on retrouva dix huit corps de civils morts en chahid et éparpillés un peu partout dont la plus part sont du village de TIGOUNATINE où ce fut un vrai massacre à la suite de la découverte d'une casemate servant de caches aux Moudjahiddines.
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La baraka du tigrourinois SAID et son compagnon
La soudaineté de l’encerclement et le nombre impressionnant de soldats Français utilisés, surprirent les jeunes maquisards, OUMASSIN et son compagnon ( ?) qui se trouvaient, en ce moment là, en mission au village. Ils eurent juste le temps de se mettre précipitamment à l’abri dans l’une des nombreuses caches naturelles ou casemates aménagées secrètement auparavant et dont ils connaissaient heureusement l’existence. Ces dernières devaient servir d’abord de lieu de stockage de provisions alimentaires, d’armes, ou comme cette fois-ci, d’abri de fortune.
Deux jours durant, soit tout le temps que passèrent les soldats au village, occupant leur temps à torturer, exécuter et manger de la viande de bétail qu’on leur égorgeait et cuisait sous la contrainte…les deux maquisards se recroquevillèrent sur eux-mêmes dans ce trou de fortune qui servait à l’origine de repaire de loups. Ils évitaient de faire le moindre bruit et retenaient leur souffle pour ne pas attirer l’attention des soldats qui campaient juste au dessus de leur tête dans le champs qui se situe entre le massif rocheux surplombant le village et ce dernier.
Cet espace minuscule, qui leur sauvera finalement la vie, est un trou de moins d’ un mètre de long sur soixante centimètres de large et quatre vingt de hauteur environ…
Dès leur arrivée au village, les soldats se dispersèrent. Certains occupèrent quelques maisons desquelles ils expulsèrent leurs propriétaires légitimes, d’autres campèrent dans les champs tout autour du village. Ces derniers étaient très bruyants avec leurs interminables discussions et vas et viens incessants. Ils s’entendaient nettement et inquiétaient beaucoup. Puis à un certain moment, deux soldats venaient s’assoir juste au bord de la crevasse dans laquelle se trouvait latéralement la cache et entamaient une interminable discussion….
Nos deux infortunés maquisards suaient de la suffocante chaleur d’été et surtout de la crainte d’être découverts et exécutés impitoyablement… Celui qui était au bord du trou, voyait se balancer devant ses yeux, à peine à quelques dizaines de centimètres, les godasses d’un des soldats dont il sentait même l’odeur puante des pieds…ils priaient silencieusement et attendaient le moment où ils seraient découverts et se tenaient donc, prêts à se ruer et surprendre au moins l’un des deux soldats avant que les autres n’interviennent et fassent usage de leurs armes. Malgré leur dérisoire arsenal (pistolet et deux couteaux), Ils se disaient