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26- L’adieu SALHI Amar, Moudjahid décédé le 9 janvier 2008 à 71 ans

"DaAmar" Nith GOUCHENE de TIGROURINE d'AIT FLIK, un Grand Moudjahid de la guerre d’ALGERIE 1954-1962

23fc180bc76e3a8534674fe400bcf6be.jpgEt la triste et douloureuse nouvelle arriva au village de TIGROURINE en cette première nuit de la nouvelle année hégirienne, soit le 1 moharrem de l’année 1429 coïncidant avec le mercredi 9 janvier 2008.

« D'aAmar » pour les jeunes concitoyens du village natal, « ammi Amar » pour ceux de la ville de REGHAIA, son lieu d’adoption juste après l’indépendance, tout simplement Amar OUGOUCHENE le Moudjahed pour tous les autres, particulièrement ceux d’AIT FLIK sa grande tribu dans la daira actuelle d’AZEFFOUN (ex.Port Gueydon), venait d’être rappelé définitivement à DIEU, à l’âge de 71 ans, dans son lit d’hôpital au secteur sanitaire de REGHAIA, où on l’évacuait fréquemment en urgence depuis quelques années pour le soulager d’un terrible mal, devenu insupportable à la fin, qui est la conséquence des séquelles de la guerre d’ALGERIE 1954-1962.

4b028eeadaf9e6e5e069023c2b60da67.jpgDurant le temps qu’il passa au maquis, "DaAmar" en avait vraiment très souffert en subissant les affres de cette grande et meurtrière guerre de libération de son pays bien aimé l’ALGERIE.

Il frôla plusieurs fois la mort et connu la peur pendant les bombardements, le désespoir et l’impuissance à « l’écoute » des exécutions aux villages de civils innocents, la tristesse de voir des compagnons s’écrouler à ses côtés, surpris par des balles assassines au cours de lâches embuscades ou lors de ratissages, la satisfaction et la gloire suite à des opérations réussies avec ses compagnons Moudjahiddines.

Il souffrit de la faim, de la pluie et du froid glacial des rigoureux hivers dans les montagnes de kabylie aux djebels Ivahrizene, El Koudia, Chaara, Bounaamane, Tamgout, Akfadou…

Il s’était engagé très jeune à cette guerre, en se donnant corps et âme, pour libérer son pays de l’occupation injuste par la FRANCE colonisatrice, 125 années durant, à la date du 1 novembre 1954, jour du déclenchement de la guerre qui dura finalement sept années et demi et provoqué un million et demi de martyrs parmi la population Algérienne.

Que Dieu accueille en son paradis le moudjahid Amar SALHI dit Amar OUGOUCHENE ! A Dieu nous appartenons, à lui nous retournons !

« DaAmar » aimait beaucoup REGHAIA où il se sentait bien au milieu de gens qui lui vouaient une grande estime pour son caractère très jovial et sociable, et un grand respect pour son passé glorieux de Moudjahid.

Là, où il se trouve, que ce soit à REGHAIA, TIGROURINE ou partout ailleurs, les gens cherchaient toujours sa compagnie pour sa simplicité, sa disponibilité à rendre service, et sa manière juste, convaincante et appréciée de raconter inlassablement la guerre, et d’abreuver les jeunes d’anecdotes plaisantes…

Partout où il passait, il ne laissait que de bons souvenirs.

"Da-Amar" restait très attaché à son village de TIGROURINE, à ses ancêtres, et à tous les membres de sa tribu d’AIT FLIK qui réunit plus d'une dizaine de villages. Il tenait beaucoup à transmettre ses sentiments à ses enfants qui, ainsi, même nés et élevés ailleurs, avaient appris à aimer à leur tour le village de leurs ancêtres où ils s’y rendaient bien souvent à l'occasion de fête, de vacances, de tournoi de football ou autres raisons...

"Da-Amar" aimait beaucoup son quartier dans la ville de REGHAIA où il pouvait normalement être enterré comme le souhaitaient certainement les habitants de son quartier.

Depuis les premiers instants de son installation à REGHAIA au début des années 1960, il se considérait déjà REGHAIEN à part entière tellement il s’y était vite adapté en étant totalement accepté par la population locale.

A REGHAIA " Da" Amar avait trouvé une seconde « patrie », il en était fier de le souligner à chaque occasion au cours de ses discussions avec ses concitoyens du village, ce qui lui valut de ne se faire désigner par beaucoup que sous l’identification de : « DaAmar n’ERGHAIA ».

medium_1_stele_chrahvil_1b.JPGMais malgré tout, la nostalgie du village natal et les sentiments envers les ancêtres étaient plus forts. "Da" Amar désirait, et avant de mourir, avait émit le vœu d’être enterré à côté de ses parents, de ses compagnons Chouhadas, et de ses ancêtres au cimetière de son village de TIGROURINE, un village attachant qu'on ne peut oublier ...

Et son vœux fut exaucé en ce jour ensoleillé du vendredi 10 janvier 2008, coincidant avec la veillée (Imensi) N'ENNEYER 2958, le nouvel an IMAZIGHENE (calendrier BERBERE).

Sa dépouille recouverte du drapeau national Algérien en hommage a son passé de Moudjahid été déplacée de REGHAIA à TIGROURINE sur un trajet d’environ 127 kilomètres. Elle fut transportée par des TIGROURINOIS (qui s’y étaient rendus la veille en son domicile de REGHAIA), accompagnés de nombreux REGHAIENS du quartier qui tenaient à participer à l’enterrement de leur regretté et irremplaçable, « ammi Amar (oncle Amar).

Commentaires

  • Je viens d’apprendre la triste nouvelle de la disparition de notre regretté d’ Amar à l’instant sur le blog. Je tiens à rendre hommage à d’Amar Ougouchen et un grand salut à celui qui fut le moudjahid le plus sympathique du village Tigrourine.
    Mes condoléances à sa famille et ses proches.

  • Athyerhem Rebbi -
    13 ans après, il est toujours vivant dans nos mémoires nous qui l'avions connu de près. On aurait bien aimé recevoir sa photo pour illustrer cet article-hommage, Merci à vous !

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