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azeffoun - Page 2

  • Tigrourine2007-football et fête annuelle au village 20/09/2007


    Il y avait eu le tournoi de football, de qualité médiocre c’est vrai, cependant il avait, en fin de compte, servi de beau prétexte pour faire la fête au village avec la participation de tous.
    Et puis, ce fut suivi par la  collation, la Tombola, et la cérémonie de distribution de cadeaux aux sportifs et autres, et la fête du village tout en chants et musiques, qui mirent en scène  nos vieux et nos jeunes tous ensembles, c’était tout simplement … FANTASTIQUE !

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  • 3- (C) L’indépendance et retour des Moudjahiddines aux villages d’Azeffoun (Port Gueyson), Algérie

    25/08/2007                                                                                                                                               L’INDEPENDANCE  DE L’ALGERIE  ET  STATISTIQUES AU VILLAGE D’AIT FLIK

    Depuis le retrait des soldats en été 1961 vers Tifrit, leur camp de base, le village de Tigrourine connut enfin une accalmie apparente jusqu’au jour du cessez le feu du 19 mars 1962, date à partir de laquelle tous les Maquisards, qui se trouvaient dans les maquis des alentours, rentrèrent, en vainqueurs, définitivement auprès de leur famille au village.

    Puis quelques temps après le 05 juillet 1962, la date officielle de l’indépendance, ce fut le retour progressif en permission au village des Moudjahiddines qui étaient enrôlés dans les effectifs de l’armée régulière de l’ALN. On en revoyait joyeusement ainsi des visages perdus de vue depuis des années. 

     

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  • L'embuscade-Guerre d'Algérie 1954-1962- au village + Témoignages 1

    (Le 22-07-2007/S-M) - L'article suivant a été "construit" sur la base du témoignage de Jam, le fils du Moudjahid concerné.

    LA VISITE NOCTURNE D'UN MOUDJAHID AU VILLAGE

    2723940708_1.jpgPar un soir glacial d’hiver, le jeune Moudjahid Amar Z., décida de quitter le maquis et rentrer secrètement en solitaire à son village de TIGROURINE pour rendre visite à sa mère qu’il n’a pas vue depuis des mois.

    Arrivé devant la porte de sa maison familiale, située au centre du village à l’égale distance, d’environ une dizaine de mètres, entre les bâtisses d’El Djemaa Oufalla et d’El Djemaa Bada, respectivement les lieux principaux de rassemblement, de repos, de détente et de prière pour les villageois, il s’immobilisa et tendit ses oreilles longuement dans toutes les directions, spécialement vers la cour de la maison, cherchant à détecter le moindre bruit suspect qui trahirait la présence de soldats Français éventuellement en embuscade comme ils le faisaient souvent durant les nuits.

    Après quelques instants d’hésitation, il prit enfin confiance, et comme convenu pour leur mot de passe, il entreprit de jeter trois petits cailloux, l’un après l’autre, sur le toit en tuile de la maison pour prévenir sa maman qui ne se doutait de rien puisqu’il ne l’avait pas averti de son arrivée comme il le faisait prudemment à chaque fois.

    Cette dernière en attendant le choc des trois cailloux sur le toit, comprit le message, sursauta et en trembla de tout son corps, mais ne perdit pas son sang froid contrairement à sa fille qui devint livide et paralysée de peur.

    Elles pensaient que, cette fois-ci, c’en était belle et bien fini pour toujours de leur fils et frère aîné chéri qui serait inévitablement abattu par les soldats Français au nombre de six qui l’attendaient en embuscade dans la cour, en face de la porte, et derrière la maison dans le petit jardin donnant vers le ruisseau, d’où il pouvait également venir en escaladant le haut mur d’enceinte.

    Elles se rappelaient instinctivement de SAID, l’autre fils et frère abattu à l’âge de dix sept ans quelques mois auparavant par l’avion assassin sur TIGROURINE et devinrent encore plus craintives et ne purent s’empêcher de lâcher quelques larmes de profonde tristesse.

    Les soldats étaient là, secrètement depuis le coucher du soleil, avertis on ne sait par qui. Au crépuscule du soir, juste après la fin du jour, commence l’heure du couvre feu où aucun habitant ne pouvait sortir en dehors de la maison sans risquer la mort s’il serait surpris par des soldats.

    Comme ça, en occupant stratégiquement et silencieusement la maison durant cette période, où tout le monde se trouve enfermé chez soi, les soldats étaient assurés du secret total de leur sinistre plan d’embuscade.

    Derrière le portail où Amar attendait impatiemment que sa maman lui ouvre l’accès, il y a un grand couloir de dix mètres de long et trois de large qui donne directement sur la grande maison qui fait face à l’entrée puis sur la gauche se trouve la cour et l’entrée de la deuxième maison qui fait « dos » à la rue sur la gauche du portail.

    maison kabyle.jpgC’est dans cette dernière que se trouvaient enfermés sa maman et sa sœur qui, en ce moment là, étaient en train de se chauffer autour d’un feu de bois allumé dans le « kanoun », un trou circulaire de quelques trente centimètres de diamètre sur quinze de profondeur que possédaient toutes les maisons kabyles dans un coin et qui sert à faire le feu pour se chauffer ou cuire les repas.

    Les soldats sur le qui vive se mirent en position en pointant leurs armes vers la porte et attendaient.

    La maman M.F originaire du village voisin de TIGUENATINE, connue en d’autres circonstances comme courageuse, ne pouvait pas laisser ainsi son fils aîné se prendre aussi facilement, elle se devait de réagir au plus vite pensa – t’elle, mais comment ? elle pouvait bien crier de toutes ses forces et lui ordonner de fuir.

    C’était une solution, malheureusement qui comportait un gros risque pour la famille, surtout pour sa fille qui se trouve avec elle, et le reste des enfants qui se trouvent endormis dans l’autre maison. Les représailles en seront inévitablement durs et impitoyables.

    Il est à noté que dans chaque maison kabyle, il y avait souvent un chat qu’on élevait pour tenir compagnie et surtout donner la chasse aux souris, contrairement aux chiens qui furent totalement interdits au village parce qu’ils signalaient par leurs aboiements l’arrivée de nuit des Moudjahiddines au village.

    Les nombreux chiens, qui étaient auparavant élevés par la population, furent tous, non sans mal, massacrés par leurs propriétaires, suite aux ordres donnés par l’ALN dès le début de la guerre.

    Ce jour de grand massacre de chiens attrista tout le monde. Les enfants en pleurèrent et ne comprenaient pas totalement cette dure décision. Même quelques uns des hommes, chasseurs de métiers, très attachés à leurs chiens et profondément attristés ne purent s’empêcher de lâcher des larmes de tristesse en se voyant obligés de les jeter dans l’oued, essentiellement à Tamda guethvirene, le plus profond des bassins d’eau, après leur avoir passés une corde au cou et attachés une grosse pierre.

    Bref,« Il faut trouver autre chose » se disait-elle dans sa tête, quand, en se retournant, elle vit leur chat qui dormait dans un coin de la maison, tout près du « canoun » où il se chauffait lui aussi.

    « C’est çà ! » s’était elle dit, qu’aussitôt, elle s’était mise immédiatement à crier après le chat, à voix modérée, tout juste ce qu’il faut, pour qu’elle soit entendu par son fils : Esssevv…Esssevv…un mot utilisé communément en ALGERIE pour faire fuir un chat…puis elle enchaîna d’autres mots en kabyle pleins de sens qui devraient logiquement alerter son fils et le faire fuir … « Tu veux rentrer dans la marmite... Esssaaavv !!!…Esssaaavv !!!…. tu vas te brûler !!! tu vas cramer dans la marmite !!!la marmite est trop chaude…Esssaaavv !!!Essaaavvv !!!

    Elle ne savait pas que son fils avait compris son message dès le premier mot, et prit prestement aussitôt le chemin du retour en empruntant le même itinéraire vers le bas du village dans la direction du pont sécurisant d’IGHZER AMOKRANE à 300m de là.

    Tout au long de son retrait précipité, il ne cessait de penser à sa maman qui l’avait sauvé d’une mort certaine et pour laquelle il s’inquiétait de son sort et de celui de ses frères et soeurs. Il était convaincu que les soldats ne lui pardonneraient pas aussi facilement de leur avoir fait échouer leur plan macabre.


    Elle utilisa ce subterfuge de parler en kabyle à son chat pour avertir son fils parce que parmi le groupe de soldats, il y avait un Harki kabyle qui l’aurait dénoncé si elle s’est adressée directement à lui .

    Une autre fois, des soldats ont approché cette vieille femme au grand sang froid pour la piéger et lui arracher des aveux sur ce même fils qu’ils cherchaient tant à capturer ou abattre.

    Ces derniers avaient lors d’un ratissage dans le maquis de Takharat environnant au village, refuge habituel des moudjahiddines, trouvé une gourde qu’ils reconnurent appartenir à Amar à cause de ses initiales qui y sont gravés. Ils l’ont montré à sa maman par l’intermédiaire d’un émissaire soldat harki parlant kabyle.

    Elle la reconnaissait bien évidemment et ne le cacha pas, mais ne crut mot qu’elle fut récupérée sur le corps de son fils comme insistait-il à la convaincre.

    Pas dupe du tout, et nullement impressionnée et courageuse qu’elle l’a toujours été, elle comprit la ruse et lui répondit tout simplement en esquissant un petit sourire sarcastique: " Vous vous êtes donné tout ce mal pour me ramener une banale gourde, mais d’habitude quand vous abattez un Moudjahid, vous l’exposez à la population que vous rassemblez dans les places du village… et elle ajoute :

    S’il s’agit vraiment de mon fils que je pensais travaillant à Alger (elle sait bien que les soldats sont bien renseignés sur les maquisards du village mais elle feint de l'ignorer), c’est une nouvelle que vous me ramenez là, je vous dis quand même: Allah errahmou et l’accueille en son paradis, in-chAllah …et pour l’impressionner d’avantage, elle conclue sa réponse par un strident « you..you… » qui est la manière des musulmans de rendre hommage aux martyrs.

    Le soldat surprit, se décampa au plus vite pour céder place aux autres habitants qui, en entendant ces youyous pleins de sens, accouraient pour exprimer leur compassion à la famille pensant qu’Amar était tombé en Chahid.

    Finalement le destin a voulu que "Da Amar" le Moudjahid en question survécut à la guerre et est encore vivant aujourd'hui avec toutes ses facultés mentales et physiques encore intactes. 

     Mhand S., le 20/07/2007