Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

3- (C) L’indépendance et retour des Moudjahiddines aux villages d’Azeffoun (Port Gueyson), Algérie

25/08/2007                                                                                                                                               L’INDEPENDANCE  DE L’ALGERIE  ET  STATISTIQUES AU VILLAGE D’AIT FLIK

Depuis le retrait des soldats en été 1961 vers Tifrit, leur camp de base, le village de Tigrourine connut enfin une accalmie apparente jusqu’au jour du cessez le feu du 19 mars 1962, date à partir de laquelle tous les Maquisards, qui se trouvaient dans les maquis des alentours, rentrèrent, en vainqueurs, définitivement auprès de leur famille au village.

Puis quelques temps après le 05 juillet 1962, la date officielle de l’indépendance, ce fut le retour progressif en permission au village des Moudjahiddines qui étaient enrôlés dans les effectifs de l’armée régulière de l’ALN. On en revoyait joyeusement ainsi des visages perdus de vue depuis des années. 

 

guerre,algerie,1954,1962,port,gueydon,azeffoun,ait,flik,azazga,yakourene,tizi,ouzouLe retour et l’accueil des Moudjahiddines au village  

Le retour de certains fut fort impressionnant comme pour le regretté Mohand TACINE qui, quelques mois après l’indépendance, apparut en permission au village avec sa tenue de l’ALN et son fameux fusil, le MAS 36, un lourd fusil à 5 coups, manœuvrable à chaque tir, qui fut une grande curiosité pour les enfants du village de TIGROURINE qui l’en harassaient de question. 

Le sympathique « Da Mohand », dont la gentillesse était l’une de ses qualités premières, s’était volontairement engagé dans l’ALN, en laissant derrière lui une famille composée de nombreux enfants, pour ne plus réapparaître jusqu’à l’indépendance. « Da » Mohand qui traînait une blessure de guerre, en souffrit  mais continua sa carrière dans l’ALN avant d’être très tôt rappelé à Dieu. 

La famille maquisarde, les MEKRI de TIGUENATINE  

Le plaisir était partagé par tous de voir enfin revenir du maquis, sains et saufs, tous les membres d’une même famille du village de TIGUENATINE, composée du père, « da » TAHAR, de ses deux fils AMAR et AHMED et de sa fille.

Ce dernier, Ahmed,  fut blessé lors d’un accrochage avec des soldats Français.

Au départ de ses hommes au maquis, la famille qui en restait, composée de la grand-mère, de la mère et d’enfants en bas âges, parce que continuellement persécutée par les soldats, fut finalement contrainte de quitter leur village de TIGUENATINE pour s’établir au village de TIGROURINE en s’installant dans la maison de leur tante Djohra el Hassene, chez Hadj Ouvedar » qui, lui, fut contraint de déplacer sa famille à AZAZGA afin de sauver ses deux fils, le regretté MHEND et RABAH, des attardés mentaux, qui étaient en réel danger de mort du fait de leurs incessants déplacement dans le village.

Rabah SEDOUD, justement, s’en était sorti miraculeusement d’une mort certaine lorsqu’un jour, en voyant des soldats surgir par surprise au coin d’une rue tenta de fuir et reçut une rafale de mitraillette qui lui transperça sa gandoura et le blessa légèrement aux jambes. 

Omar SEDOUD, le fils cadet qui servit comme interprète forcé aux soldats, n’était pas du reste et courrait un réel danger au village.

Parce qu’étant, à cette époque là, le plus instruit au village, les soldats l’utilisaient comme interprète. Omar savait très bien que tous ceux qui avaient été utilisés avant lui comme interprètes furent exécutés car considérés comme des témoins gênants qui pourraient un jour se retourner contre eux en parlant de ces exécutions, tortures ou autres exactions auxquelles il assistèrent. Il l’avait réellement échappé bel en allant s’établir à AZAZGA ; il avait dix huit ans en ce moment là. 

Chaque Moudjahid de retour au village est accueilli en vrai héros et congratulé ou salué par tous les villageois et les villageoises avant d’être soumis à d’interminables questions sur les nouvelles de ceux n’ayant pas encore donné signe de vie.

Parfois, les familles et les amis sont contents de savoir qu’un tel est en vie et rentrera bientôt au village, malheureusement , et c’est le plus souvent ainsi, c’est la dure annonce d’une absence pour toujours  de ceux tombés en Martyrs très loin du village.

Il y a aussi ceux disparus et qui ne reviendront plus jamais parce que exécutés par les soldats et enterrés dans l’anonymat, ceux là, seront longtemps attendus, durant de longues années,  avant qu’on arrive à se convaincre de la dure réalité de leur mort. 

La disparition de Belkacem SEDOUD 

Celui-ci, était établi depuis le milieu des années 1950 à AZAZGA où il avait acquis une maison au quartier de Thadarth à « Thikantarth n’essouq », et s’adonnait au transport de marchandise à l’aide d’un camion lui appartenant.

Il assurait secrètement des missions de transport d’armes et de provisions au compte des Moudjahiddines jusqu’au jour fatidique où il fut surpris par des soldats et disparaître ainsi pour ne plus jamais réapparaître. Son nom est doublement porté sur les stèles des Martyrs d’AZAZGA et de son village de TIGROURINE. 

Le chahid Boudjemaa  TACINE

Il y a aussi ceux tombés au maquis tout proche et enterrés dans des lieux connus de certains de leur compagnons qui, à l’indépendance, aideront leurs familles et compatriotes à rapatrier leurs corps dans leurs villages respectifs, comme cela se passa pour le jeune Maquisard de TIGROURINE, Boudjemaa, qui tomba en martyr sur le versant nord du mont Tamgout et dont le corps fut rapatrié aux premières années de l’indépendance. 

Les circonstances de la mort de  Boudjemaa TACINE

Un jour de la guerre, BOUDJEMAA, accompagné d’un ami Maquisard, revenait de mission d’un village de IAACHOUVA sur les hauteurs des villages ABBECHE (AAVACHE) et TAGUEMOUNT et remontait sur le versant nord, boisé et escarpé, du mont de Tamgout, qui faisait face à la mer, vers le village de PORT GUEYDON (Azeffoun).

Ils marchaient précautionneusement et silencieusement quand, au détour d’un sentier, ils entendaient des voix en kabyle et distinguaient vaguement des silhouettes d’un groupe de « personnes » qui marchaient devant eux en discutant. 

BOUDJEMAA, un habitué des lieux, ne se doutait nullement qu’il pouvait s’agir de soldats de l’armée Française en patrouille en pleine nuit surtout qu’ils parlaient en kabyle. Sans hésitation, il héla en kabyle les silhouettes qui se trouvaient à une dizaine de mètres de lui et qu’il distinguait à peine parce qu’il faisait noir.

Les soldats surpris, s’arrêtèrent et se retournèrent lentement quand, tout à coup, son compagnon, pressentant qu’il s’agissait de soldats Français et de Harkis, cria un ordre à BOUDJEMAA et s’élança en contrebas du sentier.   

Malheureusement ce dernier, complètement surpris, n’eut même pas le temps d’esquisser le moindre geste qu’une rafale, tirée dans sa direction, le toucha et le fit renverser en contrebas du sentier. Il fut gravement touché mais eut l’énergie et les forces nécessaires pour rouler sur lui-même avant de se relever vite, s’engouffrer et disparaître entre les buissons.

Gravement blessé, il perdait abondamment du sang, s’affaiblit, fit encore quelques pas avant de s’arrêter définitivement et de s’étaler de tout son corps dans un buisson, à environ une cinquantaine de mètres des soldats, où il perdit connaissance. 

Les doutes de son compagnon s’avérèrent justes ; il s’agissait bel et bien d’un groupe de soldats de l’armée Française en patrouille inhabituellement de nuit dans le massif  forestier du mont tamgout.

Ce dernier s’arrêta  à une centaine de mètre plus loin pour attendre BOUDJEMAA et prit l’initiative de tirer, en changeant de place à chaque fois pour créer l’effet d’un surnombre, successivement trois balles avec son vieux fusil dans la direction des soldats, qui eut l’effet de leur faire peur.

Il faisait très noir et ces derniers n’osèrent pas allumer leurs torches de crainte d’être repérés et de cette  façon s’exposer comme cible apparente aux Moudjahiddines qui pouvaient être nombreux dans les parages, pensaient–ils. Comme ça, il ne leur était pas possible de voir les traces de sang laissées par BOUDJEMAA. 

Malgré tout les soldats eurent peur car ils craignaient un encerclement par les maquisards fellagas.

Les soldats qui, finalement n’était pas très nombreux, ne s’attardèrent pas ainsi dans ces lieux appartenant de nuit aux Fellagas et  reprirent prestement et prudemment la route vers leur caserne au village de TIDMIMINE, situé à deux kilomètres en contrebas dans la direction Est.

Ils ne se doutaient pas que leurs tirs avaient blessé un maquisard qui se trouve étalé de tout son corps, inconscient, juste à quelques dizaines de mètres d’eux. 

Après quelques minutes d’attente, le compagnon appela par deux fois son ami et infortuné BOUDJEMAA qui ne répondit point. Il pensait alors que ce dernier était certainement mort, gisant quelque part et qu’il ne lui était pas possible de le retrouver dans le noir avec le risque de s’exposer aux soldats.

Il décida sagement de partir rejoindre, sans tarder, ses autres compagnons dans leur abri, tout proche, au dessus du village d’ALMA GUECHTOUM sous le mont tamgout. 

Durant cette nuit même, un contact fut établi avec leur principal informateur civil au village d’ALMA GUECHTOUM qui, le lendemain, de bonheur, accompagné de quelques amis, prit la direction qu’on lui indiqua pour aller rechercher BOUDJEMAA.

Ils le retrouvèrent très affaibli et encore en vie bien qu’ayant perdu beaucoup de sang. Ils pansèrent à l’aide de tissu sa blessure et entreprirent de l’évacuer vers un lieu sûr où il serait soigné. Malheureusement en cours de route il succomba à ses blessures et fut enterré sur place dans un lieu connu de ces seuls hommes. 

Quelques jours après, la mauvaise nouvelle de la mort de  BOUDJEMAA parvenait discrètement à sa famille, à qui on ne donna pas, par mesure de sécurité, ni les détails et ni le lieu exact où il est enterré. 

L’APPARITION INESPEREE DE RENOU Mohamed, le miraculé de la ligne MORRICE  

Il y a ceux des Moudjahiddines, portés disparus depuis longtemps, annoncé comme morts par la rumeur et qui, un jour, sans s’annoncer, réapparaissent au village au grand plaisir des villageois. 

guerre,algerie,1954,1962,port,gueydon,azeffoun,ait,flik,azazga,yakourene,tizi,ouzouQuelques mois après la fin de la guerre, en été 1963, il apparût par surprise alors que tout le monde le croyait mort aux champs de bataille suite à l’annonce que ses compagnons, restés au PC du Djebel BOUNAAMANE, avait fait circuler officiellement à son sujet en croyant que tout leur bataillon de l’expédition fût totalement anéanti, comme d’ailleurs les Français en avaient fait circulé la rumeur. 

Effectivement, celui-ci fût surpris par l’armée Française avec sa patrouille qui tentait de traverser la ligne Morrice à la frontière Algéro - Tunisienne pour s’approvisionner en armes en TUNISIE.

Ils furent soumis sous l’effet de surprise à un feu nourri auquel ils ripostèrent et résistèrent longtemps. Les français firent même intervenir en renfort l’aviation. 

A la fin des durs combats, qui durèrent des journées entières, seul lui et très peu de ses compagnons s’en étaient sortis vivants, mais blessés, pour être pris comme prisonniers jusqu’ à l’indépendance (voir détails plus loin). 

Mohamed RENOU, originaire du village d’EL KRAR, en venant en permission au village en 1957, prit la décision de ne plus retourner à la caserne où il accomplissait son service militaire.

En tant que déserteur, il attendit et se cachait dans le massif rocheux surplombant son village jusqu’au jour où un groupe de Moudjahiddines, venu spécialement pour lui, le prirent avec eux vers le maquis de BOUNAAMANE, et de là s’est vu affecté à une unité combattante appelée à se déplacer à travers tout le territoire Algérien selon les besoins de la cause de la libération de leur pays, sous le joug colonial depuis l’année 1830.   

Il est à noté que les combats le long de la ligne électrifiée, Morrice, à la frontière ALGERO TUNISIENNE étaient durs et très meurtriers, en voici un aperçu de ce que les journaux Français en rapportaient, bien sur en minimisant leurs pertes. 

4 Mai 1958 : Bilan de la bataille sur la frontière tunisienne qui a commencée le 21 janvier 58, et au cours de laquelle le FLN a perdu prés de 4.000 tués et 672 prisonniers, les troupes françaises 279 tués et 758 blessés. Ce bilan inclus la bataille de Souk-Ahras du 27 avril.  

 27 Avril 1958: - Au sud de Souk-Ahras un franchissement du barrage électrifié par un bataillon de l'ALN, fort d'un millier d'hommes est pris en chasse par les 9° 14° et 18°RCP, 1°REP, 3°REI, 26° 60° et 153°RI, 3° GCNA, 31° Dragons, 8°RPC et des Unités de Secteur, les combats dureront jusqu'au 5 mai, et le bilan sera de 673 hors la loi tués 45 prisonniers. 200 réussiront à rompre l'encerclement et à fuir. Les troupes françaises auront perdu 87 tués, dont un capitaine, et 131 blessés. 

 Le rapatriement du corps du chahid  Mohamed SEDAOUI dit « Arezki »  

En l’an 2000, le hasard a fait découvrir la tombe d’un jeune de TIGROURINE, le Chahid  Mohamed dit Arezki, (né en 1942 et tué en 1958 à l'âge de 16 ans) qui avait été enterré en inconnu dans un autre village à GUENDOUL dans la commune de FREHA à une quarantaine de kilomètres de son village. 

L’exécution en 1958 de  Mohamed SEDAOUI dit Arezki  et de  Ahmed RENOU 

guerre,algerie,1954,1962,port,gueydon,azeffoun,ait,flik,azazga,yakourene,tizi,ouzouArezki du village de TIGROURINE, âgé de 16 ans, accompagné du jeune de même âge, RENOU Ahmed, du village voisin d’EL KRAR, s’étaient rendu ensemble en 1958 au grand souk hebdomadaire de « Thala Athmane » dans la commune de TIZI OUZOU pour se ravitailler en provisions alimentaires au compte des habitants de leurs villages respectifs des BENI FLIK qui connaissaient, en ces moments là, une grande famine par la faute des militaires Français qui suspendirent par représailles à un fait d’armes par les Moudjahiddines dans la région, les misérables rations alimentaires distribuées déjà irrégulièrement depuis quelques temps  tout en interdisant aux villageois de s’y rendre aux champs pour ramener de quoi survivre.

 Ce fut leur dernière mission de ravitaillement car Ils ne revinrent plus jamais. 

Le rapatriement des restes de sa dépouille de GUENDOUL dans la commune de FREHA, mobilisa tous les habitants présents au village qui, avec une grande émotion, enterrèrent ses restes au côté de son père et ses ancêtres  dans le cimetière du village en présence de quelques uns de ses compagnons d’armes encore en vie. On lui rendit officiellement les honneurs dus a un Moudjahid mort glorieusement en martyr (chahid) pour la libération de l’Algérie. 

guerre,algerie,1954,1962,port,gueydon,azeffoun,ait,flik,azazga,yakourene,tizi,ouzouAhmed RENOU et Arezki les deux compagnons venus des villages de TIGROURINE et El KRAR du Arch des Athflik en traversant le massif forestier de Tamgout, furent  surpris en cours de route par les soldats.

Bien que ne transportant que de la marchandise alimentaire achetée au souk, ILS furent impitoyablement exécutés, leurs marchandises-provisions pour leurs villages saisis. Leurs corps abandonnés sur place.

Ils furent découvert par les villageois locaux qui les enterrèrent en inconnus car ils n’avaient aucune pièce d’identité en leur possession. 

« Khali Hand » (oncle) le père adoptif d’Arezki  

Son père adoptif, le regretté « khali Hand » comme on l’appelait communément au village, faisait partie de l’expédition et marcha avec le groupe jusqu’à la sortie du village voisin d’EL KRAR qui est situé au dessus de son village de TIGROURINE sur le chemin escarpé menant dans la direction Ouest vers le mont Tamgout (1278m). 

C’est là, à quelques deux (02) kilomètres de son domicile, qu’ Arezki a eu un pressentiment qui l’a amené à insister auprès de son père pour lui faire rebrousser chemin et le contraindre à rejoindre sa famille qui avait besoin de sa protection. Il lui avait dit « Père, cette mission ne présage rien de bon, il vaut mieux que vous retourniez auprès de notre famille qui aura besoin d’une protection en ces temps incertains ! ».

Malgré son jeune âge d’à peine 16 ans, il était très conscient du danger de la délicate mission de ravitaillement car les échos, parvenant d’ici et là, faisaient état d’un vaste déploiement de l’armée Française à travers l’ensemble du territoire de la KABYLIE en cette année 1958 et que les morts et massacres de civils se multipliaient partout. 

Cependant pour ces jeunes volontaires, rien ne pouvait les arrêter dans leur conviction de se rendre utiles à la population civile qui était contrainte à une grande famine par les décisions injustes et inhumaines des autorités militaires Françaises qui avaient suspendu au village le rationnement des aliments et interdit aux villageois de s’y rendre en ville pour en acheter ni aux champs pour ramener de quoi subsister… 

« Khali Hand », les larmes aux yeux s’arrêta, hésita un moment avant de faire finalement les derniers adieux à son fils et à Ahmed son compagnon d’expédition. Toutefois, il resta figé sur place et ne voulait plus les quitter des yeux.

A leur tour, Arezki et son compagnon, en escaladant la vallée, se retournèrent plusieurs fois vers sa direction pour le saluer à chaque détour sur le sentier en zigzag montant vers le mont Tamgout. « khali » HAND aurait souhaité que le temps s’arrête en ce moment sur cette image où leurs regards tristes s’entrecroisaient, malheureusement le destin en a décidé autrement.

Et quand ils disparurent définitivement à l’horizon de son champs de vision, une grande tristesse l’envahit. Tout au long du chemin du retour au village, il ne put s’empêcher de pleurer et de prier le bon Dieu de les faire revenir sains et saufs. 

Malheureusement Arezki et ses compagnons de route ne revinrent plus jamais. Ils furent portés disparus.

Des mois et des années passèrent ; l’indépendance de l’ALGERIE s’était concrétisée ; puis des décennies passèrent sans pour autant que la mère d’Arezki, profondément affectée par sa disparition, ne l’oubliât un instant.

Elle en parlait de lui en toute circonstance et espérait toujours le voir un jour réapparaître en vie. Cet espoir l’aidait elle-même à vivre normalement sa vie.

De son coté son père « Khali Hand » fût aussi profondément affecté mais rien ne le laissait apparaître, il en parlait rarement. Cependant tout le monde devinait clairement qu’il pensait inlassablement à son fils disparu. Dans sa conscience il se sentait certainement un peu « coupable » de l’avoir laissé lui et son compagnon partir seuls pour cette mission dont il aurait dû pressentir l’issue fatale. 

« Khali Hand » le père du chahid Arezki  a vécu tout le restant de sa vie partagé entre ses obligations professionnelles, les réunions hebdomadaires au comité du village, les travaux de volontariat communautaire, sa famille, la chasse et les discussions avec les jeunes du village qui lui rappelaient son fils et auprès desquels il se sentait bien.

Il aimait partager ses moments de temps libres avec eux et trouvait un immense plaisir à les voir baignant joyeusement dans le bonheur. Les jeunes de la génération de son fils et de celles d’après trouvaient également un immense plaisir à écouter inlassablement ses bons conseils, ses récits interminables sur la chasse (sa grande passion qu’il avait transmis à son petit fils Ahcène) et ses «anecdotes» plaisantes. Khali Hand avait toujours le sourire aux lèvres. 

Au retour des champs après les durs journées de travaux harassants, les Tigrourinois se retrouvaient dans les places principales du village, soit à « Djemaa Bwada » pour les plus âgés qui passent leur temps à discuter de choses officielles ou à Amanchar Essaid, Avoughanjour, Djemaa Tvaaouinte, El Hidh Oughamghar…ou Djemaa Oufella le lieu préféré de « Khali Hand » et des jeunes en quêtes de moments de bonheur auprès de lui.

Sa disparition prématurée durant les années 1980 laissa un irremplaçable vide dans le cœur de tous ceux qui le côtoyaient et qui en gardent encore aujourd’hui un souvenir immortel (n’est ce pas Ramdane, Cheikh Hamid ?… )

Qu’il repose bien en paix, in-challah! Comme tous les disparus du village et de tout Ait Flik. Allah yerhem echouhaddas !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Commentaires

  • salut, symp ton blog ! vraiment agréable de lire tes billlets. pour en revenir à ce billet, parfoid certaines parenthèses en disent bin + que le reste de la phrased: des sources amenagees en douche publique :)
    Potins
    _________________________
    REACTION/BLOG TIGROURINE:
    _________________________
    "Des sources aménagées en douche publique" semble pour vous plus significatif que tous ces morts innocents relatés dans l'article. Cette parenthese vous "confirme" ainsi que les algeriens étaient ben des indigènes que la France est venue civiliser en tuant à la fin un million et demi des leurs!..
    Apparement, seul le lien vers votre blog vous interessait, mais désolé votre manière d'agir n'est pas acceptable.

  • Son seul but ce potins et de faire un cancan misérable sur le blog, quand j’ai vu le pseudo, me suis dis : tiens encore un imbécile heureux qui vient nous rendre visite! il est fier de son son pseudo en plus il le porte bien.
    Merci pour cette réponse M’ha.

    Tanmirth

  • je me suis interessé par votre article sur la guerre de liberation nationale dont mon grand pere ete un adjudent dans le groupe de lieutenant hidouche mon grand pereest le nommé arezki tsenant il est de tigzirt comune iflissen merci

  • Merci quand meme ,pouvu que ce qui a été relatéest au moins vrais à 80%,sinon ca serait du n'importe quoi

Les commentaires sont fermés.