Article ecrit et publie en 26-08-2007 par SEDOUD Mahamed + mises a jours
Cela se passa en pleine periode de la sinistre operation Jumelles.
Ils etaient de retour apres apres fait leurs provisions alimentaires au marche de Thala Athmane de Tizi Ouzou. Ils n'avaient que 16 ans d'age chacun. Epies depuis le souk, et apres avoir effectue un trajet d'une dizaine de kms avec leurs anes de transports, arrivee au niveau du village de Guendoul de Freha, ils furent impitoyablement et sans sommations abattus froidement. Les soldats prirent leurs provisions et les laisserent gisant sans vie au sol comme des temoins de ce tragique evenement le rapporterent au niveau de leur village de Guendoul. Les familles des deux chahids dont leurs villages du arch des Beni Flik sont situes a 40 kms de la, ignoraient tout, Ce 'est que des dizaines d'annees apres l'independance que le hasard a fait reveler leur tragique histoire.
L’exécution en 1958 de Mohamed SEDAOUI dit Arezki et de Ahmed RENOU
En l’an 2000, le hasard a fait découvrir la tombe d’un jeune de TIGROURINE, le Chahid Mohamed dit Arezki, (né en 1942 et tué en 1958 à l'âge de 16 ans) qui avait été enterré en inconnu dans un autre village à GUENDOUL dans la commune de FREHA avec son compagnon de route, RENOU Ahmed, et d'autres de leurs villages tombes dans d'autres circonstances, Allah yerhemhoum, et enterres ici, à une quarantaine de kilomètres de son village.
RENOU Ahmed du village de LAKRAR (El Krar) etait le compagnon de l'expedition de SEDAOUI Arezki du village de TIGROURINE, âgé de 16 ans, accompagné du jeune de même âge, RENOU Ahmed, du village voisin d’EL KRAR, s’étaient rendu ensemble en 1958 au grand souk hebdomadaire de « Thala Athmane » dans la commune de TIZI OUZOU pour se ravitailler en provisions alimentaires au compte des habitants de leurs villages respectifs des BENI FLIK qui connaissaient, en ces moments là, une grande famine par la faute des militaires Français qui suspenderent, par représailles à un fait d’armes par les Moudjahiddines dans la région, les misérables rations alimentaires distribuées déjà irrégulièrement depuis quelques temps tout en interdisant aux villageois de s’y rendre aux champs pour ramener de quoi survivre.
Le rapatriement du corps du chahid Mohamed SEDAOUI dit « Arezki »
Ce fut leur dernière mission de ravitaillement car Ils ne revinrent plus jamais.
Le rapatriement des restes de sa dépouille de GUENDOUL dans la commune de FREHA, mobilisa tous les habitants présents au village qui, avec une grande émotion, enterrèrent ses restes au côté de son père et ses ancêtres dans le cimetière du village en présence de quelques uns de ses compagnons d’armes encore en vie. On lui rendit officiellement les honneurs dus a un Moudjahid mort glorieusement en martyr (chahid) pour la libération de l’Algérie.
Ahmed RENOU et SEDAOUI Arezki les deux compagnons venus des villages de TIGROURINE et El KRAR du Arch des Athflik en traversant le massif forestier de Tamgout, furent surpris en cours de route par les soldats.
Bien que ne transportant que de la marchandise alimentaire achetée au souk, ILS furent impitoyablement exécutés, leurs marchandises-provisions pour leurs villages saisis. Leurs corps abandonnés sur place.
Ils furent découvert par les villageois locaux qui les enterrèrent en inconnus car ils n’avaient aucune pièce d’identité en leur possession.
« Khali Hand » (oncle) le père adoptif d’Arezki
Son père adoptif, le regretté « khali Hand » comme on l’appelait communément au village, faisait partie de l’expédition et marcha avec le groupe jusqu’à la sortie du village voisin d’EL KRAR qui est situé au dessus de son village de TIGROURINE sur le chemin escarpé menant dans la direction Ouest vers le mont Tamgout (1278m).
C’est là, à quelques deux (02) kilomètres de son domicile, qu’ Arezki a eu un pressentiment qui l’a amené à insister auprès de son père pour lui faire rebrousser chemin et le contraindre à rejoindre sa famille qui avait besoin de sa protection. Il lui avait dit
« Père, cette mission c'est vrai elle est difficile, mais nous avons l'habitude de la faire, n'aie crainte. il vaut mieux que tu retourne auprès de notre famille qui aura plus besoin de ta protection! ».
Malgré son jeune âge d’à peine 16 ans, il était très conscient du danger de la délicate mission de ravitaillement car les échos, parvenant d’ici et là, faisaient état d’un vaste déploiement de l’armée Française à travers l’ensemble du territoire de la KABYLIE en cette année 1958 et que les morts et massacres de civils se multipliaient partout.
Cependant pour ces jeunes volontaires, rien ne pouvait les arrêter dans leur conviction de se rendre utiles à la population civile qui était contrainte à une grande famine par les décisions injustes et inhumaines des autorités militaires Françaises qui avaient suspendu au village le rationnement des aliments et interdit aux villageois de s’y rendre en ville pour en acheter ni aux champs pour ramener de quoi subsister… En realite une partie de cette marchandise etait destinee aux moudjahiddines qui viennent souvent au villages se ravitailler,
« Khali Hand », les larmes aux yeux s’arrêta, hésita un moment avant de faire finalement les derniers adieux à son fils et à Ahmed son compagnon d’expédition. Toutefois, il resta figé sur place et ne voulait plus les quitter des yeux.
A leur tour, Arezki et son compagnon, en escaladant la vallée, se retournèrent plusieurs fois vers sa direction pour le saluer à chaque détour sur le sentier en zigzag montant vers le mont Tamgout. « khali » HAND aurait souhaité que le temps s’arrête en ce moment sur cette image où leurs regards tristes s’entrecroisaient, malheureusement le destin en a décidé autrement.
Et quand ils disparurent définitivement à l’horizon de son champs de vision, une grande tristesse l’envahit. Tout au long du chemin du retour au village, il ne put s’empêcher de pleurer et de prier le bon Dieu de les faire revenir sains et saufs.
Malheureusement Arezki et ses compagnons de route ne revinrent plus jamais. Ils furent portés disparus.
Des mois et des années passèrent ; l’indépendance de l’ALGERIE s’était concrétisée ; puis des décennies passèrent sans pour autant que la mère d’Arezki, profondément affectée par sa disparition, ne l’oubliât un instant.
Elle en parlait de lui en toute circonstance et espérait toujours le voir un jour réapparaître en vie. Cet espoir l’aidait elle-même à vivre normalement sa vie.
De son coté son père « Khali Hand » fût aussi profondément affecté mais rien ne le laissait apparaître, il en parlait rarement. Cependant tout le monde devinait clairement qu’il pensait inlassablement à son fils disparu. Dans sa conscience il se sentait certainement un peu « coupable » de l’avoir laissé lui et son compagnon partir seuls pour cette mission dont il aurait dû pressentir l’issue fatale.
« Khali Hand » le père du chahid Arezki a vécu tout le restant de sa vie partagé entre ses obligations professionnelles, les réunions hebdomadaires au comité du village, les travaux de volontariat communautaire, sa famille, la chasse et les discussions avec les jeunes du village qui lui rappelaient son fils et auprès desquels il se sentait bien.
Il aimait partager ses moments de temps libres avec eux et trouvait un immense plaisir à les voir baignant joyeusement dans le bonheur. Les jeunes de la génération de son fils et de celles d’après trouvaient également un immense plaisir à écouter inlassablement ses bons conseils, ses récits interminables sur la chasse (sa grande passion qu’il avait transmis à son petit fils Ahcène) et ses «anecdotes» plaisantes. Khali Hand avait toujours le sourire aux lèvres.
Au retour des champs après les durs journées de travaux harassants, les Tigrourinois se retrouvaient dans les places principales du village, soit à « Djemaa Bwada » pour les plus âgés qui passent leur temps à discuter de choses officielles ou à Amanchar Essaid, Avoughanjour, Djemaa Tvaaouinte, El Hidh Oughamghar…ou Djemaa Oufella le lieu préféré de « Khali Hand » et des jeunes en quêtes de moments de bonheur auprès de lui.
Sa disparition prématurée durant les années 1980 laissa un irremplaçable vide dans le cœur de tous ceux qui le côtoyaient et qui en gardent encore aujourd’hui un souvenir immortel (n’est ce pas Ramdane, Cheikh Hamid ?… )
Qu’il repose bien en paix, in-challah! Comme tous les disparus du village et de tout Ait Flik. Allah yerhem echouhaddas !