Texte rajoute le 18 juillet 2007 et le 19 juillet 2007 et 31 juillet 2008 et 01 août 2008 de PARIS à IVAHRIZENE ou l’ incroyable amour d’un Franco Algérien à sa terre kabyle ancestrale
Voyons sa belle histoire racontee dans ce recit qui comporte deux parties consacrees a:
1- Portrait d’un Franco-Algerien-Kabyle envouté par la kabylie;
2- et parapente à AKERROU(?) et à BOUZEGUENE.
PORTRAIT
Said est un kabyle, issu d’un couple mixte, de père Algérien et de mère Française.
Il découvrit pour sa premiere fois , en 1967 à l'âge de 12 ans, il y a de cela 41 ans, le village d’ IVAHRIZENE de la commune d’ AIT CHAFAA de la daira d’ AZEFFOUN dans la wilaya de TIZI OUZOU en ALGERIE.
IBAHRIZENE était le village natal de son père, auquel il s’intégra totalement en lui restant solidement attaché jusqu'à nos jours.
Dès son arrivée au village, à cause de l’origine Française de sa mère, de son teint de type blond qui le différencie des autres, et parce que ne parlant que le Français, les villageois d’ IVAHRIZENE le surnommèrent Said « aroumi », qui signifie Said l’Européen; un surnom qu’il porte encore aujourd’hui et dont la réputation s’était répandue dans toute la région d’AZEFFOUN (ex. Port Gueydon).
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Il évoque les circonstances de son arrivée au village:
En 1967 c' est l' année ou je suis arrivé à azzefoun venu de france avec mon pére. Nous nous sommes arrété au caroubier prendre une boisson. Je me souviens, c'était un début juillet 1967 et il faisait tres chaud ce jour la; nous sommes partis direction village d' Igoujdal et la un ami de la famille nous à preté un âne pour finir notre périple et enfin IVAHRIZENE le village de mon pére."
Et il se décrit lui-même :
Et oui je suis issu d’un couple mixte franco berbère algérien et je vis très bien ma kabylité ; pour preuve je vais vous faire plaisir : je viens tous les ans de France labourer ma terre avec mon motoculteur, seul avec mon courage et tout l’amour que je porte à mon village IVAHRIZENE qui m’a tant donné et à ses habitants, surtout de l’ancienne génération. Si je suis fier d’être ce que je suis aujourd’hui, c’est grâce à eux. Je leur dois mon éducation.
Des gens d’une simplicité sans pareille; ils sont pleins de bon sens, polis, serviables, généreux et faisant preuve de droiture exemplaire dans toutes les situations … C’était des sages et tous semblables dans leur comportement qui rendait la vie douce et tranquille à IVAHRIZENE."
Said « Aroumi », comme tout le monde le surnomme, vit en France apparemment bien, mais son cœur bat toujours kabylie en générale et village IVAHRIZENE en particulier. En voici un très expressif extrait de son énième message du 14 juillet 2007, il conclue :
« Chers amis il se fait tard, j’ai allumé tardivement mon ordinateur pour vous lire, je vais de ce pas faire dormir mes yeux afin de voyager dans mes rêves et rejoindre ma KABYLIE, mon IVAHRIZEN. Bien le bonjour à tous nos amis de AIT FLIK et de notre belle kabylie, et tous ces gens de kabylie.
Said « Aromi » dans l’attente de vous lire »
Et aussi, le 17 juillet 2008 en concluant un autre message :
« Merci d’avance et grand bonjour de la Haute Savoie à tous nos amis d’AIT FLIK car c’est là que Said Aroumi ferme ses yeux pour y voyager »..
Indéniablement, Said « Aroumi » aime avec une grande passion sans commune mesure le village IVAHRIZENE et toute la région alentours où il façonna sa vie essentiellement de paysan kabyle.
Le village d' IVAHRIZENE
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Le village d’ IVAHRIZENE est situé à une vingtaine de kilomètres à l’est d’ AZEFFOUN (ex. Port Gueydon), le chef lieu de daira (sous préfecture) d’où il est desservi par la route du littoral, la RN n°24, sur une douzaine de kilomètres dans la direction Nord-Sud vers BEJAIA en passant par les villages de BIZERGA (PK 8) et SIDI KHELIFA (PK 10). Puis au niveau de TAZAGHART (PK 12), on quitte la RN n°24 pour emprunter dans la direction Nord Sud la route de montagne, le CW n°159, pour monter jusqu’au village d’ EL DJEMAA, en passant successivement par ICHAALALEN et IGHIL MHEND, puis le magnifique village d’ OULKHOU du regretté Tahar DJAOUT, dont on ne se lassera jamais d’évoquer son nom, et ensuite IGOUJDAL, le village pittoresque perché sur un rocher. Au niveau du village d’EL JEMAA d’ IYAZOUZENE, situé à quelques huit kilomètres de la RN n°24, on vire à gauche dans la direction Est en contournant la montagne d’EL KOUDIA n’ IAAZOUZENE. A partir de là, le CW n° 159 va en descendant en sinuosité sur (?) kilomètres avant d’arriver à AIT CHAFAA. IVAHRIZENE est situé au nord est de AIT CHAFAA, à laquelle elle est reliée par une route communale d’environ ( ?) kilomètres.
Le CW n°159 relie la RN n°24 desservant AZEFFOUN et BEJAIA à la RN n° 12 desservant AZAZGA à BEJAIA au niveau de YAKOURENE. Le CW n°159 passe aussi par les villages AIT AHMED, ZEKRI...
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de LILLE à IVAHRIZENE ou l’ incroyable amour à la terre ancestrale kabyle !
Said était arrivé au village d’ IVAHRIZENE au début du mois de juillet de l’année 1967, à l’âge de douze (12) ans, un âge assez avancé pour que ses souvenirs, acquis en France, ne s’effaceraient jamais de sa mémoire. Il ne parlait que le Français, sa langue maternelle, et ne comprenait pas un seul mot du kabyle, la seule langue parlée par sa grand-mère, et au village tout entier, où il est appelé à y évoluer pour construire sa nouvelle vie de paysan kabyle.
Cette différence dans le langage ainsi que son teint de type blond lui valurent d’être surnommé par les villageois « aroumi », qui signifie Européen, un surnom qu’il porte encore aujourd’hui et dont la réputation s’est répandue dans toute la région d’ AZEFFOUN, le district (sous préfecture) dont dépend actuellement administrativement son village. Aussi, il venait d’un milieu citadin au mode de vie moderne et aisé pour se retrouver soudainement en pays étranger dans un milieu paysan dénué de tout confort.
Durant ces deux premiers mois passés au village en juillet et août 1967, Said se crut étant en vacance, ce qui lui permit de se donner à fond, en toute insouciance, aux plaisirs de la compagne, et de s’habituer ainsi, petit à petit, à son nouveau milieu environnemental.
Son père, qui l’ aida à faire ses premiers pas au village, et auprès duquel il se sentait sécurisé, repartit finalement en France à la fin du mois d’août, à l’issu de son congé annuel de l’année 1967, avec la satisfaction de voir son fils Said habitué quelques peu à son nouveau milieu.
Il le confia finalement à la charge de sa mère à qui revenait le rôle de tout faire pour que son petit fils Said s’intègre totalement dans la société kabyle, archaïque, mais rigoureusement et parfaitement organisée. Elle n’en demandait tant, elle qui, déjà, en avait assuré l’essentiel de ce qui rendit, jusqu’ici, Said heureux au milieu de ces villageois auprès de qui il allait joyeusement de découverte en découverte.
Pourtant en cette année 1967, au village d’ IVAHRIZENE, situé en montagne de kabylie au milieu d’une forêt, il n’y avait ni électricité domestique, ni eau courante, ni école, ni chauffage, ni route carrossable, donc ni de voitures automobiles…et comme habitat, il se retrouva résidant en compagnie de sa grand mère dans une cabane faite de branchages d’arbres qu’elle construisit de ses propres mains…Le choc fut fracassant pour Said « aroumi » qui en souffrit beaucoup au début. Quarante ans plus tard, il se rappelle encore de ses impressions d’alors :
« Je vivais avec ma grand-mère dans une cabane fabriquée avec des branches d’arbres et de la bouse de vache comme crépi. Moi qui venais de France, j’étais propulsé dans le moyen âge. »
Mais il fallait compter avec sa grand-mère au grand coeur qui, en bonne éducatrice, opiniâtre et persévérante, réussit en peu de temps à le transformer complètement au point de le voir en quelques mois se confondre complètement avec les autres enfants du village, tous voués au métier de bergers. Quelques temps après, il le devint lui-même en lui trouvant beaucoup de plaisir.
Sa grand-mère se plaisait énormément dans son nouveau rôle de protectrice en se donnant prioritairement et totalement à l’éducation de son petit fils Said, son « aroumi » qu’elle fut enchantée d’avoir auprès d’ elle. Elle l’entoura des meilleurs soins possibles, lui apprit les bonnes manières, faites de respect d’autrui, de serviabilité, d’amabilité… et lui inculqua l’amour de la terre ancestrale et du travail communautaire …
de Said l’Européen (aroumi) sa grand mère paternelle réussit à en faire un kabyle convaincu et fier de l’être.
Ces deux mois de « vacances spéciales » lui suffirent pour s’attacher ainsi à IVAHRIZENE, devenu définitivement son village, et à sa grand-mère qui prit dans son cœur la place de sa propre mère. Cependant, comme convenu avec son père qui considérait que l’avenir de son fils est ailleurs en milieu citadin, où il devrait être dans une école afin de se construire un avenir, ses oncles l’emmenèrent à ALGER pour le placer chez des proches parents afin qu’il poursuivent ses études d’écolier, dès la rentrée prochaine en septembre de l’année scolaire 1967-1968.
Malgré les réticences de Said qui ne voulait pas quitter le village en allant affronter une nouvelle aventure, Il en fut finalement ainsi. Said a été inscrit dans une école à ALGER, cependant il n’arrivait pas à s’adapter à cette nouvelle vie, et n’arrêtait pas de suppléer qu’on le « rende » à son IVAHRIZENE et à sa grand-mère chérie. Ne voulant pas le confronter à un nouveau choc, pensant que celui de l’avoir arraché à sa mère et à son milieu Parisien était déjà trop brutal et inhumain, ils accédèrent à son désir de retourner au village, bien évidement après consultation et l’accord de son père qui se trouvait en France en ce moment là.
Said se rappelle de quelques souvenirs :
«Je suis arrivé au village d’ IVAHRIZÉNE à l’age de 12 ans par un concours de circonstances. Je suis resté quelques temps et je suis reparti à Alger, puis retour à IVARHIZENE car j’ai trouvé des gens formidables et ma forêt me manquait. Je suis retourné en France 4 ans après mon arrivée en Algérie. Et 2 ans après, une nouvelle expédition : retour à IVAHRIZÉNE à 18 ans pour ne plus jamais la quitter jusqu’à un âge très avancé (dépassant la quarantaine).
Said n’oubliera jamais sa mère Française à laquelle il fut arraché brutalement par un concours de circonstances ; d’ailleurs il l’évoquait souvent devant sa grand-mère, cependant chaque jour qui passait renforçait un peu plus son amour envers sa grand-mère paternelle kabyle et l’éloignait un peu plus de ses souvenirs d’enfance acquis en France. En quelques mois, il devint un vrai berger kabyle et se plaisait complètement dans son nouveau milieu.
Il n’oublia pas sa mère Française qu’il chérissait toujours, mais s’attacha beaucoup à sa grand-mère paternelle kabyle dont il garde encore un souvenir vivace, bien des années après sa mort.
En découvrant une photo de cabane, publiée sur le blog tigrourine.tevablog.fr, il ne s’empêche d’en revivre certaines scènes, il dit à ce sujet :
« Azul, Cher Administrateur, Monsieur SEDOUD,
C'est avec une grande surprise que j’ai pu retrouver ma cabane où je vivais avec ma grand-mère (photo sur le blog). La cabane de ma grand-mère où j’ai été propulsé dans le moyen âge. Je vous confirme que là, c’est Said « aroumi » qui a eu les larmes aux yeux. Incroyable, elle est identique à ma cabane. Ce soir là, j’en ai rêvé, merci, car « setsi » (ma grand-mère) était là cette nuit, et au matin elle m’a servi mon café au lait de chèvre comme elle le faisait chaque jour avant que je ne parte faire le berger à 5 heures du matin. Said « aroumi » le 30.07.2008.
J'aime ma grand-mère aussi fort que ma mère qui n’est plus de ce monde aussi.
Apparemment, quarante et un (41) ans après, Said « aroumi » (l’Européen kabyle) ne regrette absolument pas sa vie bâtie au village d’ IVAHRIZENE, et ne tient pas rigueur à son père qui l’avait arraché subitement à sa mère, d’un milieu citadin moderne, à LILLE en FRANCE, où il pouvait se construire un bon avenir, pour le plonger, à AZEFFOUN (Port Gueydon) ALGERIE, dans un milieu montagnard à l’avenir incertain. Son solide attachement à son village d’ IBAHRIZENE, où il évolua dans le bonheur le plus complet, et surtout à sa grand-mère, qu’il chérissait plus que tout, en valait tout l’or du monde pour lui. Le seul regret pour Said, il y fait légèrement allusion, a trait à ses études qu’il aurait du peut être poursuivre, mais tout en étant au village. Malheureusement il n’y avait pas d’école au village d’ IVAHRIZENE en 1967. A ce sujet, Said dit en s’adressant à l’administrateur du « blog Tigrourine» :
Alors cher ami,veuillez m’excuser pour les fautes d’orthographe car mon école se trouvait dans la forêt à IVAHRIZENE avec mes chèvres. Depuis l’âge de douze (12) ans, je n’ai pas mis les pieds dans une école. »
C’est vrai que Said fait des fautes en écrivant cependant ses textes, une fois corrigés, redeviennent des textes parfaits qui décrivent de la meilleure façon ses souvenirs et expriment clairement ses sentiments et ses idées sur la vie dans son village. Le blog Tigrourine est avant tout à vocation villages de kabylie, et Said l’avait vite compris pour venir y contribuer de la meilleure des manière, en ouvrant son cœur pour raconter tout simplement sans complexe, sans polémique, sans en rajouter et sans faire de politique, la vie telle qu’elle se déroule au village d’ IVAHRIZENE dont nous en ignorions tout auparavant. Said contribue à faire connaître son village, soit un village de kabylie, mieux que n’importe qui, parmi ceux qui se considèrent des plus instruits, mais qui restent inactifs en n’écrivant jamais quant il faut qu’ils interviennent pour faire bénéficier les autres de leur savoir, parce que gênés par on ne sait quoi, ou s’ils le font, se croient obligés de dévier vers des sujets politiques ou à polémiques stériles.
L’administrateur du blog Tigrourine, M.Sedoud, apprécie et dit :
« Said c’est tout à votre honneur d’écrire à profusion au blog, sans complexe malgré votre insuffisance. La preuve est là ; on est en train d’ écrire tout une histoire, la votre, parce qu’elle est intéressante et est racontée clairement de la meilleure des façon dans vos messages ; continuez Said ! »
Said écrit à profusion et arrive à faire porter au plus loin son message en s’attirant la sympathie de ses familiers ou compatriotes, installés à travers le monde entier, ravis de le découvrir sur Internet, racontant en plus son village, c’est dire leur village d’ IVAHRIZENE qui leur manque.
Il y eut d’abord l'agréable surprise de Sofiane, son cousin, qui déclara en découvrant les messages de Said sur le blog :
« Bjr, c'est la 1ere fois que je lis vos textes et ça m’a donné les larmes aux yeux, je tiens à signaler que Said « aroumi » est par hasard mon cousin loll, je le salues s'il lit mon texte et je lui dis…
salut a+ j'espère. Le 18 juillet 2008
… et puis, la curiosité de R. du CANADA, invité auparavant par Said à nouer contact avec lui, qui lui répond:
« Salut Said,
Peux-tu m'écrire à cette adresse: raissiov@live.ca.Nous avons beaucoup de choses à dire. Ici au Canada, malheureusement, il n'y a rien de tout cela. Thanks to Tigrouring Blog, we can dream.
Il y a très longtemps que j'ai quitté ma belle Blanche et Nath-Ou-Aissa; elles me manquent beaucoup. Donc j'attends ton message.À bientôt. R. 26.07.2008
… et maintenant celle d’un autre familier, NACER, qui lui écrit le 01 août 2008 du CANADA , où il se trouve depuis plus de vingt ans, afin de lui dire des mots pleins de nostalgie.
« Azul wa Said Aroumi,
Je suis agréablement surpris de te trouver sur ce blog! Ah, Ivahrizène! J'aimerai bien qu'on se contacte, aujourd'hui qu'il y a le net. Je ne sais si tu te souviens de moi, je suis un cousin à Saadi, fils de Said Oumuhend, mon oncle maternel qui réside à Ivouaache, pas loin de lemqam n Avahriz et de la maison de Kaci. Je suis également cousin à Chérif Idir, fils de Said Nat Chikh de Tadart. J'étais tout petit mais je me rappelle comme si c'était hier de toi. Je passais mes vacances d'été en famille à Ivahrizen, après un crochet par Tafraout, village d'origine de mon défunt père Si-Ali, frère de feu Lwenas qui avait un magasin à Ldjemaâ (At-Chaffa) et un autre (un moulin) à Azeffoun où mon cousin Mohand Lwenas réside toujours.Je me rappelle qu'une fois, mon oncle Said Oumuhend était chargé de te mettre dans l'avion pour un retour en France car ton père ne pouvait se déplacer. Dès lors, tu es resté plusieurs jours chez ma famille, à Alger. Tu t'en rappelles peut-être du Telemly? J'ai pas mis les pieds à Ivahrizen depuis plus de 20 ans. Je serai ravi qu'on se contacte. Salutations du Canada.
Nacer, le 01.08.2008
Said « aroumi » d’IVAHRIZENE, n’a pas été suffisamment à l’école, il fait des fautes, mais écrient beaucoup, et répond immédiatement aux messages qui lui sont adressés. Quelle comportement exemplaire! En plus, il écrit en ouvrant entièrement son cœur pour donner libre court aux nouvelles du village et de son entourage … NACER, éloigné depuis vingt ans de son village, aurait été certainement satisfait de la réponse parfaite de Said qui lui écrit :
Azul Nacer, mon cousin du CANADA
Très heureux de te lire. Si je me souviens ? oui, car j’ai une mémoire d’éléphant. Non, je n’ai rien oublié ; ta famille était à la cité des fonctionnaire des Tagarins, El biar, Alger. Je les embrasse bien fort et les remercie encore de leur bonté. ALI, ton père, que Dieu ait son âme ! je lui dois une fière chandelle ; un homme bon et généreux ; ta maman, idem, qui, comme toutes les mères kabyles est de grande bonté. strong>Aussi, j’ai appris la mauvaise nouvelle pour ton oncle Said Oumouhend que je considérais comme un père ; son décès m’avait rendu triste ; excuses moi si je te l’apprends; il a laissé un grand vide à IVOUAACHE.
J’ai eu la chance en 2006 de venir au village IVAHRIZENE avec mon fils. Nous avons passé toute une soirée ensemble chez ton oncle Said Oumouhend AFIR et ta tante à IVOUAACHE. Ils étaient très heureux que je leur ramène mon fils. Malheureusement, quelques mois après, Meziane ton cousin m’avait apprit que son père avait eu accident cérébral. Une bonne nouvelle K… la fille de ton cousin Saadi le fils de Said Oumouhend se marie ces jours ci à Alger. Au sujet du village, nous avions eu un incendie en 2007 qui a tout ravagé ; la forêt et tous nos arbres fruitiers ainsi que nos oliviers ; heureusement il n’ y avait pas eu de pertes humaines, Dieu merci. Maintenant tout commence à repousser.
Mais vingt ans sans venir au village ? c’est trop ! je ne savais pas que tu étais au CANADA. Comment tu fais pour le couscous, la galette kabyle, le selecto de Hamoud Boualem,les figues de Barbarie d’ IVAHRIZENE ?...
Pour moi Nacer c’est une bonne surprise de te lire sur le blog Tigrourine. Nacer avec le net on se contacte (en voici mon émail : syousfidirecteurgeneral@yahoo.fr ).
A Bientôt SAID « aroumi », le 01 août 2008.
A son arrivée au village, les conditions étaient très dures mais la vie s’y déroulait paisiblement sans soucis majeurs en cette période de l’après indépendance où les besoins étaient réduits au strict minimum : Se lever de bonheur, emmener son troupeau paître, s’occuper des travaux de champs, et au soir se retrouver à El Djamaa ou dans les placettes du village, les lieux de rencontre des villageois, pour discuter de tous. Le jeudi matin on se rendait au souk hebdomadaire d’ AZEFFOUN. Le vendredi matin est réservé à la réunion hebdomadaire de la communauté villageoise pendant laquelle on passe en revue les éventuels problèmes qui se sont posés aux habitants, et ensuite on déciderait des travaux de volontariat à effectuer…
C’est avec une grande nostalgie que Said se remémore certains beaux souvenirs de cette époque:
« En hivers on se retrouve devant le feu du kanoun quand on rentre trempés après avoir fait le berger. On grille nos grives, les glands (avelodh en kabyle), on mange un morceau de galette accompagné d’un verre de petit lait, et nous voilà bien rassasiés et réchauffé. L’ hivers au village d’ IVAHRIZENE, « a yemma, a Setsi (oh maman ! oh grand-mère !) il fait très froid. »
Et la suite...
« …En guise de récompense un gros dodo sur la mezzanine (thakana) au dessus de « Adainine », l’espace-écurie réservée dans la même chambre aux chèvres, bœufs, et à l’âne : « Aghioul inou » (mon âne) qui m’a donné tellement de plaisir qu’il m’arrive souvent de rêver de lui car le vendredi je devenais grâce à lui un COW BOY.
Il s'adresse à JAM, le pseudo de jamel ZAID, le principal animateur du blog Tigrourine.
« JAM ! il m’est arrivé très souvent de faire le marché à EL JEMAA IYAZOUZENE KOUDIA où tous les gens, là-bas, connaissent bien Said Aroumi puisque c’est un peu la mascotte de la vallée ; imaginez un petit berger ne parlant que le français en 1967 ! drôle de berger pour l’époque… »
Said "aroumi"menait essentiellement une vie de berger qu'il nous décrit dans sa réponse à Sofiane, son jeune cousin:
Il répondità un message du 28 juillet 2008 de son cousin Sofiane qui lui disait:
...on descendait moi et mon frère à 2 km du village pour continuer à pieds et en courant, et on avait un olivier comme repère, celui de "lawda", SAID tu te rappelles de lui? c'est celui où on déposait de la nourriture il y a longtemps, je suis sur que tu le reconnais said.).
Il nous fait ainsi découvrir en quoi consistait son occupation de berger:
"SOFIANE je me souviens de l'olivier de "lawda" car tout petit je m'y arrêtais quand je faisais le berger avec ton oncle Ahmed ou Hand comme on dit en kabyle avec nos 130 chèvres, ouf!!! j'avais oublié:ton oncle quand il faisait aussi le berger avec nous, ilme faisait rire quand il m'arrivait d'être triste. Nous avons fait halte à l'olivier dont tu parles pour s'abriter du soleil ou jouer aux dames avec de petits cailloux, le jeu préféré des bergers kabyles ainsi que nos pièges à oiseaux qu'on plaçait à cette place pour capturer des grives (imerga - amergout); j'ai même pris au piège un chacal avec ton père. D'ouchen M'hend ouchen"...Said le 30 juillet 2008.
On découvre avec émerveillement ses sentiments qu’il exprime en toute sincérité d’une façon directe et avec grande nostalgie dans le blog TIGROURINE auquel il écrit beaucoup à notre grand plaisir depuis qu’il l’a découvert le 06 juillet 2008. En voici un extrait de son premier message, suivi de plusieurs autres par lesquels il décrit sous toutes coutures son beau village d’ IVAHRIZENE, situé au djebel BOUNAAMANE, un lieu hautement historique pour avoir abrité le PC de la wilaya 3 du colonel AMIROUCHE durant la guerre d’ ALGERIE.
« je viens de découvrir votre blog que je trouve des plus intéressants et passionnants de lire comme certains récits sur notre histoire de la guerre de libération, et notre belle KABYLIE qui envoûte toujours les gens qui frôlent cette terre si magique avec son maquis parfumé, ces belles montagnes et les belles plages, comme par exemple la plage du petit paradis qui se trouve à 18 kilomètres d’ AZEFFOUN (ex.Port Gueydon) ; celle ci est face au village TIGRINE du côté montagne".
Said Aromi passe encore ses vacances au village, malgré les effets dévastateurs du terrorisme qui poussa beaucoup de ses compatriotes à l’exil au point de le vider de sa population, et malgré la détérioration du comportement de ces villageois kabyles chez qui, il ne retrouve plus ces bonnes habitudes d’autrefois faites de respect mutuel, d’entraide, de solidarité et de confiance.
Toutes ces qualités légendaires généralisées à toute la kabylie disparurent comme par enchantement presque dans tous les villages pour laisser place à un incompréhensible comportement fait d’égoïsme et de laisser aller qui engendre souvent, ici et là, - des actes désespérés comme le suicide, - répréhensibles comme le vol, le kidnapping et le crime, - regrettables comme la violence, les écarts de langage, et l’irrespect entre citoyens et envers la nature et l’environnement qu’on pollue ouvertement en jetant du n’importe quoi à n’importe où ...
Malgré tout, Said garde l’espoir de voir toute la kabylie, en général, et son village d’ IVAHRIZENE, en particulier, retrouver leur splendeur et lustre d’antan. Il en suffit de si peu.
Said se démène pour déclencher le déclic qui ferait bouger positivement ses compatriotes. Il se donne avec tant d’énergie, voir ses efforts pour écrire énormément de messages, afin de faire recouvrir à ses compatriotes cette solidarité qui faisait leur force, comme celle jadis de leurs ancêtres, contre la dureté de la vie et contre leurs ennemis communs.
Said souhaite que le village d’ IVAHRIZENE, retrouve son organisation ancestrale de la « DJEMAA » qui établirait un règlement strict de conduite auquel personne ne pourrait s’en soustraire :
Il y aurait le volontariat pour mener les travaux communautaires et l’application d’ « El hak » (jurer ou payer l’amende) contre les délits …Il y aurait « El harma » qui installerait pour toujours cette confiance (retrouvée) entre ses habitants.De cette manière le village ne se porterait que bien.
Said dit :
« Durant les 14 années écoulées, de période de terrorisme sanglant, des enfants sont nés dans les villages de nos montagnes. Dans certains villages isolés, désertés à moitié comme IVAHRIZENE, où cela fait au moins huit ans qu’il n’y a plus de réunion communautaire du vendredi pour parler des problèmes de notre société. Ces enfants ne connaissent pas nos coutumes ancestrales qui ne s’apprennent pas à l’école mais bien à la maison et au village» Said Aromi, le 14-07-2008.
« Le kabyle doit et le plus rapidement possible reprendre sa place dans la société ou un jour nous vivrons très mal notre kabylité ».
Le CAMBRIOLAGE chez Said « Aroumi »
En 2007, après quarante années de quiétude totale dans son village, Said « Aroumi » y vécut finalement une mésaventure. Il fut victime d’un cambriolage en son domicile sans que personne, parmi les gens se trouvant au village ce jour là, n’ait pu lui être d’un secours. Hélas, autre temps d’autres mœurs. Le butin récolté en divers biens par les cambrioleurs a été estimé à une forte somme cependant le préjudice qui lui est causé est surtout d’ordre moral de découvrir, avec un grand mal intérieur, cette passivité de ses compatriotes qu’il ne leur avait jamais connu auparavant, il dit :
« J' ai moi-même été l’objet d’un cambriolage en 2007 de mes biens à IVAHRIZENE d'une grande valeur estimé à un équivalent total de ... DA de préjudice. "Nos villages se font cambriolés et personne ne dit rien. » Autrefois, au village d’ IVAHRIZENE, comme partout ailleurs en kabylie, avec les réunions du vendredi, l’application d’ « El hak »(l’amende), le volontariat, etc..., la communauté avait ses propres règles qui régissaient strictement la façon de se comporter pour chaque individu. Said « Aroumi » l’avait appris à ses dépens dès sa découverte du village d’ IVAHRIZENE en 1967 lorsque on le ramena de France, où il était né, afin de l'intégrer dans la socièté kabyle.
Pour avoir mangé sans autorisation des figues d’autrui, cueillies innocemment sur un figuier, il fut dénoncé par le propriétaire à la réunion hebdomadaire du vendredi. Son oncle s’en excusa, paya l’amende, et réprimanda son neveu Said Aroumi tout en lui expliquant les coutumes et le règlement régissant la vie communautaire des villageois. Plus de quarante ans après Said Aroumi se souvient et relate l’évènement :
« Je me souviens que mon oncle a du payé une amende à la réunion du vendredi parce que moi Said Aromi, ne connaissant pas les lois du village, j’étais monter sur un figuier avec un autre gosse et nous avons mangé des figues. Le propriétaire a fait les démarches de nous punir. 40 après, je le remercie car cela m’a servi de leçon pour l’avenir».
Si cette tradition de réunion hebdomadaire du vendredi était encore gardée de nos jours à IVAHRIZENE, Said Aroumi n’aurait jamais fait l’objet d’un vol, ou si malgré tout il en fut ainsi, on en ferait une affaire de toute la communauté, et le ou les voleurs en seraient inévitablement démasqués car il y va de l’honneur du village en entier. Chaque villageois sera contraint de jurer individuellement devant Dieu et la « Djamaa » que ni lui, ni aucun membre de toute la famille à sa charge n’ est auteur de ce vol ni d’en connaître les auteurs.
Les villageois à leur totalité ont une peur bleue de la malédiction divine ou « Edaaouassou » d’El Djamaa prononcée à la réunion du vendredi. Personne n’aurait le courage de mentir en jurant en pleine réunion au nom, par exemple du Saint Sidi M’hend Avahrize qui veille sur le village d’IVAHRIZENE. Said Aroumi est semblable à ses compatriotes en ayant lui aussi une peur de la sanction divine, il dit :
« J’ai quand même peur de la malédiction divine « EDDAAOUESSOU ». Je ne plaisante pas ; « SETSI » (ma grand-mère) me le disait souvent : SAID, Qim (reste) tranquille athradmen edaaouassou !»
Pour cette seule raison les auteurs de la grave infraction se démasqueront d’eux même avant que quelqu’un d’autres le fasse à leur place, et dans ce dernier cas la punition en serait plus sévère et pourrait aller jusqu’à dépôt de plainte auprès des autorités compétentes ou la mise en quarantaine par l’ensemble des villageois,ce qui est une sanction extrême redoutée de tous.
La restitution de l'objet de l'infractionou le remboursement de sa valeur estimée est obligatoire quelque soit la sanction décidée.
L’ Incendie d’ IVAHRIZENE en 2007
Said « Aroumi » se trouvait en France quand il fut instantanément averti à l’aide du téléphone par son père de l’incendie ravageur du 30 août 2007. Il dit :
« Au sujet concernant le feu qui a détruit toute la forêt et le village d’ IVAHRIZENE ; ce jour là, je n’y étais pas. Mon père et mon cousin m’ont en prévenu par téléphone. J’ai suivi avec mon portable minute, par minute, heure par heure, avec mon cousin et mon père qui, lui était au village. Ce jour là, j’ai eu vraiment eu peur pour les gens du village. »
L’incendie ravageur, ayant pris naissance le 30 août 2007 du coté du village de ZEKRI. Attisé par un vent violent, il se propagea à une vitesse prodigieuse pour transformer en cendres, en quelques heures, toute la région de ZEKRI, en traversant le village d’ IVAHRIZENE et sa forêt, et passant par TIGRINE pour arriver à quelques dizaines de mètres de la célèbre plage du petit paradis de Sidi Khelifa, juste au bord de la Route nationale (RN 24) qui relie AZEFFOUN à BEJAIA. Said avait peur pour lui et ses concitoyens car son village d’ IVAHRIZENE se situait dans une zone à forte végétation.
Cette catastrophe provoqua de lourds dégâts. En voici, ce qu'on y pouvait lire sur les journaux les jours qui suivirent ce doulereux évènement local:
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Ivahrizène (Azeffoun) : Un village en cendres Voir vidéos sur Videos incendie IVAHRIZENE sur azeffoun.over-blog.n
Situé au cœur de la forêt, à 20 km au nord du chef-lieu communal Aït Chaffaâ (daïra d’Azeffoun), Ivahrisène, trés peuplé en cette période de l’année, est complètement dévasté par les incendies de la semaine dernière. Dix maisons ont été endommagées, dont cinq complètement détruites. La superficie de forêt ravagée par les flammes est évaluée à 2000 ha essentiellement constituée de chêne-liège et d’eucalyptus. S’il n’y a pas eu de pertes en vies humaines, c’est grâce à la bravoure et au courage des villageois, qui ont aidé à l’évacuation des personnes ne pouvant pas fuir d’eux-mêmes le sinistre.
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Said « Aroumi » n’avait pas résisté à la tentation de venir précipitamment de France pour voir ce qu’il en était réellement devenu de son village qui tient une place importante dans son cœur. Il raconte :
« je suis arrivé trois jours après pour constater l’ampleur de la catastrophe de la bêtise humaine. Nous avons perdu tous nos arbres fruitiers, nos ruchers, et notre belle forêt. J’ai oublié aussi la faune sauvage qui a été totalement décimée : les perdrix, les lièvres, les lapins, les sangliers, … »
Heureusement que les vies humaines furent épargnées, au contraire de la faune sauvage qui y fut anéantie. «Je remercie Dieu et notre Saint SIDI M'HEND AVAHRIZE qui a sauvé la vie à tous les gens du village car vraiment il fallait voir pour le croire, détruit à 100%. Nous avons perdu tous les oliviers, les figuiers, les pommiers, les poiriers, les cerisiers et les figues de barbarie…Plus rien ne subsiste, je sais maintenant ce qu’est un sol lunaire. » Quand je pense que l’armée Française n’est pas arrivée à mettre le feu à ce haut lieu de la résistance kabyle avec tous les bombardements depuis le Fort d’ AIT CHAFAA en direction d’ IVARHIZEN et de sa foret, ainsi que les avions ; en une heure, eux sont arrivés. "Je suis resté deux mois pour réparer et sauver ce que l’on a pu ; à vrai dire j’ai fais surtout du grand nettoyage ».
Ce qu'ignorait Said, c'est que ce jour là du jeudi 30 août 2007, ce fut des incendies partout à travers l'ensemble du nord de l' ALGERIE, comme à TIZI OUZOU, BOUMERDES, BOUIRA, BEJAIA, AIN DEFLA, BLIDA, ANNABA, ORAN ... les pyromanes criminels s'étaient donné le mot pour transformer une partie de l' ALGERIE en un vrai enfer; ces feux avaient malheureusement provoqué environ une dizaine de morts au sein de la population.
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En voici un aperçu sur: 1-1- Des incendies ravagent le nord de l’Algérie Quatre citoyens périssent carbonisés2-Plusieurs wilayas du nord de l’Algérie ont été touché par les incendies de forêts selon la direction générale de la Protection civile.jeudi 30 août 2007
3- le grand brasier
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Said "aroumi" retourna en France dans un état d’abattement total :
Vous pensez dans quel état je suis rentré en France après avoir vu cette désolation. Mais qu’ont-ils dans le cerveau ces gens là ? ».
Said « Aroumi» n’arrivait pas à oublier ce malheur qui frappa son village. Il en garda obsessionnellement cette image apocalyptique de son village d’ IVAHRIZENE et les forêts alentours, complètement en cendres. Puis, peu à peu, la raison finit par reprendre le dessus et Said peut enfin voir la situation sous un angle plus optimiste au point de penser à reprendre au plus vite ses projets au village, dès cette année 2008. Ce furent ses cousins, les premiers, qui lui en redonnèrent espoir. Il dit à ce sujet :
"Heureusement que Dame nature est généreuse ; d’après mes cousins il y a eu une année pluvieuse (hivers 2007-2008) qui a fait beaucoup de bien à la forêt".
Puis quelques semaines après, un autre cousin, lui confirma cette bonne nouvelle par le biais du blog à partir d’ AZEFFOUN même ; Sofiane lui disait :
Bonjour,, c'est la 1ere fois que je lis vos textes et ça ma donner les larmes aux yeux, je tiens à signaler que Said « Aroumi » est par hasard mon cousin loll, je le salues s'il lit mon texte et je lui dis " Said la foret d' IVAHRIZEN commence a revenir petit à petit, j'été là-bas le Week-End passé, et j'ai même pris bcp de photos". salut a+ j'espère »
Sofiane le 18.07.2008
Il fut enchanté de recevoir cette confirmation par le message de Sofiane, qu’il crut deviner qui il est, et s’empressa de remercier en lui répondant le surlendemain même, soit le 20 juillet 2008 :
Sofiane mon cousin adoré, bonjour.
Bien heureux de te lire. Je pense que tu es le fils de Moh…TEF… car nous avons un autre cousin à AZEFFOUN qui s’appelle SE… K… Mon cousin adoré, cela m’a fait plaisir que tu me dises que la forêt repousse bien à IBAHRIZENE, c’est tant mieux.
Sur sa lancée, il tient à faire aussi l’éloge du blog TIGROURINE qu’il trouve salutaire parce que, offrant à tout le monde un champ d’expression propice pour les échanges de nouvelles sur les villages, et qui aide parfois à rendre possible des retrouvailles émouvantes entre familiers. Il dit en continuant à s’adresser à Sofiane son cousin:
« Mais quel plaisir que tu lises ce blog TIGROURINE. Moi-même je suis tombé par pur hasard dessus et depuis je ne les quittes plus. Tu vois comme le monde est petit avec Internet. »
Vous ne croyez pas si bien dire Said !!!
Puis s’adressant à nous les administrateurs, animateurs et lecteurs du blog, il rajoute :
« Cher amis et ceux de votre blog, je vous félicite et vous remercie, surtout continuer. Bonjour à tous les gens de TIGROURINE, d’ AIT FLIK, d’ AKERROU et d’ AZEFFOUN Centre »
A notre tour, nous vous félicitons d’avoir su saisir, dès votre découverte du blog, l’opportunité offerte ainsi pour se faire connaître d'avantage localement, se rappeler à ceux qui vous connaissent, et faire connaître votre village ; ce que hélas n’ont pas su faire beaucoup d'autres parmi eux les responsables de l’Association ASSIWEL de TIGROURINE.
Dans son sillage, Said a entraîné son jeune cousin SOFIANE qui, à son tour et à notre grand plaisir, s’intéresse au blog TIGROURINE qui, pense-il, lui offrant une bonne tribune médiatique pour faire connaître localement d’avantage son village IVAHRIZENE. Un village apparemment séduisant et ensorcelant, sinon comment expliquer que :
- Said abandonne chaque année son confort parisien, très recherché de tous, pour venir y passer de longues vacances - et Sofiane, qui installé ailleurs en ville, vient à son tour, à chaque occasion, parfois plusieurs fois durant l’année, pour le photographier sous toutes coutures.
Que dirions nous ?
Au blog, on a vraiment envie de connaître le village IVAHRIZENE et ses alentours de plus près. D’AIT FLIK, il n’y a qu’une montagne à escalader, celle d’EL KOUDIA IYAZOUZENE, puis descendre la vallée d’ AIT CHAFAA pour y être. Les passionnés de randonnées pédestres et de footing, les Tigrourinois Mhend et son compagnon Belaid rêvaient depuis longtemps d’un tel itinéraire, malheureusement les conditions d’insécurité ne s’y prêtent pas pour le moment, espérons qu’un jour… En attendant, on invite Said « aroumi » et son cousin Sofiane à se donner toute la liberté d’alimenter en photos et en texte (conter des nouvelles, faire des portraits…), ce blog qui est à leur entière disposition.
Ci-après, le message de Sofiane, le jeune cousin de Said « aroumi » qui mérite d’être reproduit dans le blog:
« Salut tout le monde, salut a toi Said, je te remercie pour ta réponse rapide et très content que tu me reconnaisses, je suis tellement content de lire tout ça, au début j'avais du mal a suivre le blog, mais là je me retrouve très très bien. Je voudrai intervenir sur le blog, et déposer des photos de notre village IVAHRIZEN. Depuis que j'étais jeune je prenais des photos de ce village qui me donnait beaucoup d'espoirs et du goût pour vivre ; j'ai même des photos inédites de l'incendie ravageur du 30 Août dernier et il se trouve que les vidéos qui sont sur le blog c'est les miennes. Avant de quitter je voudrai vous raconter une petite anecdote juste pour rire, ben je me souviens : Quand on était petits, on venait chaque été au village passer nos vacances scolaire; mon père conduisait, juste près de lui ma mère, et nous, deux frères est une sœur, à l'arrière. Bien, imaginez tellement que nous aimons notre village, on descendait, moi et mon frère, à 2 km du village pour continuer à pieds et en courant. On avait un olivier comme repère, celui de "lawda" ; SAID tu te rappelles de lui? c'est celui où on déposait de la nourriture, il y a longtemps ; je suis sur que tu le reconnais Said. Bien, je vous remercie encore une fois pour tout, et indiquez moi comment je peux introduire mes photos sur le blog.Sofiane le 28 juillet 2008.
Idées et propositions de Projets de développement par Said « Aroumi » de Haute Savoie.
Said « aroumi » est bien installé en Haute Savoie en France où rien ne lui manque pour mener une vie paisible sans problème. Aussi, sa propre situation d’émigré lui permet de venir chaque année passer des vacances dans l’aisance en ALGERIE sans se soucier de quoi que ce soit. Cependant, Said Aroumi au grand cœur et à l’honnêteté déclarée (« Je suis comme nos vieux : authentique, sincère et honnête, dit-il ! ), ne reste pas insensible à la situation de ses compatriotes du village qu’il trouve préoccupante. Il ne peut s’empêcher d'avoir dans sa tête des projets de développement local dont la réalisation, pense t-il !, leur apporterait une nette amélioration dans leur vie quotidienne.
Location de chevaux ... et Parc Récréatif à Tamgout
Sa première idée, à priori pourrait paraître très simpliste de sa part, mais pour les gens avertis, celle-ci est des plus concrète. On en a vu par exemple, qu’ à la forêt de BOUCHAOUI à ALGER, un endroit prisé même par les grandes équipes sportives pour leurs entraînements (n’est ce pas notre JSK ?), les loueurs de randonnées cavalières, ils sont plus d’une centaine, travaillent et rentabilisent bien leurs journées, plus spécialement durant les week end . Un tour d’une cinquantaine de mètre à cheval est proposé à 100,00 DA pour les enfants . Ainsi, avec la création d’un Parc récréatif à Tamgout, projet proposé déjà au blog, ou ailleurs à la future ZET de Sidi Khelifa, à la plage du petit paradis, ou à TIGRINE – IVAHRIZENE, cette activité lucrative y aura une place privilégiée car ne nécessitant comme investissement que la possession d’un animal.
Said dit :
Et Dieu sait, la vie était douce et tranquille ; le jeudi, c’était le marché à AZEFFOUN où on se rendait, attention, à dos d’âne avec mes cousins ! on se prenait pour des Cow-boys.»
« Quand je pense qu’ici en France une location d’un âne pour une semaine c’est 500 Euros, faites le calcul en Dinars ! » Puis en plaisantant il continue :
«Alors oui, IVAHRIZENE était le paradis et là mes chers amis en kabylie, gardez l’espoir ! un jour on pourra louer aussi nos bourricots aux touristes. Comme on est sympas, nous les kabyles on fera 15 jours pour le même prix. »
Le Parapente et le deltaplane au mont Tamgout (1278m), Algérie
Said « Aroumi » raconte :
« Je me réveille dans mes montagnes de Haute Savoies en France et je prends mon café sur ma terrasse. Mes yeux sont attirées comme d’habitude vers le sommet de la montagne d’en face. J’admire les Deltaplanes ainsi que les Parapentes qui planent dans le ciel, et me mets à penser qu’un jour, ils pourraient décoller d’une de nos montagnes d’ AIT FLIK, en passant par AIT CHAFAA, pour atterrir à IVAHRIZENE où, là, les parapentistes ou delta planistes prendraient un petit café ou un rfraichissant. Ils peuvent aussi bien décoller de AIT CHAFAA et atterrir à AZEFFOUN ou à AIT FLIK en un seul vol. »
J’ai pu lire que cela faisait partie de l’un de vos nombreux projets. C’est très, très bien, ça c’est bien pensé. Je ne peux que vous encourager dans ce sens car c’est un projet de développement local extraordinaire facile à réaliser, puisqu’il en faut simplement des montagnes et du bon sens. Faites le savoir à vos élus, il est temps que nos communes sortent de l’oubli. Mettez le train en marche, l’ ALGERIE, notre bien aimé pays, est riche !. »
En réalité ce projet appartient à Monsieur MAOUEL Mohamed, le Maire en exercice de la commune d’ AKERROU, qui avait eu cette extraordinaire idée de parapente. Il compte réaliser ce projet en partenariat avec une équipe de SAVOIE (la région à Said « Aroumi » ). Ci-après un extrait du paragraphe tiré de la rubrique: 40- Création de la commune d’ AKERROU… Histoire, Projets et Débat, on en disait sur ce projet de notre Maire d'AKERROU:
Son autre idée de sport de parapente en partenariat avec une équipe de Savoie en FRANCE ( Voir site parapente voyage:Tourisme:voyages parapente ), s’intègre, elle, parfaitement dans ce décor naturel paradisiaque que possède la commune d’AKERROU de la daira d’AZEFFOUN. (Voir déclaration du Maire dans le journal l'expression du 10juin 2008:
" Des indiscrétions du maire nous apprennent que des projets «il y en a plein la tête». Sur sa lancée, il ajoutera que des contacts sont actuellement rondement menés avec une association en Savoie dans la perspective de lancer les activités sportives de montagne comme le parapente.Ce qui, espère t-on à Akerrou, pourrait permettre l’émergence d’autres activités et, pourquoi pas, le tourisme de montagne
Déclaration du Maire: MAOUEL Mohamed"
Au blog TIGROURINE, nous y avons tout de suite applaudi car il s’agit là d’un beau projet, ne demandant pas un important investissement, et qui serait une grande curiosité à l’échelle nationale car il n’existe peut être nulle part ailleurs en ALGERIE (???). Avant Said Aroumi, JAM et un certain Antoine (certainement de la Savoie) par leurs messages ont exprimé une opinion favorable au projet.
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Insertion du 19-07-2008 Parapente à BOUZEGUENE
Nous avions cru qu'un tel projet n'existait pas en ALGERIE, heureusement que SLIMANE Nabyl, un de nos meilleurs collaborateurs du blog, avait réagi vite, le jour même de notre déclaration erronée (18-07-2008), pour porter à notre attention que du Parapente existe et est pratiqué en ALGERIE; pour être plus précis, à quelques kilomères de la commune d'AKERROU, soit à BOUZEGUENE, un illustre village dont les habitants ont toujours eu une idée d'avance sur les autres, BRAVO à vous. Ci après ce message, combien important de NABYL qu'on remercie beaucoup d'être si perspicace :
Bonjour à tous,
Que d'animation ces derniers temps sur le blog, en effet depuis les quelques messages de Said Aroumi, il y règne une autre ambiance, pleine de nostalgie et de souvenirs.
Pour votre information Said Aroumi, on fait déjà du parapente en Kabylie, en l'occurrence dans la région de Bouzeguene, pour que ce loisir soit à disposition dans notre région il ne suffit que d'un pas.
Bien à vous, Nabyl SLIMANE
parapente à bouzguene: Voir les videos en cliquant sur:Voir rubrique portrait Said contenant un paragraphe sur parapente à Bouzeguene
1-Video Youtube de parapente sur BOUZEGUENE-2-Vidéo daylimotion parapente BOUZEGUENE par Amara DRISS-3-Voir album photo parapente BOUZEGUENE
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Retrouvailles chaleureuses,
et dialogue entre « Ivahrizinois
En attendant que d’autres compatriotes les rejoignent dans leurs agréables et intéressantes discussions sur leur village IVAHRIZENE et l’histoire de ses hommes, Said « aroumi » a l’honneur d’avoir ainsi établi solidement dans le blog Tigrourine un dialogue fructueux avec quelques uns de ses compatriotes ou concitoyens installés aux quatre coins de la planète.
Il y a Nacer, son cousin installé au CANADA depuis onze (11) ans et qui n’a pas été à son village depuis vingt ans, il y a Sofiane, un autre cousin installé dans une ville Algérienne et qui se rend souvent en visite ou en vacances à son village, il y a Youcef DERGHAL, du village voisin de TIGRINE et enfin Madjid un autre jeune Ivahrizi installé à Paris où il continue ses études. Ils donnent tous libre cour à leur cœur pour annoncer la joie de leurs retrouvailles autour de Said aroumi. Ils décrivent avec nostalgie de beaux souvenirs vécus au village et relatent certaines scènes intimes de la vie familiale et villageoise qui intéresseraient énormément leurs compatriotes, avides de nouvelles du village, éparpillés à travers le monde entier, comme Nacer qui, du CANADA, jubilait de joie de retrouver la trace de Said et s’empressa d’annoncer la nouvelle par téléphone à sa maman établie à Alger :
"Figures-toi que je parlais avec ma mère ce matin au téléphone et je lui ai dit que je viens de retrouver la trace de Said Aroumi! Elle m'a dit qu'elle t'a vue ça fait pas longtemps mais elle garde toujours le souvenir d'un gars respectable, sérieux, amoureux de son village et gentil… "
Ils ont tous en commun leur amour fou pour la terre ancestrale et la joie partagée de se retrouver ensemble en tant que compatriotes. Cela nous procure à tous un immense plaisir de savoir que malgré le dépeuplement conjoncturel des villages de la kabylie, même éloignés et installés dans le confort, les kabyles en général restent solidement attachés à leurs villages et à leur passé ancestral auquel ils pensent inlassablement.
IVAHRIZENE est devenu pour l’essentiel un village de vacances, c'est-à-dire en quelque sorte une résidence secondaire pour ses anciens habitants qui le quittèrent en masse, parce que forcés par le destin. Cependant, certains avaient choisi de rester au village malgré tout afin d’y finir leurs jours, parfois dans l’anonymat en emportant leurs secrets avec eux. Nacer dit à ce sujet en évoquant à Said la disparition de son regretté oncle :
"Je savais pour mon oncle Said Umuhend décédé exactement le 3 janvier dernier. Il était très malade et souffrait beaucoup. Eh, oui, la vieillesse et la maladie ont emporté nos anciens, nos bibliothèques. Tu sais que c'était mon unique oncle maternel et qu'on l'aimait beaucoup."
Il fut une époque où le village grouillait de monde, Sofiane regrette et espère:
j'ai toujours rêver de vivre l'époque des années 70 ou même 60, il parait que c’est les années ou il y avait plein de monde au village pas comme maintenant, tout les vieux étaient vivants, nos ancêtres, là il reste 2 seulement Said neth cheikh et lghadi et quelques vieilles aussi comme nana Fatima n’ hand ou Saadi et Fatima nath Mhand, que dieu les bénisse!
Said « aroumi » est franchement bien apprécié au village d’ IVAHRIZENE et les villages des alentours, et ce n’est pas Youcef le Tigrinois qui nous en contredira, lui qui s’annonce à Said par des mots pleins de nostalgie:
« Bonjour tout le monde et monsieur Said « aroumi », mon frère, tu va me reconnaître quand je te dirai, qu'aux années 90, je venais de TIGRINE à votre village IVAHRIZENE passer la journée avec mes voisins d' Alger en l’ occurrence Mohamed et Arezki, fils de ammi Saadi n' IVOUACHE ( la famille HAMID). Nous passons des heures à la fontaine « anfoug » nous buvons son eau bien fraîche. Cette année là, tu entamais les travaux de ta maison, tu étais avec ta 4x4. Je passais chez vous des journées agréables avec tous les jeunes que je connais tels Mokrane, Sedik, l'autre Said, Hocine… etc, sans se rendre compte du temps, mais hélas aujourd’hui la situation ne me permet que de rappeler ces souvenirs, merci pour ton message d'encouragement, merci à tous. Youcef DERGHAL, le 06-08-2008
Youcef est un jeune du célèbre village de TIGRINE, un village voisin à IBAHRIZENE, qui a été frappé par le destin de se voir complètement abandonné par ses habitants, parce que se situant dans un lieu stratégique, exposé à la mainmise des maquisards à chaque conflit armée en Algérie. Il fut le célèbre lieu de PC du colonel Amirouche durant la guerre d’Algérie. C’est vrai que TIGRINE avait été évacué totalement durant la guerre d’Algérie, mais à l’indépendance quelques familles, composées de vieux couples, parmi eux le regretté « Da » Ravah El Hassene y retournèrent courageusement pour mener une vie difficile mais très paisible de paysans kabyles, comme à l’ancienne, en s’occupant de quelques lopins de terre pour la culture potagère, de la remise en état des figueraies dépéries durant les sept années de guerre, de l’entretien des oliveraies, et en pratiquant un élevage, caprin pour l’essentiel car le mieux adapté en milieu montagnard. Aussi, on y pratiquait la chasse au gibier, très abondant encore en cette période là. Malheureusement durant la décennie noire 1990, le village connut une autre évacuation de la population, et depuis le lieu, vidé totalement de sa population, est gardé en continuelle surveillance parce que le terrorisme perdure.
Et enfin, voilà Madjid l’Ivahrizi de Paris, le dernier arrivé au blog le 12-08-2008, qui tient d’abord à rendre hommage au blog Tigrourine qui, comme il tient à le souligner, met en lumières son bien aimé village d’ IVAHRIZENE et des personnages de la région, comme le très populaire concitoyen Said aroumi. Il nous fait aussi découvrir certains lieux de loisirs très recherchés au village d’IVAHRIZENE, comme : la plage du petit paradis, les bassins d’ Assif (oued) d’ Ivahrizene soit, thamda Ivavour, thamda azaghar, et les douches de Lawda, de Thala bwada, et Anfoug… Il dit :
Chers amis du blog tigrourine, je vous remercie pour tout ce que vous faites. je vous remercie d'avoir mis en lumières des villages et personnages de notre chère région. je vous remercie aussi d'avoir mis en avant un village qui m'est très cher; IVAHRIZENE en l'occurrence.
Merci SAID AROMI pour tous ces témoignages, t'as su décrire notre village avec autant d'amour, de nostalgie et surtout d'authenticité.
SOFIANE, salut mon ami, comment vas tu? t'es ou ces jours-ci, à IBAHRIZENE?
profites bien si t'es là bas, surtout n'oublis pas nos habitudes, petit paradis, thamda lvavour, azaghar, les bonnes douches à lawdha, thala bwada, aneffoug.les figues d'imizavene, les promenades à thala meqrane. passe le bonjour a tout le monde à Sofiane agma à toute la famille, aux amis, à tout le monde quoi. Surtout passes de bonnes vacances.
Quand à NACER du canada, azul fellak a nacer, ravi d'avoir de tes nouvelles, sûrement tu me reconnais pas, eh bien on est cousins (un de plus LOL). je me souviens de t'avoir vu la dernière fois durant les années 90 à Tagarins en rendant visite au regretté « ammi » Ali ( que dieu ai son âme). sinon je connais bien Rachid, Hacene, Farid et Moh.
Ta maman, je l'ai vue la dernière fois chez mon oncle Saadi à Alger .
Voilà ça m