11 août 2006 - Le village de Tigrourine d'Ait Flik ..
Le village de Tigrourine fait partie du Aarch d’ Ait Flik qui s’était installé à son origine sur le versant Sud-Est du mont TAMGOUT dont le sommet est d’ une altitude de 1258 m.
appartient à la commune d’AKERROU (siège au village de Tifrit Nait El Hadj) de la daira d' AZEFFOUN (ex: Port Gueydon) de la wilaya de TIZI OUZOU - ALGERIE.
Le village de TIGROURINE est situé à huit kilomètres de TIFRIT, le village d’implantation du siège de la commune d’ AKERROU (nom importé avec la commune en 1984).
Cette dernière réunit au total les 12 villages suivants: TIFRIT, ALMA GUECHTOUM, AZROU, KISSOUN, IHARMOUCHEN, TIGOUNATINE, TIGROURINE, EL-KRAR, AGHNI-MEZAIENE, IDJAKDHOUDHENE, AIT-BOUSLIMANE et ALMA-HLAL qui totalisent en 2006, environ 5000 habitants permanents sans compter ceux, nombreux, partis s’établir ailleurs en ALGERIE ou en France, et qui, à leur grande majorité, y reviennent souvent passer des vacances.
Précédemment avant le dernier découpage administrative de 1984, ces villages appartenaient administrativement, depuis l’indépendance de l’Algérie en 1962, à la commune de YAKOUREN, dépendant de la daïra (sous préfecture) d' AZAZGA.
La distance entre le chef lieu de commune d’ AKERROU au sud et AGHNI MEZAIENE, le village le plus éloigné en aval dans la direction nord vers AZEFFOUN (Port Gueydon) et SIDI KHELIFA sur la route sans issue d’ AIT FLIK est d'environ 14 kilomètres, et, parallèlement en montant plus en altitude sur la route d’ AZEFFOUN (CW n°156), elle est également à la même distance pour le village de KISSOUN qui est situé à la limite extrême nord.
Au-delà, vers le sud, il n’ y a pas de villages pour la commune d’AKERROU ; celle-ci est délimitée, à 3 kilomètres, par le village d’ AIT AISSI qui dépend, lui, de la commune de YAKOURENE à (à 5 Kms).
Les distances entre le village de TIGROURINE et les villages de la commune d’AKERROU. De relief montagneux, les routes sont tracées en sinuosité avec de longs détours ; ainsi les distances par routes ou à vol d’oiseau diffèrent beaucoup.
Il y a ceux situés sur la même route sans issue (sud-nord) : Akerrou – Ait Bouslimane ; ce sont ceux du bas Ait Flik ; ils sont au nombre de 6. Ils se situent à :
TIGROURINE - AKERROU (Tifrit) à 8 Kms - vers le sud ;
- - TIGOUNATINE à 1 Km - vers le sud;
- - EL KRAR à 0 Km – vers l’ouest ;
- - AL MAHLAL à 5 Kms vers le nord ;
- - AIT BOUSLIMANE à 6 Kms vers le nord ;
- - AGHNI MEZAIENE (Idjakdhoudhene) à 6 Kms vers le nord.
En ce qui concerne les villages en hauteurs de TIGROURINE sur la route d’AZEFFOUN (Port Gueydon), la route départementale ou le chemin de wilaya (CW n° 156), reliant la RN 12 (Azazga-Bejaia) à RN 24 (Azeffoun-Alger).
Si on emprunte la route principale, il faudrait faire un long détours par Akerrou (Tifrit) vers le sud (8 Kms) puis revenir direction nord (5 Kms), soit au total 13 Kms pour rejoindre les villages d’ALMA GUECHTOUM et AZROU et en continuant un peu plus loin (2Kms), les villages de KISSOUN et IHARMOUCHENE.
Mais on empruntant la route escarpée, à forte pente et en sinuosité, par LAKRAR (El Krar), la distance serait réduite d’environ une dizaine de kilomètres : Tigrourine – Azrou ou Alma Guechtoum (CW n°158) à 3 Kms.
A l’est le village de TIGROURINE fait face à la commune d’AIT CHAFAA, dont le village se trouve caché du regard par la chaine montagneuse (Yazouzene – Tigrine- Akfadou).
La limite territoriale se trouve à 2 Kms en bas du village de Tigrourine, elle est représentée par l’oued Youssef, ruisselant du sud et se jetant à l’embouchure de Sidi Khelifa, à 8 Kms au nord. Sur cette montagne qui fait face à Ait flik (face ouest) on y a vue sur les villages de, en allant du sud vers le nord (la mer):
AIT ALI OU ABDALLAH, IBDASSEN, IGHIL YAZOUZENE (village du cinéaste Mustapha BADIE), THAFRAOUT, EL DJEMAA, IGOUJDAL, IVAHRIZENE, OULKHOU (le beau village du regretté écrivain mathématicien Tahar DJAOUT), ICHALALEN,IDJARMEN.
Le village de TIGROURINE est pratiquement rattachée par ses habitations au village de TIGOUNATINE au Sud, et est pratiquement confondu avec le village d’EL KRAR à l’Ouest dont il n’est séparée que par la route.
Dans la direction Sud-Nord, sur le prolongement horizontale de la route 
communale se trouvent, à quelques quatre kilomètres plus loin, le reste des autres villages d’ AIT FLIK, alignés à la verticale d’ Ouest à l’ Est.
Ce sont les villages suivants : AGHNI MEZAIENE-IDJAKDHOUDHENE, AIT BOUSLIMANE et ALMAHLAL.
Sur la verticale Est -Ouest vers le mont Tamgout, au dessus d’EL KRAR, à quelques trois kilomètres sur un chemin escarpé, se trouvent, à quelques sept cent mètres d’altitude, les villages d’ AZROU et ALMA GUECHTOUM qui sont situés de part et d’autre de la route départementale (CW n°56) qui relie sur 40 kilomètres le village de YAKOURENE à AZEFFOUN en passant par les villages de : AIT AISSI, AKERROU (TIFRIT NAIT EL HADJ), ALMA GUECHTOUM, AZROU, KISSOUN, EL KELAA, TIDMIMINE, SIDI YAHIA, IHAMZIOUENE, le vieux AZEFFOUN (antique).
De nouvelles, très belles et modernes villas ont été construites un peu partout autour du village de TIGROURINE mais n'enlèvent rien au charme particulier de l'ancien village qui a été conçu très harmonieusement dans un plan d'ensemble qui prenait en considération les "éléments" essentiels à une vie communautaire harmonieuse et bien réglée. Nos ancêtres concepteurs n’étaient pas urbanistes ni 
architectes.
Ces mots leur étaient complètement étrangers du fait qu’ils étaient tous illettrés, ce qui ne les empêche pas pour autant de bâtir un village parfait sur le plan urbanistique.
Le lotissement a été harmonieusement structuré en quartiers desservis par des ruelles et impasses reliées à deux rues principales, l’une en pente coupant longitudinalement le village à la verticale sur environ huit cent mètres à partir du village d’EL KRAR à l’Ouest vers le bas du village à l’Est dans la direction d’ AZOUZENE, l’autre coupant le village
horizontalement par le centre du village vers TIGOUNATINE au Sud et AIT BOUSLIMANE au Nord pour former deux groupes principaux de quartiers: EL HARA OUFELA (le haut quartier) et EL HARA BOUADDA (le bas quartier).
Les maisons comportent, selon les normes de l’époque, des murs de quarante cinq centimètres d’épaisseurs, tout en pierres de taille, agencées hermétiquement sans utilisation de ciment, et couvertes par des toitures en tuiles rouges.
L’ancien village était aussi délimité au Nord par une rivière (IGHZER AMOKRANE), le qui prend sa source depuis le sommet du mont Tamgout et passe par les villages d’ALMA GUECHTOUM, AZROU et EL KRAR avant d’aller se jeter à l’Oued YOUSSEF (ASSIF n’AIT FLIK) à environ trois kilomètres de TIGROURINE. Au sud, le village était aussi délimité par un ruisseau, prenant sa source d’EL KRAR pour aller à son tour se jeter à ASSIF.
Les maisons étaient carrées ou rectangulaires et comportaient un espace (ADEININE) réservé aux animaux domestiques au dessus duquel se trouve une mezzanine (THAGHARFETS). Malgré leur simplicité, elles avaient un charme particulier, contrairement à celles d’aujourd’hui, plus grandes, construites sur plusieurs niveaux, plus modernes, plus décorées, plus belles, mais qui malheureusement perdent tout leur charme et deviennent carrément sans attrait, ni intérêt …
quand on voit sur leur toiture ou façade, pour beaucoup d’entre elles, des PNEUS hideux suspendus en guise de « rempart » contre le mauvais œil. Ainsi une nouvelle mentalité, celle là rétrograde, est née et importée d’on ne sait où ?
Les gens sensés se demandent logiquement : pourquoi tant de dépenses et d’efforts à construire avec ostentation des maisons toujours plus belles, plus grandes, et puis les interdire au regard des autres ?
la religion musulmane reconnaît bien le mauvais œil, mais dans certaines situations particulières, et pour lequel elle recommande tout simplement la récitation de quelques versets coraniques spécifiques… et puis ne compter que sur le bon Dieu.
Une maison à « pneu » ne pourrait avoir de place dans le blog pour ne pas être en contradiction avec la mentalité de ses propriétaires.

Bref, le plan du village ancien a été établi intelligemment à la façon d'une ville, avec ses rues principales, ses ruelles, ses impasses qui donnent accès à des placettes (El Hara Oufela, Thissirth-El Hidh Ougamghar, Avoughandjour, Amanchar n’Said, El Djamaa Oufela, El Djamaa Bouadda…) et des quartiers regroupant une ou plusieurs familles.
Ses rues principales se terminent en portes, dirigées sur les quatre points cardinaux vers la route communale et les villages environnants: du centre au Sud vers le village de TIGOUNATINE, à l'Ouest vers EL KRAR, au Nord vers ALMA HLAL et à l’ Est vers IVDHASSEN et les villages d’ IAZOUZENE situés à une dizaine de kilomètres sur le flanc de la montagne d’en face dont le mont AFROUN culmine à quelques sept cent mètres d’altitude. Nos ancêtres n'ont pas été à l'école mais savaient si bien concevoir des villages fonctionnels et sécurisés.
Tout était réglé pour le bien être et la sécurité de la communauté.
Depuis toujours le village est organisé en communauté, appelée la « DJEMAA », dirigée par un Comité du village élu par l’ensemble des habitants du village.
Le comité se réunit le vendredi matin, exclusivement (sauf cas exceptionnel demandant urgence) à DJAMAA BOUADA, en hebdomadaire en été ou en bi mensuel en hivers avec la présence obligatoire de tous les hommes responsables de famille sous peine du payement d’une modique amende en cas d’absence à la réunion. 
Cependant, en cas d’absence volontaire aux travaux de volontariat, décidés en réunion pour le jour même, l’amende est plus conséquente, et, est calculée sur la base d’une journée de travail comme manœuvre.
Pour les travaux de volontariat, les adolescents y participent obligatoirement ; d’ailleurs depuis toujours, c’est cette catégorie qui en fournit les plus gros efforts.
Durant les réunions, toujours commencées par l’appel général de tous les noms des inscrits, les décisions sont discutées démocratiquement et votées avant leur application. Au sein de la djemaa du village, tous ses membres se valent qu'ils soient intellectuels, illettrés, riches ou pauvres... La djemaa est organisée toujours à l'ancienne comme au temps de nos ancêtres.
Situation Géographique
Des villages d’AIT FLIK, on a une vue sur respectivement:
-
A l'Est, face à AIT FLIK, sur le versant ouest de la montagne qui s'étend longitudinalement de Sidi Khelifa au nord vers YAKOURENE- BEJAIA au sud avec le point culminant de quelques 700 m sur le mont Afroun. On a les villages de la commune d'AIT CHAFAA suivants: OULKHOU, IGHIL MHAND, IGOUDJDAL, AIT CHAFAA un chef lieu de commune, THAFRAOUT, EL DJEMAA IAZOUZENE, IVDHASSEN, AIT ALI OUABDALLAH et, tout loin, d'autres villages d'autres communes.
Dans la direction Nord - Ouest (AZEFFOUN –YAKOURENE par AKERROU et Tamgout ) nous distinguons les villages de SIDI YAHIA, IMANSOURENE, IGHIL OUMALOU, AIT AISSA et TIDMIMINE sur la crête de la montagne donnant directement sur la mer, et juste à la limite entre les territoires des communes d' AZEFFOUN et AKERROU se trouvent les villages suivants: IDJAKDHOUDHENE, AIT BOUSLIMANE, ALMA HLAL,. d' AGHNI MEZAIENE. Au-delà de ce dernier village, sur le chemin qui monte vers TIDMIMINE, en traversant une rivière et en escaladant quelques dizaines de mètres d'un sentier étroit, on découvre le village de AIT AISSA (à cheval entre les communes d'AZEFFOUN et AKERROU).
Puis en continuant sur l'axe de TIDMIMINE vers AKERROU on découvre : El KELAA, KISSOUN, IHARMOUCHENE, AZROU, AlMA GUECHTOUM et plus au Sud, AKERROU le siège du chef lieu de commune du village de TIFRIT NAIT EL HADJ.
Les mosquée des villages d’AIT FLIK et d’AKERROU

La nouvelle mosquée du village de TIGROURINE avait été financée par des quêtes libres, en plus de la somme minimale mensuelle obligatoire fixée pour tous les TIGROURINOIS travailleurs, et aussi par des dons extérieurs.
Les émigrés du village, comme à leurs habitude quant il s’agit de l’intérêt de la communauté villageoise, y contribuèrent financièrement en conséquence eu égards à leur statut.
Il est à noter que les émigrés en vacances au bled, malgré leur contribution financière assez conséquente, ne sont pas pour autant exemptés des travaux de volontariat. Un délai d'une semaine de liberté leur est accordé et puis ils seront considérés au même titre que tout le monde dans les travaux au village.
Finalement, la nouvelle mosquée du village de TIGROURINE fût réalisée entièrement en moins de trois années en système de volontariat par l’ensemble des habitants du village qui furent mis à rude épreuve et contraints à un grand sacrifice, qui en fin de compte ne fut pas vain. De leurs efforts continus, trois années durant, sortit au bout
du chemin, une oeuvre merveilleuse d'architecture et de décoration.
Elle est la fierté de tous au point d'attirer régulièrement en masse l'arrivée de jeunes et moins jeunes vers la prière. Sa salle d'eau est très fonctionnelle. Elle est spacieuse, entièrement couverte de faïence, et comporte plusieurs toilettes et robinets qui sont alimentés à l'eau chaude en hivers.
Deux douches ont été prévues et mises à la disposition de tous, avec
cependant, une obligation aux TIGROURINOIS (les Etrangers en sont exemptés) de « jeter » quelques pièces dans la boite prévue pour la quête qui serviront aux frais de son entretien.
Tout le monde s'y sont à son aise pour les ablutions et au confort dans la salle de prière qui possède également un système de chauffage indispensable pour l'hivers car il fait très froid dans la région des AIT FLIK qui est en train de se spécialiser dans la construction de belles, modernes et très fonctionnelles mosquées.
IL y a eu la première belle et moderne mosquée de TIGOUNATINE durant les années 1980 puis celle au charme particulier de TIGROURINE, inaugurée en 2003, et actuellement celle en cours de construction à EL KRAR qui sera certainement encore plus belle et plus moderne au grand plaisir de tous les habitants d’ AIT FLIK qui auront l’embarras du choix pour faire leur prière dans l’une ou l’autre des trois mosquées.
En fait, ces trois villages sont rattachés par leurs habitations au point de former une grande
agglomération (un grand village) dans laquelle ils représentent des quartiers.
Ainsi, certaines habitations au Sud de TIGROURINE (THIMEQVARTH TIGHNATINE) se trouvent plus proches de la mosquée de TIGOUNATINE, et d’autres à l’Ouest, (LEMAANSRA n’CHIKH) plus proches (une trentaine de mètres) de celle d’EL KRAR que de la mosquée de leur village située à environ trois cent mètres en contrebas à l’Est sur un chemin en pente.
Cela représente une aubaine surtout pour les vieux et vieilles (prière du vendredi) qui ont du mal à se déplacer facilement.
A l’échelle de commune, les autres villages ne sont pas du reste et possède pour la plus part de nouvelles et modernes mosquées, comme le village d’ AZROU qui a été le premier à en construire, ALMA GUECHTOUM … et TIFRIT NAIT EL HADJ, le siège du chef lieu de la commune d’ AKERROU, qui inaugura en 2007, la plus grande, la plus moderne, la plus spacieuse mosquée… sur les hauteurs du village juste à quelques dizaines de mètres de la vieille ZAOUIA (école coranique) du village.
S’agissant de lieux de cultes recommandés par Dieu, on en redemande encore tout le temps et en tout lieu… à la prochaine nouvelle mosquée dans la région, inchallah !
La construction de la mosquée de TIGROURINE
Pour faire honneur aux anciens disparus, la vieille mosquée a été classée comme lieu historique à préserver. Elle a été sauvegardée telle quelle, et rattachée à la nouvelle mosquée par son ancienne cour qu'on décora (carrelage et faïence) identiquement à la nouvelle mosquée.
Le sol de la grande salle d’ablution, situé au sous sol de la salle de prière, est au même niveau que la cour de DJAMAA BOUADDA, qui fait également terrasse par rapport à la rue (dénivelé).
La vieille mosquée, EL DJAMAA BOUADA, construite au style ancien de simple maison rectangulaire aux quatre murs et au toit couvert de tuiles rouges, recevait jadis essentiellement des vieux au moment des prières, mais « le temps » a changé et les mentalités de même.
Maintenant il en est autrement, les jeunes sont là, et sont animés d'une foi inébranlable. La grande prière du vendredi attire aussi beaucoup de gens des villages voisins.
La nouvelle mosquée a été bâtie au centre du village sur l'emplacement d'une ancienne maison construite entièrement en pierre.
Elle se situait en dénivelé sur une hauteur d'environ quatre mètres par rapport à la plateforme de l'ancienne mosquée. Suivant le plan architectural choisi, il a été décidé de démolir la maison, dégager toutes les pierres, creuser et déblayer la terre jusqu'à arriver au niveau de la plateforme de l’ancienne mosquée de DJAMAA BOUADA.
Ce travail titanesque, comparable, à une autre échelle, aux travaux d’ HERCULE, nécessitait un financement conséquent, une organisation rigoureuse,
la mobilisation permanente de tous les habitants, du temps, du sacrifice et des efforts parfois surhumains pour casser les énormes et nombreux blocs mis continuellement au jour au cours du 
creusement des fondations.
Les jeunes TIGROURINOIS, nombreux à travailler en dehors du village, essentiellement à ALGER, venait en week-end, non plus pour se reposer parmi les leurs, mais exclusivement pour aider à la construction de la mosquée.Leur sacrifice fut grand.
Trois années durant, ils ne connurent pratiquement pas de vrai week-end.
Ainsi, Il fallait pendant tout ce temps cotiser et travailler en chantier en effectuant toutes les tâches nécessaires : démolir, déplacer les pierres, creuser les fondations, déblayer, casser les énormes blocs mis successivement à jour, décharger la marchandise des camions : le sable, le ciment, la brique, le fer à béton… les transporter… puis découper et préparer les ferraillages pour les poteaux et les dalles… couler le béton…
Parmi toutes ces tâches, on appréhendait beaucoup celle relative au transport de la marchandise à déplacer sur quatre cent mètres depuis la place de THAZEMOURTE ( route communale) sur le dos de bourricots comme on le faisait depuis toujours pour les chantiers à l’intérieur du village dont les ruelles étroites et caillouteuses ne permettaient pas l’accès aux véhicules.
Avant d’ en arriver là, il faudrait penser d’abord à déplacer les tonnes de terre et gravats qui seraient dégagées de l’emplacement de la construction de la mosquée… Le transport de marchandise était un vrai casse tête…
et puis quelqu’un avait eu une idée génial : Et si on aménagerait provisoirement un accès au mini tracteur disponible au village? … et le gros problème de transport de marchandise fut résolu.
Ce mini tracteur à benne rendit ainsi un énorme service par un gain conséquent en temps et en facilitant la tache ô combien essentielle de transport de marchandise.
En plus, on créa un poste d’ emploi pour le conducteur de ce mini tracteur « passe partout » pour tout le temps que durèrent les travaux jusqu’à la réception définitive du projet de mosquée au village.
Sans ce mini tracteur, les travaux auraient duré plus longtemps et aurait fait souffrir beaucoup de nos jeunes à qui reviendraient la pénible et ennuyeuse tâche de transport de marchandise par dos de bourricots ou de brouettes.
D’autres emplois permanents ont été également crées au maçon principal, qui fut franchement un grand maître d’œuvre, et les quelques manœuvres et ouvriers spécialisés placés en permanence sous ses ordres.
Tous les habitants valides du village participèrent avec enthousiasme à l’édification de cette mosquée qui nécessita environ trois années de travaux soutenus.
I
ls avaient tous un cœur « gros comme ça » à l’ouvrage et ne rechignaient jamais à l’effort.
Il fallait voir le plaisir à la besogne ( photos ci contre )qu’avaient les vieux, entre autres, les regrettés Said SALHI, Boudjemaa MEGHENEZ ...
et le toujours actif Said BEDAD, pour en mesurer l’importance qu’avait ce projet chez l’ensemble des villageois. Ils savaient tous, et, étaient convaincus qu’au bout de leurs efforts surgirait une belle œuvre qui apporterait certainement que du bonheur ( El khir ) au village.
Il en est vraiment ainsi aujourd’hui. Les plus vieux étaient plus pressés de « goûter » au plaisir de faire leur prière au village dans une moderne mosquée dotée de toutes les commodités.
Malheureusement, certains d’entre eux, avaient été rappelés à Dieu bien avant l’achèvement du projet qui leur tenait tant à cœur.
C’était triste, mais c’est le destin. Inévitablement, en foulant pour la première fois le sol de cette belle mosquée du village, chacun des TIGROURINOIS, ne peut s’empêcher d’avoir avec regret, inévitablement, une pensée aux siens et concitoyens disparus, qui s'acquitaient de leur obligation religieuse en faisant leurs prières à l'ancienne bâtisse de DJAMAA BOUADDA, exposées aux rigueurs du climat et qui faisait office de mosquée...

L’autre grand plaisir, c’est de voir enfin les femmes, participer à la grande prière du vendredi en toute décontraction dans la mezzanine de la mosquée qui leur est réservée. Auparavant, avec les bâtisses étroites d’autrefois, comme DJAMAA BOUADDA », il en n’était pas possible qu’elles y fassent leur prière du vendredi.
Pour la participation aux travaux de la construction de la mosquée, Les femmes n’étaient pas du reste. A chaque vendredi de volontariat, il y avait un groupe de femmes, désignées d’avance, pour la préparation des plats de couscous aux légumes qui serviront de dîner à l’ensemble des travailleurs. Ces moments de repas communautaires à DJAMAA BOUADDA, à la fin des travaux de la matinée (12h00), se déroulaient dans une ambiance bon enfant.
L’association culturelle « ASSIWEL»
Elle a été agréée au début des années 1990. Sans subvention étatique, elle n’activait que grâce à la volonté de ses membres et à l’aide financière reçue du comité du village et des dons personnels en bien immobiliers recueillis auprès des habitants soit, quelques chaises, une table, une armoire, des livres…
Elle a élu domicile dans la bâtisse de « DJAMAA OUFELA» de dimension d’environ cinq sur six mètres qui donne sur une cour de même dimensions. Ce local se situe au centre du village à une vingtaine de mètres de la mosquée.
On voulait que les activités de l’association soit diversifiée le plus possible mais par manque de moyens on s’est retrouvé réduit à organiser des tournois de football essentiellement en été durant les vacances, et, ouvrir ce local aux élèves, principalement des « terminales », pour la révision et la préparation de leurs examens.
La formation et l’aide aux élèves devrait être pour toujours l’une des principales préoccupations de l’association avec bien entendu des moyens plus conséquents. D’ailleurs, durant cette période le taux de réussite aux examens du baccalauréat et du BEF était plus important, ce qui fait qu’aujourd’hui notre village peut s’ enorgueillir de posséder une élite intellectuelle non négligeable constituée d’ ingénieurs dans différents domaines, de médecins, d’architectes, de techniciens.
sont, certes, forcés de s’établir ailleurs où ils trouvent l’ embauche, qui est impossible ici, mais restent très attachés au village où ils reviennent à la moindre occasion (vacances, fêtes, tournois de football, enterrement ….).
On peut sans exagération dire que cette réussite fut en grande partie grâce à l’environnement favorable crée par les membres de l’association de l’époque.
Avec le taux effarant actuel d’échec scolaire aux différents examens des cycles primaires et secondaires (0 réussi en 2006), on ne peut que saluer l’initiative en cours prise par la nouvelle et dynamique équipe qui est décidée à insuffler un nouveau souffle à l’association culturelle « ASSIWEL » du village, et par là, apporter un encadrement adéquat aux élèves des différents cycles.
Le comité du village, à titre communautaire, les habitants à titre personnel, et l’ APC d’ AKERROU de TIFRIT NAIT EL HADJ, comme autorité étatique locale, se doivent d’encourager et apporter respectivement leur aide en moyens humains (volontariat pour les travaux nécessaires), et en matériel.
La célébration des fêtes religieuses
Les fêtes religieuses officielles sont très attendues par tous au village ; grands ou petits, tout le monde y trouve son bon compte. Elles sont l’occasion de retrouvailles pour un rassemblement général de toute la population.
Ceux exilés en famille ailleurs, saisissent cette belle opportunité pour venir passer d’agréables moments avec leurs concitoyens et leurs proches et surtout se recueillir aux cimetières du village (il en existe deux) auprès de tous les morts qui y reposent pour l’éternité.
Plusieurs parmi les émigrés font coïncider volontairement leur congé annuel avec les fêtes religieuses, particulièrement celle de l’ AID EL FITRE relative au sacrifice rituel du mouton. Parmi les fêtes, il y a principalement :
l’AID EL FITRE (ou ESSEGHIR) qui est relative à la rupture du jeun du mois de ramadhan. C’est une fête particulièrement appréciée par les enfants qui se voient offrir en cette occasion de très beaux habits neufs et qui reçoivent des cadeaux, des jouets et spécialement de l’argent… Dès le vingt septième jour du ramadhan et avant la prière du matin de l’AID, chaque musulman responsable de famille est tenu de verser une somme d’argent aux pauvres.
La valeur de cette somme est fixée par l’autorité religieuse de chaque pays musulman ( 70,00 DA par tête en charge pour 2006).
La fin de la prière de l’AID donne le signal des accolades générales entre tous les membres du village. C’est l’occasion recommandée par la religion de l’Islam pour la réconciliation et la demande de pardon mutuel entre les membres de la communauté musulmane toute entière. On y rend obligatoirement visite aux proches et voisins familiers.
Les morts ne sont pas du reste et reçoivent à cette occasion la visite des leurs. Durant ces fêtes religieuses, les cimetières ne désemplissent durant toute la journée de gens venant en famille toute entière, composée des parents et d’enfants.
La visite particulière aux malades, accompagnée d’une offrande (fruits, viande…), est très recommandée et est très fortement appréciée par les malades.
l’AID EL KEBIR (le grand Aid), la fête du sacrifice du mouton. Chaque famille est tenue, selon ses possibilités, de sacrifier un mouton dont la viande serait partagée obligatoirement avec les pauvres (2/3). Le sacrifice du mouton eut lieu dès la fin de la prière de l’AID après les accolades qui sont expédiées au plus vite contrairement à l’AID EL FITRE de rupture du jeun du mois de ramadhan (70 jours avant); les visites aux proches et voisins seront laissés pour le lendemain, jour recommandé pour offrir obligatoirement les parts de viande (2/3) devant revenir aux pauvres.
La viande du mouton reposera toute la nuit dans la maison selon le rite et ne sera consommable qu’au deuxième jour, contrairement aux abats (viscères, foie…) qu’ on s’empresse de cuisiner immédiatement après le sacrifice du mouton.
Ce jour là, au matin, de toutes les maisons, se dégagent l’odeur de la laine brûlée des pieds et têtes de mouton qu’on fait expressément passer au chalumeau ou sur le feu de bois. Au soir (pour les plus prompts dès le repas de midi) dans chaque maison on y mange le « bouzelouf » dont l’odeur très caractéristique couvre l’atmosphère toute entière du village....
Et le lendemain, c’est le vrai festin avec les odeurs de plats de viande cuisinés et des fritures de steak, foie… qui se dégagent de toutes les maisons. Actuellement au village, qui, malgré tout, garde encore son caractère pastoral, toutes les familles, mêmes les plus apparemment démunies, possèdent au minimum un mouton ou un bouc à sacrifier durant l’AID.
Ainsi, pour s’acquitter de l’obligation religieuse de partage de la viande de l’AID, les TIGROURINOIS, sont obligés de le faire au plus loin dans d’autres villages ou en ville ou, comme beaucoup croient bien faire, offrir ces parts à leurs proches : le plus souvent aux filles mariées pour les parents ou sœurs mariées pour les frères en charge de famille.
Durant les fêtes de l’AID, les portes de toutes les maisons sont laissées grandes ouvertes afin de permettre à tout un chacun de rentrer pour rendre visite à tous les membres de la famille pour les congratulations d’usage et la demande de pardon mutuel par la formule : « Bonne fête, que Dieu nous pardonne nos éventuels fautes et nous accorde sa bénédiction dans notre demande de pardon mutuel, Amine! »
Là, où on passe, on est invité avec insistance à boire, au grand choix, du café, du thé, de la boisson gazeuse ou du jus, accompagné de la dégustation de gâteaux de toutes sortes, y compris les traditionnels beignets, qui garnissent à cette occasion les tables ou meidas (table basse) de chaque maison.
l’ACHOURA est une fête qui a une importance capitale. C’est la fête de la Zakat (aumône) où chaque musulman est tenu de verser obligatoirement une partie de sa fortune aux pauvres, parmi lesquels, ses voisins nécessiteux les plus proches, sont ceux recommandés en premier lieu. Elle est calculée sur l’indice de 2,5% de la somme thésaurisée en une année.
C’est le Ministère des Affaires Religieuses de chaque pays qui en fixe les valeurs. Pour l’année 2007, en Algérie la somme a été fixée à 140 000 dinars. En dessous de cette somme on n’est pas tenu de verser l’aumône mais celui qui en reçoit un excédent de celle-ci se verrait obligé, lui-même, d’en donner suivant le calcul d’usage.
Pour la fête de l’ Achoura à TIGROURINE on s’est fait la spécialité de sacrifier à cette occasion un ou deux veaux dont la viande sera partagée équitablement entre la totalité des membres de la communauté du village. Les nouveaux nés le jour même et les invités de dernière minute reçus par une ou des familles ont droit à leurs parts.
Ce rite appelé LAWZIAA n’est pas obligatoire mais est pratiqué dans beaucoup de villages de la Kabylie ( TINCHRATS pour BENI YENNI selon notre ami MOHAMED).
La somme nécessaire est récoltée selon le système de quête libre (on peut ne pas donner mais on a obligatoirement droit à notre part) et souvent il s’agit d’une seule personne qui fait don d’un veau à sacrifier et partager entre les membres du village.
Le 12 novembre 2006, on avait reçu au blog un message, signé RIMAS, surprenant mais en fin de compte sympathique et qui est : azoul le village qui à manger 00009 toro ...
C’est vrai qu’on s’est fait la spécialité de sacrifier des veaux durant les grandes occasions malheureusement durant la fête de l’Achoura on ne le fait pas systématiquement chaque année faute de moyens financiers conséquents.
Cependant périodiquement, environ toutes les trois années, on en arrive à avoir la possibilité de le faire et d’en faire profiter tout le monde au village et quelques invités parmi nos voisins.
Pour les 09 toros dont parle RIMAS pour nous taquiner, le nombre est exact et concerne, en fait, ceux sacrifiés pour l’inauguration en 2003 de la nouvelle mosquée du village.
A cette occasion, on en avait invité des gens dans l’ensemble des villages de la daira d’AZEFFOUN, d’ALGER et des villages d’ AZAZGA et de YAKOUREN ….
La fête fût à la mesure de Evènement de construire une belle et moderne mosquée dans un village aussi enclavé en montagne que le notre est fantastique et méritait d’être connue de tous. Les 09 toros ont été mangés par des milliers de gens au grand plaisir des TIGROURINOIS.
Les Fêtes traditionnelles
La fête du printemps ou "Thiri Thouzal"
Azul, Le Lundi 16 avril, c’était « THIRI THOUZAL », une fête multicolores typiquement printemps berbère.
Ce jour là, au village de TIGROURINE, comme partout ailleurs en Kaylie rurale, toutes les maisons sont décorées de toutes sortes de fleurs et de rameaux d’arbres divers, notamment l’olivier et le caroubier que tout le monde connaît pour leur utilité.
C’est en fait pour marquer le début des journées plus chaudes et plus longues que les villageois changent leur « emploi du temps » pastoral.
En effet à partir de ce jour, bien fêté du reste, les bergers sont tenus de faire paître leur troupeau deux fois par jour.
La première sortie se fait au crépuscule et le retour à la maison vers 9 heures dès que le soleil commence à chauffer ( Azal) ;
la deuxième sortie du bétail se fait vers 14 heures « azizwou » et se termine au coucher du soleil.
Cette journée de thiri thouzal est aussi une journée ou tous les garçons nés après thiri thouzal de l'année dernière se feront accompagnés un par un, chacun son tour, par toutes les femmes du village au milieu de youyous et de chants berbère anciens, de la maison paternelle vers el DJAMAA où, un jour une fois adulte, le garçon aura sa place parmi les hommes, et surtout son mot à dire.
Bien sur la journée est aussi marquée par la préparation d’un repas spécifique à savoir : Iwzanes. Plat berbère à base de grains de blé grossièrement écrasés et de fèves sèches cuits à petit feu dans une marmite en terre cuite et servi imprégné d’huile d’olive.
SLIMANE A., le 20/04/07
La Cueillette des Olives
Bizarrement, le village, qui d’habitude était plus au moins animé durant la journée, est depuis quelques temps étrangement silencieux et pratiquement vidé de sa population.
Les fontaines publiques et les sources d’eau potable, les lieux habituels de rencontre des femmes pour l’échange des nouvelles du jour, sont, ces jours ci, désertées par celles-ci. L’ambiance s’est déplacée vers les champs où s’effectue la cueillette des olives.
En effet, hommes, femmes, accompagnés de leurs enfants, se retrouvent tous ensemble sous les oliviers pour la cueillette des olives qui, dans notre région, commence dès la fin du mois d’octobre.
Il faut aussi signaler que durant cette année 2007 la récolte des olives sera fructueuse, contrairement à l’année passée où la production fut dérisoire et avait entraîné la vente du litre d’huile d’olive à un prix record de 350,00 DA.
Si les enfants ont la tête ailleurs en étant surtout préoccupés par les prises éventuelles d’oiseaux à l’aide de leurs pièges à oiseaux, et que les hommes, la hache à la main, s’occupent à défricher les terrains des cultures, à tailler l’olivier et brûler les broussailles gênantes, les femmes quant à elles s’activent à ramasser le maximum d’olives dans une ambiance de fête en reprenant les refrains des anciens chants berbères.
Elles chantent sans retenue, à très hautes voix, et en totale liberté sans la moindre crainte de la réaction des hommes, qu’elles savent, obligés d’être obligatoirement tolérants, comme il en est de tradition, en ces moments exceptionnel de cueillette d’olives.
L’un des moments forts de ces journées mémorables est celui aussi où tout ce beau monde se retrouve, à l’heure de la pause dîner, réuni sous l’olivier, autour du grand plat de couscous préparé avec du blé tendre, assaisonné de lait caillé de chèvre ou de vache, et dégusté avec des figues sèches de saison .
La vie au village est ainsi faite, chaque période de l’année à ses moments de labeur fait dans la joie et dans l’entraide. La cueillette des figues, qui donnent lieu aussi à une ambiance festive en été, fut complètement ratée cette année 2007 parce que la production fut infructueuse, comme d’ailleurs pour la vigne.
Les fellahs qui s’étaient donné tant de mal à entretenir leurs figueraies (fumier, labour …) tout le long de l’année en furent très frustrés et légitimement déçus; heureusement que cette exceptionnelle production d’olives est venu à point nommé leur rendre le sourire et, par là, leur donner le courage de recommencer le travail…en espérant que l’année prochaine la fête se déroulera aussi dans les figueraies, inchallah !
A bientôt. Ecrit par A.SLIMANE/Mhand, le 28-10-2007