Tigrourine 2006
Tournoi de football et fête au village ... une première qui en appellera d'autres, inchallah!7

Tigrourine 2006
Tournoi de football et fête au village ... une première qui en appellera d'autres, inchallah!

Le 20 aout 2006, au retrait forcé de l’équipe de Tigrourine du tournoi de Yakourene 2006, après l’arrêt de ce dernier, au bout de quelques matchs de poules, pour cause de problèmes, le staff, les joueurs et des habitants du village ont sollicité l’organisation d’un tournoi du village dont la finale serait fixée d’avance au 29/08/2006 pour permettre aux vacanciers Parisiens, Algérois et autres d’en faire partie avant leur retour prévu à la fin du mois d’août.
SEDOUD Y., GUEMAR Samir et SEBIANE Sofiane, c’ est le staff à qui revenait le rôle de finaliser le projet en s’occupant de tout le nécessaire comme les listes et le tirage au sort.
Il s’agissait en fait d’organiser un double tournoi au stade du village ( CHRAHVIL) dont le premier sera ouvert aux juniors-seniors et le second aux jeunes catégories : minimes- cadets ( 12 – 16 ans ).
Le match d’inauguration est prévu le dimanche 20/08/2006.
On constitua huit équipes de neuf joueurs chacune pour les seniors qui disputeront des éliminatoires directs avec les quarts de finales, les demi finales et la finale, soit sept matchs au total étalés sur une période de dix jours.
Pour les jeunes, on constitua six équipes réparties en deux groupes de trois pour disputer un mini championnat à l’issu duquel les équipes classées premières joueront la finale, soit également un total de sept matchs.
La particularité de ce tournoi, c’est la bonne idée d’inviter et faire participer des joueurs issus des villages voisins. Il y avait ainsi, Mhand et Sofiane d’El krar, Omar d’Ihermouchene, Z. rachid de Kissoun qui ont joué en toute décontraction. Chaque équipe avait le droit d’en faire jouer un joueur étranger au village.
L’autre bonne idée, c’était de constituer une équipe de super vétérans dans laquelle figuraient des joueurs dont certains dépassaient largement la quarantaine et même la cinquantaine. La plupart de ces derniers n’ont pas tapé sur le ballon depuis plus d’une dizaine d’année, mais qu’importe l’essentiel était qu’ils participent à la fête pour faire plaisir aux jeunes qui n’en demandaient pas tant.
Par ironie du sort, le tirage au sort a désigné cette équipe super vétérans pour le match d’ouverture contre l’équipe future vainqueur. Le déséquilibre des forces en présence était flagrant, cependant la partie fût âprement disputée et se termina par un score de deux buts de différence.
C’est vrai qu’il y avait dans cette équipe, qui a amusé la galerie, des joueurs chevronnés au talent encore intact, en l’occurrence SAOUDI Ahcene, TAILEB Arezki et TACINE Mohand, les rescapés de la fameuse équipe de 1994, qui ont sauvé l’honneur du reste des joueurs que sont : BEDAD Hamid (gardien) qui commit une monumentale et décisive erreur à la dernière seconde du match, ZAID Djamel qui a joué blessé, les super vétérans : les Mhand GUEMAR et SEDOUD, SEBIANE Mehenna et … SAOUDI Karim, de passage au stade en arrivant directement d’Alger, n’a pas résisté à l’envie de participer à la fête en intégrant l’équipe des «vieux ».
Les matchs suivants
Ils furent âprement disputés et plaisants à voir pour la bruyante galerie qui est elle-même une attraction avec son chef d’orchestre de circonstance, MEGUENEZ Mohand, qui sait mieux que quiconque crée l’ambiance au milieu de Lounis et and Co avec la chanson et la derbouka
L’ambiance était magnifique jusqu’au moment fatidique du match des demi finales, opposant l’équipe des semis vétérans de M. Youcef, renforcée par Ahcène, à celle de Boussaad et compagnie.
On assista, médusés, à l’incroyable coup de boule à la Zidane sur Materrazzi en finale de coupe du monde 2006 à Berlin de Italie – France (3-1).
Djamel T, d'habitude gardien de but mais joueur de champ durant ce tournoi, à qui Youcef l’arbitre a brandit un carton rouge pour cause d’insultes, n’a pas trouvé mieux que de foncer directement sur lui pour tenter de lui asséner un coup de poing rageur. Du jamais vu auparavant à Tigrourine, ni au stade, ni dans la rue.
Certains joueurs se précipitent afin de retenir Youcef, blessé et rendu furieux, tandis que d’autres sont allés gronder Djamel et le faire fuir du stade. Ce dernier, ressentant sa faute, n’en demandait pas tant et prit ses jambes à son cou pour se diriger directement vers le village.chants s’entendaient, au loin, des villages environnants.
Il arrive souvent, comme partout ailleurs, qu’on se chamaille, qu’on se dispute verbalement mais jamais par des grossièretés ou d’arriver aux mains de crainte de passer en commission de discipline de la djemaa du village.
Et être jugé à la djemaa (que Dieu nous garde notre djemaa !) pour actes d’indiscipline est considéré par tous comme un déshonneur et l’on ressort inévitablement avec une amende et un avertissement dissuasif dont la récidive pourra conduire à la mise en quarantaine qui est une sanction suprême, heureusement jamais appliquée.
Une panique s’en suivit
Certains joueurs, non habitués à ce genre d’événements, ont paniqué et demandé à ce qu’on arrête la partie et annuler par là le tournoi. C’était l’erreur à ne pas faire. Tous les présents, entre joueurs et les supporters, ont senti le danger et convaincu Youcef de reprendre son poste d’arbitre pour continuer normalement la partie.
Finalement tout rentra dans l’ordre et le jeu reprit de plus belle dans un esprit de Fair- play total, comme si on voulait à tout prix effacer et faire oublier complètement ce qui s’était passé lamentablement et qui ne devait jamais avoir lieu eu égard à la réputation des citoyens de Tigrourine pour qui civisme, fair-play, respect d’autrui et sens de vie en communauté…ne sont pas de vains mots.
L’importante galerie de supporters, loin d’être découragée par le regrettable événement, créa au contraire une ambiance encore plus folle, toute acquise à l’équipe des vieux, qui galvanisée par ses encouragements enivrants, trouva les ressources nécessaires pour remporter la série de tirs aux buts et se qualifier ainsi à la finale qui promet beaucoup. Les coéquipiers de Djamel, très apparemment affectés par l’attitude de ce dernier, applaudirent sincèrement et chaudement les vainqueurs et promettent qu’ils seront de la fête lors de la finale du mardi 29 août 2006.
Une réunion extraordinaire à Djamaa Bwada
Immédiatement après la fin du match de la demi-finale, qui connut ce regrettable incident, l’ensemble des joueurs, staff et quelques supporters, présents sur place au stade, décidèrent unanimement d’une réunion disciplinaire qui devrait avoir lieu ce jour même, juste après la prière d’el-Icha, à Djamaa bada, la bâtisse accolée à la nouvelle mosquée, pour débattre démocratiquement et décider de l’inévitable sanction à infliger dans un tel cas d’indiscipline caractérisé.
A l’heure indiquée, la salle était comble car on accordait une grande
importance à cette réunion disciplinaire extraordinaire. On appréhendait son issue d’où le long moment d’hésitation avant que quelqu’un se décide enfin à prendre la parole.
Finalement, le mérite est revenu à Sebiane Sofiane, qui en bon orateur, a su trouver les mots justes pour décompresser l’atmosphère et lancer le débat tant attendu. Puis c’est une succession d’interventions qui condamnent à l’unanimité le regrettable geste antisportif de Djamel.
L’intervention de Youcef
Elle était la plus attendue, fût émouvante, il ne put s’empêcher de verser quelques légères larmes de déception en relatant l’agression et en passant en revue tous ses efforts, trois mois durant, pour constituer une équipe représentative au tournoi de Yakourene. C’est vrai, qu’inlassablement, il était toujours le premier au stade malgré les absences répétées de quelques joueurs à chaque entraînement. Certes, on faisait payer les absences non autorisées par une amende de 200 DA, mais un autre à sa place aurait jeté l’éponge depuis longtemps. Lui-même, dans des moments de découragement, a tenté à plusieurs reprises d’abandonner son travail ingrat d’entraîneur bénévole.
Cependant pour son amour pour le village, pour le sport, pour la jeunesse et pour le mouvement associatif, il est membre actif de l’association du village, on réussissait toujours à le ramener à de meilleurs sentiments. D’ailleurs, il sait très bien que la majorité des joueurs n’est pas concernée par ces absences décourageantes et qu’ils le soutenaient, puisque eux-mêmes en sont gênés dans leurs entraînements.
Il n’ignore pas que certains comme Makhlouf, Mouloud, Samir…viennent assidûment aux entraînements après des journées de dur labeur, sous le soleil d’été, dans la maçonnerie, aux champs ou creusant des puits…Rien que pour eux on n’a pas le droit de lâcher prise.
Durant le tournoi de Yakourène, il se rendait quotidiennement et inlassablement aux réunions du comité d’organisation et, à l’arrêt de ce dernier, il a pensé et proposé en premier l’organisation d’un tournoi interne au village pour permettre au maximum de jeunes d’y participer à la fête du foot.
Quelque uns des coéquipiers de Djamel, très déçus par l’élimination non méritée, ont tenté sans grande conviction, de lui trouver des circonstances atténuantes en faisant allusion au penalty accordée gracieusement par l’arbitre sous l’influence de la bruyante galerie des supporters qui réclamaient sans cesse ce penalty à chaque incursion des « vieux » dans le périmètre adverse. En plus, cette même galerie s’amusait, comme il le fait lui-même pour les autres quand il ne joue pas, à le taquiner en chantant le refrain : « Djamel ouallah oualou » dès qu’il touche le ballon.
On pensait que ce penalty-cadeau de Youcef l’arbitre qui a ramené le score à 2 à 3 à quelques minutes de la fin, serait sans incidence sur le résultat final ; toutefois Djamel avait senti le danger et l’a fait remarquer à l’arbitre qui croyait que le peu de temps qui restait à jouer serait sans incidence. Mais, contre toute attente, l’égalisation survint et provoqua instantanément l’énervement de Djamel qui ne put se retenir et lâcha des insultes que l’arbitre Youcef entendit nettement et sortit le carton rouge…et la suite on la connaît.
Le geste anti sportif et condamnable de Djamel a crée une situation qui dévoila enfin de compte le degré de maturité des jeunes de Tigrourine. Finalement Ils ont su en toute intelligence, démocratie et impartialité gérer, l’incident qui aurait pu conduire à l’éclatement de leur organisation sportive. L’incident, pris comme un sérieux avertissement, n’a finalement fait que ressouder d’avantage les liens entre les jeunes et leur entraîneur. A partir de cet instant, on était certain que la suite du tournoi sera meilleure plus qu’elle ne devait l’être
Le lendemain, il n’y avait qu’à voir Djamel, au milieu de la galerie, tambourinant, chantant et taquinant les joueurs sur le terrain, pour s’en rendre compte. On était parti pour aboutir à une grandiose et mémorable fête lors de la finale du mardi 29 août 2006 à Chrahvil.
A titre comparatif, le coup de tête de Zidane, le joueur le plus célèbre du monde du moment, a fait sortir Materrazzi de l’anonymat et l’associa à son image de marque. Enfin de compte, ce fut un coup de pub pour ce joueur qui autrement aurait passé inaperçu après cette coupe du monde 2006 jouée en Allemagne.
Le tournoi et le coup de poing de Djamel ont fait découvrir le savoir faire organisationnel des jeunes du village et un Youcef sous un visage qu’on ne lui soupçonnait pas auparavant. Ce dernier possède finalement des qualités certaines pour l'organisation de manifestations sportives. Il est bon orateur et très porté vers les relations humaines.
En conclusion, on dira encore que pour l’été 2006, en s’entourant d’un staff formidable (Lounis, Samir et Sofiane) et avec l’aide de tous les jeunes du village, Youcef a fait plaisir aux habitants de Tigrourine et fait honneur aux vieux du village en leur donnant l’occasion de participer à la fête de notre jeunesse lors de la remise des médailles et la collation qui s’en était suivie.
Le plaisir était immense de voir nos vieux dont plusieurs dépassent les 70 ans se succéder à la tribune de circonstance (plateforme du trottoir du café l’Olivier à la place Thazemourth) pour une allocution au micro suivie de la remise de médailles aux lauréats sous les applaudissements et le sourire de la grande foule ; du jamais vue au village de surcroit de nuit ( à partir de 21 h). L’émotion et la joie se voyaient sur tous les visages, des jeunes et des vieux.
Cérémonie de remises des médailles et la fête
Au soir de la finale du tournoi de football du village de Tigrourine du mardi 29/08/2006, une cérémonie de remise de médailles aux équipes vainqueurs (séniors et jeunes) et de quelques distinctions pour les anciens pour service rendu et aux joueurs primés individuellement (meilleur joueur, buteur, goal…), a été organisée à partir de 21 h au café l'Olivier de khali Mohand, sis à la place de Tazemourte.
Après les discours d'usage et la distribution des médailles par les personnalités du village, une collation a été offerte à tous, elle consistait en la distribution de boissons gaseuses et la dégustation de gâteaux.
Elle fut suivie tout de suite après d'une mémorable fête, toute de danse, chants et musique non stop, pendant laquelle les jeunes s'exprimèrent joyeusement à fond. Les vieux, non habitués en ce genre de manifestations festives, s'étaient retirés auparavant non sans donner un clin d'œil et un sourire complice.
Pour donner une idée précise sur cette fête, il n'y a pas mieux que de reporter, ci-après, le message commentaire envoyé par Kamel le 05/09/2006.On le reproduit tel quel, avec un style particulier à la Jam, pour souligner le mérite de son auteur qui mérite tous nos encouragements, pour le seul fait d'écrire, au blog. On le remercie infiniment et lui disons d'écrire d'avantage.
"salut la jeuneses de tigrourine si t'un plaisir de vos ercanaisse des fette comme la semain passe."
"Salut la jeunesse de Tigrourine, c'est un plaisir que vous organisiez des fêtes comme celle de la semaine passée."
Ecrit par : kamel . | 05/09/2006
Les spécialiste disque jocker, AZDAOU Said et Sofiane ont su admirablement animer la soirée par leur choix de la bonne musique ; la mieux adaptée à l'événement et leurs bonnes paroles de circonstance.