Situation des villages d'Ait Flik avant la création de l'APC d'Akerrou
Quelques mois avant la création en 1984 de la nouvelle APC (Mairie) d’AKERROU au village de TIFRIT NAIT EL HADJ dans la daïra d'AZEFFOUN de la wilaya de TIZI OUZOU, tous les villages concernés etaient demunis de tout (pas d'electricite, pas de TV, pas de frigidaire, pas de telephone...aucune comodite des temps modernes!!!} et se trouvaient dans un enclavement total loin de toute civilisation..
Tifrit Nait El Hadj (village siège commune AKERROU),Tigounatine,Alma Guechtoum, Tigrourine,El Krar, Ait Bouslimane,Aghni Mezaine,Almahlal,Azrou, Kissoun, Ihermouchen,Idjakdhoudhen
12 villages de la commune d'AKERROU de la Daira d'AZEFFOUN-Wilaya de TIZI OUZOU-ALGERIE n'avaient ni route goudronnée, ni électricité domestique, ni transport public…

Le transport des collegiens et lyceens de Ait Flik avant la creation de la commune en 1984
Le depart au college et lycee
Chaque samedi au premier jour de la semaine (Week-End = Samedi et Dimanche}, exposés aux rigueurs du climat, soit à la chaleur, à la pluie, au vent glacial et à la neige, les rares élèves collégiens et lycéens de l'epoque se rendaient dans la direction Sud, sur les bennes découvertes des quelques camions de l’époque, à leurs collèges et lycée situés à YAKOURENE ou AZAZGA, distants respectivement de 20 et 29 Kms des villages les plus éloignés au nord (vers Azeffoun), comme AZROU, KISSOUN sur la route d'AZEFFOUN et AGHNI MEZAIENE et ALMAHLAL au bout de la route sans issue du bas d'AIT FLIK...
A la fin de la semaine scolaire, le retour des élèves aux villages s’effectuait dans les mêmes conditions pénibles. Il est arrive meme que lors d'une periode de neige et grand froid, n'ayant pu resister aux difficiles conditions au college, decident de fuguer pour aller chercher la chaleur.
A la mi journee, il n'etait plus possible dr trouver un hypothétique camion du village, partent à pieds en risquant parfois leurs vies, par hypothermie ou chute dans un puits ou un ravin par manque de visibilité, durant les périodes de neige et froid .
Il y eut des enfants sauvés in extrémistes par des parents venus à leur rencontre, à la suite d’alerte de disparition de l’école donnée à leur sujet (en période de neige, ils devaient restés obligatoirement dans leurs collèges ou lycées et ne sortiront qu’accompagnés d’un membre adulte de la famille, mais souvent ils ne résistent pas à la tentation de fuire afin de rejoindre la chaleur familiale) .
Le transport à partir du village de TIFRIT (actuel AKERROU) était également inexistant et en plus la route de 8 Kms, goudronnée à la va vite en 1963, soit une année après l’indépendance, qui le relie à la RN 12 de YAKOURENE se trouvait vieillie, totalement dégradée et difficilement carrossable.
Le système de l’internat obligatoire, appliqué à cette période là, arrangeait bien les choses car autrement, il serait impossible aux plus courageux, robustes et résistants de se rendre quotidiennement au collège ou lycée dans ces conditions pénibles et coûteuses pour des familles, démunies pour la plus part à cette époque. Pour toutes ces conditions, rares étaient en fait les enfants scolarisés des villages les plus enclavés d’ Ait Flik .
Ce n’est pas un hasard si à cette époque le nombre de filles fréquentant le collège et le lycée était presque inexistant, et encore, les privilégiées sont celles dont les parents possédaient des voitures. Jamais, une fille n’aurait le courage ni encore moins la permission de ses parents de voyager comme décrit auparavant. Pour tous les bacheliers des années 1970 et 1980 ( d'avant APC) de toute la région leur mérite est grand et sans commune mesure avec ceux d’aujourd’hui aux conditions oh ! combien aisées.
Création de l’APC (Mairie) d’AKERROU
La création d’une APC dans cette région enclavée, constituée de onze villages (actuelle AKERROU) était souhaitée par tous, mais personne n'y croyait vraiment; et ce n'est que par une chance inouïe, celle provoquée par hasard par les habitants de tous les villages d’AIT FLIK, que le projet se réalisa et enchanta tout le monde ; grands et petits voyaient là, un grand espoir d’en finir enfin définitivement avec leur enclavement.
Une délégation des citoyens d'AIT FLIK, composée par des représentants de tous les autres villages concernés, à savoir: TIGOUNATINE, TIGROURINE, EL KRAR, AGHNI MEZAIENE, ALMA HLAL, AIT BOUSLIMANE, TIFRIT, ALMA GUECHTOUM, AZROU, KISSOUN… s’était rendue chez Monsieur le Wali en 1984 au moment du nouveau découpage administratif relatif à la création de nouvelles APC pour le motif suivant : « on y va demander la création d’une APC à Ait Flik, sait on jamais ?...
La délégation conduite par le regretté M. SEDOUD Omar, le futur premier Maire d"Akerrou, décédé en 1989 de maladie contractée en plein exercice de ses fonctions, savait que le décret présidentielle était déjà signé, mais tenta quand même, sans grande conviction, de solliciter la création d’une APC au niveau de leurs villages, dont le choix de son implantation s’était porté, d’un commun accord, sur le village de TIFRIT Nait El Hadj qui présentait les meilleurs avantages sur le plan foncier.
Bien leur en prit, car il y avait une nouvelle APC encombrante entre les mains de monsieur le wali. Celle ci a été crée et finalement non désirée par les habitants du village concerné, dont une délégation y était passée chez lui pour s’en décommander.
Monsieur le Wali, Sidi Said, qui connaissait bien la région et s’était pris de sympathie pour les habitants de tout AIT FLIK, dès 1983 lorsqu'il s'y déplaça en délégation officielle, n’en espérait pas plus pour s’empresser de leur rendre le service demandé et leur « céder» cette dérangeante APC, crée par décret, abusivement sans tenir compte des conditions exigées pour créer une APC rurale (nombre d'habitants, distance avec la commune "mère"... Celle-ci était destinée à l’origine au village d’AKERROU de la daira de MEKLA, une daïra limitrophe de TIZI OUZOU. Voir détails dans AKERROU de la commune d'AIT KHELIL de la daira de MEKLA
La réaction furieuse de 1983
Le 11 juin 1983 la date historique de la revolte des Ait Flikois contre le desenclavement de leurs 12 villages
En 1983, les habitants d'Ait Flik, grand pères, pères et adolescents, las des réclamations sans suites auprès de leurs élus de l'APC de YAKOURENE, dont ils dépendaient à cette époque, ne croyant plus aux promesses sans fin de leurs autorités locales de l’époque (APC de YAKOURENE et daïra d’AZAZGA), avaient finalement décidé par désespoir de recourir à la manière forte quitte à s'exposer aux pires conséquences (à l'époque les manifestations étaient strictement interdites et durement réprimées).
Ainsi, les habitants de tout AIT FLIK, particulièrement ceux des sept villages les plus enclavés du bas Ait Flik ( TIGOUNATINE, TIGROURINE, EL KRAR, AGHNI MEZAIENE, IDJAKTHOUTHENE, AIT BOUSLIMANE, ALMAHLAL) qui, par taxis, par camions à benne, par tracteurs... se sont retrouvés de bon matin au siège de l'APC de YAKOURENE où ils firent sortir les employés et les élus, fermèrent la porte et exigèrent la venue du Wali en personne.
Le chef de la daïra d’ Azazga arriva prestement pour finalement se faire congédier respectueusement et calmement car on n’en croyait plus à ses promesses. On lui fit savoir qu’ en ce jour là, du 11 juin 1983, les gens étaient venu pour le seul wali.
Le Wali, arriva finalement à son tour et fut reçu, avec respect et l’honneur du à son rang, au siège de l’APC de YAKOURENE. Il s’est présenta, donna une allocution, puis écouta attentivement et patiemment tous ceux qui, nombreux, prirent la parole pour parler de tous les problèmes rencontrées dans leur vie au quotidien.
Il a compris beaucoup de chose qu’il ignorait jusqu’ici.
Il a découvert avec un étonnement, non feint, l'incroyable, incompréhensible et impardonnable enclavement d' AIT FLIK, une région fortement peuplée qui paya un lourd tribut par ses nombreux enfants tombés au champs d’honneur durant la guerre de libération nationale.
Il ne comprenait vraiment pas comment ces élus les ont laissé dans un tel état d’enclavement 21 ans après l'indépendance. Il ne leur en trouvait aucun justificatif et leur tenait rigueur de l’avoir laissé dans l’ignorance pour des problèmes aussi graves d’une importante frange de la population laissée dans l’abandon au développement. Pourtant les budgets de base, ils leurs en octroyaient facilement quand ils lui en demandaient.
Cependant pour ces derniers, les projets à leur actif de développement octroyés aux villages se réduisaient au stricte minimum, c'est à dire à presque rien. Au contraire on en a pris aux villageois ce qu’ils avaient de précieux : leur eau.
La pire chose, faite par l'APC de YAKOURENE au détriment des villages d’Ait Flik de l'actuelle APC d'AKERROU, c'était de leur prendre leur eau minérale de la fontaine d'Amenchar Averkhanne (fontaine des singes), recueillie directement sous le versant sud du mont Tamgout à trois kilomètres de TIFRIT sur la route d'AZEFFOUN (CW n°156), pour alimenter l'hôtel Tamgout de YAKOURENE, qui est situé à quelques 15 kilomètres de là (au sud), au profit de ses touristes et vacanciers.
sept robinets coulant à flots tout le long de l'année, on n'avait même pas daigné laissé un robinet pour les habitants des villages avoisinants et les passagers. C’est vrai qu’à cette époque, ces Messieurs de la Mairie de Yakourene, se croyant plus émancipés parce qu’ils avaient de l’électricité, du goudron, et quelques autres commodités chez eux, et savaient un petit peu écrire et lire, considéraient avec mépris, en les appelant par « ceux du trou d’en bas », ces « paysans bergers ignorants » d’Ait Flik qui n’avaient pas droit à la considération.
C’est cet esprit qui prévalait au moment ou ils décidèrent de prendre cette eau, un geste qui est resté ancré dans la mémoire des habitants anciens d’Ait Flik en évoquant cette période frustrante pour eux.
Aussi, la canalisation d’eau traversait le village de TIFRIT ( l'actuelle AKERROU) sans pour autant prévoir une fontaine pour ses habitants, contrairement au village de monsieur le Maire, situé à 5 kms de Tifrit, qui lui avait droit à une part en édifiant une fontaine au bord de la route.
Par ironie du sort, des touristes étrangers prendront leur "bain" dans l'hôtel Tamgout de YAKOURENE à l'eau minérale provenant de la montagne de Tamgout, alors que, justement, beaucoup de villages, situés à son voisinage immédiat, manquaient dramatiquement d'eau pour les besoins domestiques de leurs habitants.
La visite du Wali de TIZI OUZOU, Monsieur Sidi Said, aux villages d’ AIT FLIK en 1983 (commune de Yakouren).
Bref, avant de repartir, Monsieur le Wali, avait promis de dégager dans l'immédiat des budgets pour des projets prioritaires de désenclavement (la route et l’électrification) et de venir en personne et en délégation officielle dans un délai ne dépassant pas un mois pour visiter toute la région.
Les gens, incrédules jusqu’ici de toutes les promesses provenant de leurs élus, y crurent, cette fois-ci unanimement, aux paroles du Wali. Ils en avaient « senti » de la sincérité. Effectivement, chose promise, chose dû, il est venu en délégation officielle, non pas après le mois fixé, mais seulement au bout de quinze jours.
A l’aller, il emprunta la nouvelle piste forestière en aménagement qui en cette époque n’était empruntable qu’en saison sèche, (la route actuelle par IGHZER IKHACHKHACHENE et THALA GASSI ) et au retour, pour répondre au souhait des habitants, il passa par l’autre piste caillouteuse, celle empruntée depuis toujours, et encore, par tous, afin de « voir et sentir ces secousses » qui, lui avait on dit, ébranlaient la santé de beaucoup de gens.
Cette dernière était celle utilisée principalement jusqu’ici. Longue d’environ sept (07) kilomètres, à partir de TIGOUNATINE, elle « monte » sur une pente raide et sinueuse pour rejoindre le CW n°156 au point situé à quelques centaines de mètres de la fontaine des singes (Amanchar Averkhane). Cette piste avait été aménagée à la pioche avant la guerre d’ALGERIE, à la sueur des habitants contraints aux travaux forcés.
Tout au long de son périple, il s’arrêta dans chaque village pour « voir » et écouter les doléances des habitants, et se déplaça jusqu'a la stèle des 54 Chouhadas (dont 06 femmes) des quatre villages de TIGROURINE, EL KRAR, AIT BOUSLIMANE, ALMA HLAL, situé au lieu dit « CHRAHVIL » sur une crête, à partir de laquelle, il a également "visité" visuellement les villages d' AGHNI MEZAIENE, AIT BOUSLIMANE, AlMA HLAL, situés en profondeur, en contrebas de la vallée.
Il avait vu que ces derniers villages, les plus extrêmes, se trouvent dans un enclavement encore plus grand. Aussi, il « donna » un regard significatif vers ces montagnes tout autour, en attardant son regard un peu plus vers le mont TIGRINE, qu’on lui montrait, et qui fut un haut lieu hautement symbolique pour avoir abriter le PC de la wilaya 3 de l’ALN durant la guerre d’ALGERIE.
Nous signalons qu'avant de se recueillir devant les Chouhadas de la stèle de CHRAHVIL, il s'était arrêté auparavant au village de TIGOUNATINE pour se recueillir sur la stèle de leurs 63 martyrs (chouhadas), tombés au champs d’honneur sur une population de moins de 400 habitants à l’époque. Pratiquement, chaque famille avait ses martyrs.
C'est de cette manière qu'il s'était pris de sympathie pour la région des AIT FLIK. C' est parce qu' il s'en était pris de sympathie ainsi qu'il accorda très vite l'APC souhaitée qui désenclava toute la région en bien des "points". Les gens d'AIT FLIK, très reconnaissants, gardent un très bon souvenir de Monsieur SIDI SAID, le Wali de TIZI OUZOU en exercice en 1983.
Le premier exécutif communal L'APC d'AKERROU
L’APC nouvellement crée ne bénéficia pas de gros budget, mais a réussi en un temps record à réaliser les projets des équipements de base concernant les routes, les écoles, l'électrification..., et a acquis deux bus pour le ramassage scolaire à partir de tous les villages vers les CEM et lycées situés à YAKOURENE et AZAZGA. L' équipe était très dynamique et inscrivit d'autres projets comme la réalisation d'un CEM au chef lieu de commune... Les exécutifs qui suivirent travaillèrent normalement, réalisèrent d'autres projets d'utilité public jusqu' au jour ou des problèmes surgirent et font qu'actuellement rien ne va plus à l'APC d'AKERROU ...
C’en est bien dommage car on aurait pu facilement inscrire d' autres projets d'utilité publique et créateurs d'emploi pour leur fonctionnement, comme : un lycée, un centre de formation professionnel, un hôpital, une bibliothèque, un stade communal ... et y attirer des investisseurs car la région recèle d’énormes potentialités qui ne demandent qu’à être mises en valeur dans les domaines aussi divers que le tourisme climatique (hôtellerie …), la santé (sanatorium…), le sport (centre de regroupement et entraînement des équipes nationale sur le plateau, se trouvant juste à quelques dizaines de mètres du sommet du mont tamgout (1200 m), qui présente une vue panoramique imprenable de 360° vers la mer au Nord, le massif montagneux de Ivahrizene - Bounaamane à l’Est, l’Akfadou au Sud et à l’Ouest en dominant tout AZAZGA, FREHA, les montagnes du Djurdjura et TIZI OUZOU ..
L’agriculture n’est pas du reste et présente un créneau à développer, comme l’arboriculture et les cultures potagères sur des parcelles qui seront exploitables tout au long des rives de l’oued YOUSSEF (Assif n’Ait Flik) lorsque le Barrage y serait édifié.. (voir plus en détails, ci-après).