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1 - (A) Débarquements et massacres aux villages

Publie 25/08/2007

Les débarquements de soldats Français aux villages d’Ait Flik 

                                                   INTRODUCTION 

AIT-FLIK ou Beni flik comme appelée auparavant, la région de la daira d’AZEFFOUN (ex : Port GUEYDON)  de la wilaya de TIZI OUZOU en grande kabylie réunissait onze (12) villages répartis en deux ensembles sur le versant Sud-Est du mont Tamgout d’une altitude de 1278 m.

105175442BENI FLIK.jpg

y a ceux situés en hauteur, à quelques 650 m d’altitude sur la route d’AZEFFOUN, l’actuel CW n°158.

On peut les dénommer par le Haut AIT FLIK, ce sont:  TIFRIT NATH EL HADJ (siège de la commune AKERROU), située à l’extrême Sud, où, durant la guerre d'indépendance, était basée la Section d’Administration Spéciale (SAS) et une base militaire, dirigée par un capitaine (Jean Broisat), dépendant de l’unité du 1er bataillon de marche du 61è RAA (Régiment de l’Artillerie Aérienne) stationné à PORT GUEYDON. 

tigrourine elkrar.JPGA cinq (05) kilomètres plus loin dans la direction Nord, il y a les villages d’ALMA GUECHTOUM et AZROU, situés de part et d’autre de la route, puis 2 kilomètres encore plus loin au Nord, en contrebas de cette même route du CW n°158, dans la direction Est, au bout d’un chemin en pente d’environ un (01) kilomètre, se trouvent KISSOUN et IHARMOUCHEN. 

Et il y a ceux du bas AIT FLIK, situés parallèlement en contrebas de la route d’ALMA GUECHTOUM (CW n°158) sur la piste aménagée à la pioche qui relie TIGUENATINE, après la fontaine aux singes (sevaa laayoune), à partir du point kilométrique 4 entre TIFRIT  et ALMA GUECHTOUM ; Ce sont les villages suivants :   

TIGUENATINE, à l'époque le plus peuplé de ce second ensemble de village avec environ 400 habitants qui est pratiquement rattaché aux villages de TIGROURINE et EL KRAR. Ils sont situés entre sept (07) et huit (08) kilomètres de TIFRIT. 

La piste carrossable desservant ces villages dans la direction Sud-Nord s’arrêtait à l’entrée de TIGUENATINE à l’endroit dénommé «  Larvaa », là où se trouve actuellement l’Ecole primaire recevant les élèves de ces villages. Ce n’est qu’en 1960 que cette dernière a été prolongée, cette fois-ci au « buldozer » de l’armée Française, jusqu’au village d’ EL KRAR, à la place de « Lemaansra » délimitant ce dernier village, en hauteur, et TIGROURINE en contrebas.     

DSCF0750aghnimezaienreduc.JPGLes autres villages restant, soit AGHNIMEZAIENE, IDJAKDHOUDHENE (le moins peuplé), AIT-BOUSLIMANE et ALMA-HLAL, n’étaient pas desservis par une route carrossable ; ce n’est qu’au début des années 1970 que celle-ci avait été finalement aménagée. Ils sont situés au Nord à sept (07) kilomètres de TIGUENATINE, soit à quatorze (14) kilomètres de TIFRIT. Ils sont installés sur la rive Sud de la rivière Thassift qui rejoint à l’Est, au niveau du territoire d’IGOUJDAL, l’oued Youssef de Sidi Khelifa qui coule, ici, presque au même niveau de la mer dans la direction Sud-Nord vers l’embouchure de la plage de Sidi Khelifa en mer méditerranée.   

LES UNITES MILITAIRES AFFECTEES DANS LA REGION DE PORT GUEYDON – YAKOURENE et AZAZGA 

 Le 1er Groupe de marche du 61ème RAA - Le 1er RCP -  le 6ème HUSSARD de YAKOURENE 

 http://diablenoirs.free.fr/page2.html

Les missions du 1er Groupe de marche du 61e RAA et le  1° R.C.P dans la région de Port Gueydon (AZEFFOUN) de 1955 à 1962. 

Les soldats Français affectés dans la région de PORT GUEYDON dont dépendait Ait Flik (Beni Flik) appartiennent au 1-61e RAA. Ils se dénommaient les Diables noirs.  En Algérie de 1955 à 1962, le 61e RAA, en unité constituée (1er bataillon de marche ou 1er Groupe de marche du 61e RAA) accomplit la plupart de ses missions dans la région de PORT-GUEYDON en Grande Kabylie où ses différentes bases sont: PORT GUEYDON, TIFRIT, Les AGRIBS, IGHIL MAHNI, Ferme TARDIEU, Ferme Berger VACHON, Ferme SPILMAN, TIDMIMINE. 

L'escadron est chargé de la pacification d'un quartier de 400 Km2, situé à l'Est de la « Zone Est Algéroise ». Une dorsale montagneuse le borde au Sud : point culminant TAMGOUT 1278 mètres, a 7 km à vol d’oiseau au Sud de PORT-GUEYDON.  De l'Est à l'Ouest, le terrain est profondément cloisonne par des oueds coulant sensiblement Sud-Nord, presque au niveau de la mer. Leurs nombreux affluents découpent et ravinent de multiples mouvements de terrain qui constituent autant d'obstacles a une progression rapide. Enfin, au Nord, s'étend la face maritime du quartier avec, à l'Ouest de PORT-GUEYDON une mince bande littorale de terres cultivables. Deux voies de pénétration : la RD 1 sud-nord dominée sur tout son parcours et la RN 24 longeant le littoral.  

Le quadrillage, dans l'essentiel, est constitué par les quatre postes des batteries (A B C D ) chaque sous-quartier a donc une superficie de 100 Km2 à contrôler. Le terrain est couvert de lentisques et de bruyères; le franchissement de chaque mouvement oblige a gravir un important dénivelé, principalement dans les compartiments un, deux et trois où le déploiement des unités est très malaisé.  Les batteries sortent de jour et de nuit mais ne peuvent étant donnés les moyens assurer une action de présence soutenue et simultanée dans les différents villages dont elles ont la charge.  

Ces villages sont au nombre de 92, quasiment tous positionnés sur des pitons et où de jour comme de nuit il est pratiquement impossible d'y accéder sans avoir été signalé. Selon les journaux de marche établis par l'autorité militaire, de fin 1955 à mai 1962, période de son séjour en Algérie, le 1er Groupe de marche du 61°e RAA (1/61e RAA) est classé unité combattante:   du 10 décembre 1955 au  8 janvier 1956

du 29 février 1956  au  1 avril 1956
du 1 juin 1956  au  17 août 1958
du 6 septembre 1958  au  2 octobre 1961
du 13 octobre 1961  au  3 janvier 1962
du 6 mars 1962  au  12 avril 1962    

Le 1er RCP en kabylie 

Tiré du site web: http://www.hemaridron.com/twodescphotos76.html , un site édité fièrement par les Paras Français pour évoquer leurs souvenirs de la guerre d’ALGERIE, ici dans les montagnes de kabylie. OPERATION JUMELLES, le 1° R.C.P. En Kabylie, Avec NOIR IV  EVOCATION de la GUERRE d' ALGERIE. Le 1° R.C.P. dans le cadre des OPERATIONS JUMELLES. Les grandes opérations auxquelles a participé le Régiment essentiellement dans l' application du PLAN CHALLE.  

« Ce paysage (de Kabylie) aux reliefs fortement marqués ou alternent le maquis méditerranéen et les zones boisées permet de comprendre la quasi impossibilité pour les TROUPES de SECTEUR d' assumer à la fois leurs missions de quadrillage et de détruire les bandes armées. En effet comment défendre leurs postes, pacifier les villages, sécuriser les voies de communication, rechercher le renseignement  et détruire la rébellion? Les Commandos de Chasse et les HARKAS pouvaient traquer et marquer un ennemi, souvent supérieur en nombre et  mieux armé, lui rendre la vie difficile, rarement le détruire… C'est dans ce contexte qu'entre en scène le 1° R.C.P… Régiment d' intervention ou de réserve générale . »  

Et voici, comment ils mirent à exécution leurs stratégie de pacification des villages de kabylie et d’anéantissement d’un ennemi, sois disant, supérieur en nombre et mieux armé…

DSC00411.JPGAux villages de Beni Flik dans la commune mixte de Port Gueydon (AZEFFOUN) cet ennemi supérieur en nombre et mieux armé fut … 

A la fin du compte macabre il y eut au total environ 15% de la population décimée sur un ensemble de moins de 2000 habitants pour les onze villages réunis. Certains villages ont en eu beaucoup moins de martyrs que d’autres, bien entendu. 

Quelques uns sont tombés au maquis dans l’honneur les armes à la main ; on en dira pour ces derniers qu’ils ont été des victimes de la guerre, cependant beaucoup de civils sans défense, comptant parmi eux des vieux, des femmes, des enfants et même des malades mentaux… ont été exécutés froidement et lâchement par les soldats de l’armée Française, composée également de nombreux Harkis revanchards, sans aucune raison apparente sinon celle de faire partie de ceux qu’ils considéraient comme des indigènes bons seulement à l’esclavage où à l’extermination. 

Martyrs (chouhadas) des villages de Tigrourine, El Krar (Lekrar), Ait Bouslimane, Alma Hlal  

 

AZDAOU Akli Ben Amar, AZDAOU Ferroudja, BOUZRINA mohamed, BOUZRINA Arezki (dit H’didouche), BEDAD Ahmed,  BOUHZAM Fatima, BOUTLIBA Ali, BOUZEGZA Ahmed Ben Arezki, BOUZID Tassadit, DJEDOU Abdelkader, MACHTOUH Akli, MACHTOUH Said, MEGHENEZ Ahmed, MEGHENEZ Amar, MEGHENEZ Mohamed, MEGHENEZ Said Ben Amar, OUZENE Ali, RADJA Hamid, RADJA Amar, CHAOU M’hand, SLIMANE Mohamed, SLIMANE Mouloud, SLIMANE Zineb Ben Said, TACINE Boudjemaa, TACINE Meziane, TAILEB Mohamed, TOUILEB Akli Ben Saadi, TOUILEB Mohamed, ZAID Said, ZELLAL Mohamed Ben Said, ZELLAL Tassadit, ZENDJEBIL Ahmed Ben Mohamed, ZOURGUI Ahmed, Si ABDELMALEK, MEGHNEZ Ferroudja, MEGHNEZ Mohamed, OURAGUI Boudjemaa, OURAD Ahmed, OURAD Mohamed, OURAGUI Youcef, OUZENE Said Ben Mohamed, RABHI Ali, RABHI Mohamed,RABHI Mohamed, RAHALI Ali, RAHALI Mohamed, RAHALI Mouloud, REDJAL Boudjemaa, RENOU Ahmed, SAHNOUN Boudjemaa, SEDAOUI Arezki Ben Mohamed, SEDOUD Belkacem, SELMANE Mohamed, SLIMANE Mohamed Ben

Ainsi les massacres qui y furent perpétués à AIT FLIK lors de ces différentes opérations militaires (voir en haut le programme des opérations du1/61e RAA) dont celle de la sinistre opération Jumelles ne peuvent être « versés » sur le seul compte de la guerre. Les nombreuses exécutions sommaires de civils … et le carnage de trois femmes, un bébé et un jeune adolescent à la roquette et à l’automitrailleuse à partir d'un avion de chasse… relèvent tout simplement de crimes contre l'humanité commis au nom de la France. 

Le RECIT Des EXECUTIONS aux VILLAGES d’AIT FLIK 

Le récit qui va suivre concerne en fait l’énumération du triste bilan du seul village de TIGROURINE… à titre comparatif, le village voisin de TIGUENATINE (TIGOUNATINE actuellement), auquel il est accolé au point de former presque un même village, présente un bilan autrement plus important (63 martyrs).

La liste des 63 martyrs du village de Tiguenatine (Tigonatine) comprenant Ourida Meddad (martyr de la bataille d’Alger à la Casbah).

BELAIDENE   Said  -  DJOUDI Si Said  - HADDAD  Mohamed -  HADDAD  Boudjemaa - IBAZATENE  Amar –    BAZATENE  Mohamed - IBAZATENE  M’hand - IBAZATENE  Ahmed - MAZID  Mohamed - MAZID  Amar –  MECHICHE  Mohamed - MESLEM  Mohamed - MESLEM  Ahmed - MECHROUK  Ahmed - MECHROUK  Said - MEZOUANI  Mohamed - MEZOUANI  Amar - MELLAL  Si Ahmed Bachir - MELLAL  Si Said - MELLAL  Si Tahar - MELLAL  Si Hocine - MELLAL  Si Seddik - MELLAL  Si Ahmed - MELLAL  Si Idir - MELLAL  Si Mohamed Said MAHDI  Fatima - MENDJOUR  Si Hamed - MATOUB  Amar - MOKDAD  Arezki - MOKDAD  Boudjemaa - MEROUANI  Amar - MEDRAR   Tahar - MEDRAR  Amar - MEDRAR   Akli - MEDRAR  Arezki - MEDRAR  Said - MEDDAD  Ouardia - MEKRI  Mohamed - NAILI  Ahmed - NAILI  Said - NAILI  Mohamed - NABETTE   Mohamed - NOURI  Mohamed - NADJAOUI  Ali - NADIL  Ahmed - NADIL  Mohamed - NADIL  Boudjemaa - NACHEF  Mohamed Ben Said - NACHEF  Mohamed Oumeziane - NACHEF  Arezki - NACHEF  Said – NACHEF  Mohamed - NACHEF  Tahar - NACHEF  Meziane - NACHEF  Boudjemaa - NEGAB  Mohamed Ben Mohamed – NEGAB  Boudjemaa - NEGAB Arezki - NEGAB  Mohamed - NECHAR  Mohamed - OUADJER  Amar - OUADJER  Mohamed - TIGNATINE Ali

Dans ce récit incomplet, on n'en parlera pas des nombreux faits d'armes de nos glorieux Moudjahiddines locaux dont beaucoup tombèrent glorieusement au champs d'honneur en participant à des batailles à travers l'ensemble du territoire national…voir même à la fameuse ligne Morrice à la frontière ALGERO - TUNISIENNE, ce sera peut être fait à l’occasion d’un autre récit.

000007.JPGIci on parlera essentiellement des Martyrs ou Chouhadas (tes) civils ou jeunes maquisards exécutés et enterrés au village de TIGROURINE de façon à faire connaître leur histoire et perpétuer leur souvenir en particulier auprès des jeunes. 

Une stèle - mémorial commune aux quatre villages de TIGROURINE, EL KRAR, AIT BOUSLIMANE et ALMA HLAL a été érigée en hommage à leurs martyrs sur le plateau du piton de CHRAHVIL, un lieu hautement symbolique visible à des dizaines de kilomètres à la ronde, à partir de : 

TIDMIMINE, la vallée de Sidi Yahia et la Plage de Sidi Khelifa au Nord - des massifs montagneux de Tamgout à l’Ouest – des montagnes de l’ AKFADOU au Sud et de IVAHRIZENE, BOUNAAMANE et TIGRINE à l’Est . TIGRINE, ce lieu prestigieux pour les Moudjahiddines de l’ALN qui y avait établi le quartier général (PC) de la wilaya 3 relative à la Kabylie commandé par le légendaire colonel AMIROUCHE. Il y eut au total six zones de combats (wilaya 1 à wilaya 6) pour couvrir l’ensemble du territoire national. 

Le piton de CHRAHVIL était également le lieu stratégique utilisé par l’armée Française pour y déverser ses soldats par hélicoptères bananes lors des fréquentes opérations de débarquement dans les villages de BENI FLIK. Les quatre plaques commémoratives de la stèle comportent au total le nombre de 54 martyrs dont 07 femmes. Les autres villages, TIGUENATINE aux 63 martyrs et AGHNI MEZAIENE-ICHAKDHOUDHENE (.) ont préféré avoir leurs propres stèles tout près de chez eux… 

La Commémoration officielle du 1er novembre 1954  devant la stèle de Chrahvil en hommage aux chouhadas d’AIT FLIK  

000015.JPGA la veille de chaque 1er Novembre, date anniversaire du déclenchement de la guerre d’ ALGERIE en 1954, on y organise une veillée d’armes en hommage à tous les martyrs tombés glorieusement aux champs d’honneur. Tout autour du mémorial, dans la placette et à l’intérieur de la bâtisse de CHRAHVIL, on s’y retrouve en grand nombre dès la fin de la dernière prière du jour (El Icha ).

Ce lieu, était déjà un sanctuaire depuis la nuit des temps, « hanté» par un Saint, craint et en même temps vénéré de tous les habitants d’AIT FLIK.

On y allume des bougies, on prépare du café sur du feu de bois, on boit du lait de chèvre et on déguste des figues, des dates et des galettes à la manière des Maquisards d’autrefois. Puis à minuit pile, on se rassemble devant la stèle pour entonner dans un garde à vous exemplaire l’hymne national Algérien accompagné de salves de tirs de fusils de chasse par des anciens moudjahiddines encore en vie. Quelques uns de ces derniers n’arrivent pas à retenir leurs larmes en se remémorant inévitablement des scènes vécues en commun avec leurs compagnons d’armes qui reposent tranquillement au paradis ( In-challah ! ) où ils espèrent les rejoindre inévitablement un jour. 

De tous les villages alentours, dès la première salve de tirs, des youyous stridents fusent spontanément de toutes les maisons et déchirent le silence de la nuit. A AIT FLIK personne parmi les anciens n’a oublié et les jeunes en sont informés à chaque occasion de génération en génération pour entretenir la tradition de rendre hommage à tous ceux ou celles ( pères, mères, frères, sœurs…), glorieux (ses) Chouhadas (tes) qui s’étaient sacrifié(e)s pour qu’ eux même vivent aujourd’hui libres et dans la dignité. En cette occasion les vieux ne ratent jamais l’occasion d’inculquer à tous les jeunes, l’amour de leur chère pays l’ ALGERIE, de son drapeau et le respect de ses Institutions étatiques. 

Chaque village a son histoire particulière et ses glorieux martyrs dont pour certains les noms ont été donnés à titre reconnaissance à des rues ou placettes à ALGER, comme par exemple : 

200779134044.jpgOurida MEDAD, originaire du village de TIGUENATINE, activant et exécutée à ALGER, dont le nom a été attribué à un boulevard et une école à Soustara, son nom figure sur la stèle du village de TIGUENATINE parmi les 63 autres chouhadas ; 

« Elle s'est défenestrée, elle s'est jetée par la fenêtre, elle s'est suicidée …” Le parachutiste qui criait cette consigne en dévalant les sombres escaliers de l'école SARROUY dans le quartier de SOUSTARA-CASBAH, exécutait magistralement l'ordre de son lieutenant, Maurice SCHMITT alias “l'Intellectuel”, qui deviendra général et chef d'état-major des armées françaises pour services rendus aux politiques en bafouant et la Déclaration des droits de l'homme et la Convention de Genève. Un tortionnaire. » 

Ourida MEDDAD, défenestrée par les paras tortionnaires à l’école SARROUY le jeudi 29 août 1957 à 23 h 00 à l’âge de seize (16) ans, elle fut fille unique d’une famille dont le père est originaire de TIGUENATINE, le village aux 63 martyrs (20% de sa population de l’époque), du AARCH des AIT FLIK dans la commune d’ AKERROU de la daira d’ AZEFFOUN ( ex. PORT GUEYDON) de la wilaya de TIZI OUZOU – ALGERIE.  

TOUMI Idir du village d’AGHNI-MEZAIENE dont le nom a été attribué à une rue de BEN AKNOUN  face au lycée El Mokrani, ALGER. Il résidait, activait et mourut dans l’Algérois  Arezki

BOUZRINA dit « H’didouche » du village d’ALMA HLAL dont le nom fut attribué à la rue qui commence du marché couverte AMAR Ali (ex : De la Lyre) et aboutit àla Mosquée KETCHAOUA dans la basse Casbah. Il résidait et activait à ALGER jusqu’à sa mort sous la torture à la Citadelle d’ALGER où il fut gardé prisonnier. Son nom est également inscrit sur cette stèle au milieu de ses ancêtres. « Hdidouche » était un sportif très actif parmi l’équipe dirigeante du club sportif de la JSMA, la Jeunesse Sportive Musulmane d’ALGER, dont il faisait partie. Le cercle de la JSMA se trouvait à Bab El Oued juste en face du cinéma le MARIGNAN. 

Et puis il y a le Hameau de NATHOUAISSA qui fait partie de la tribu ( Arch ) des IVAHRIYEN et au destin très confondu géographiquement et historiquement avec les AIT FLIK. 

NATH OU AISSA ou AIT AISSA, le Hameau bombardé durant la guerre d'Algérie.

 Il est situé à cheval presque à la même distance ( 17-15 kms) entre les APC (Mairies) d' AZEFFOUN dont il dépend et d’ AKERROU. Il était peu peuplé, habité jadis par seulement trois grandes familles et se situait en pleine forêt sur un relief accidenté et très fortement boisé sur le chemin escarpé d’un peu plus de trois kilomètres qui monte vers TIDMIMINE. 

TIDMIMINE, un village stratégiquement perché sur un piton dont l'armée Française ( campement militaire des diables noirs de Port Gueydon) en avait construit un campement militaire avec une vue imprenable de 360° sur la mer au nord et les massifs montagneux de toute la région. NATH OU AISSA offrait l'avantage d'accès et sortie en toute discrétion et sécurité, le long des rivières qui le traversent latéralement de part et d’autre à partir des villages situés en hauteur sur le flanc Est de la montagne de Tamgout ( KELAA, KISSOUN, TIDMIMINE ..) et qui se rejoignent, au plus bas a AGHNI MEZAIENE pour former THASSIFTH (petit oued) qui va alimenter à son tour l'oued YOUSSEF de Sidi Khelifa après avoir été gonflé par toutes les rivières ruisselant sur les flancs des vallées de SIDI YAHIA et AIT BOUSLIMANE… 

A partir du hameau de AIT AISSA, caché des regards indiscrets par la forêt, on pouvait surveiller sur une grande zone en demi cercle, tous les mouvements des personnes civiles ou militaires. L'ALN a, à juste titre, transformé ce lieu, déserté depuis longtemps par ses habitants, en hôpital militaire accueillant les blessés de la région de PORT GUEYDON. Il s'agit en réalité d'une grotte totalement camouflée par la végétation qui est située juste en dessous de la maison des parents du Chahid de la bataille d'ALGER : BASTA Ali. 

Le chahid BASTA Ali  

Celui-ci, résidait et activait à ALGER jusqu’à sa mort sous la torture à la prison de SERKADJI (ex: BARBEROUSSE) mais son corps n’a jamais été remis à sa famille de crainte que celle-ci en découvre les horribles traces de torture. Une placette publique (ex: Provence) et une rue portent son nom au quartier des 3 horloges à BAB EL OUED.

L'hôpital fonctionna ainsi discrètement jusqu'au jour fatidique ou l'armée française l'avait soumis à un bombardement intensif au mortier à partir de la caserne située à DJEMAA d’ IAZOUZENE à quelques 5 kms à vol d’oiseau en altitude sur un piton rocheux au flanc de la montagne Djebbana Bou Debouze (mont Afroun). Les Moudjahiddines avaient heureusement le temps de se retirer dans les grottes et casemates situées aux alentours du hameau et se mettre à l'abri du bombardement qui a quand même détruit complètement les habitations.

Par ailleurs, deux autres rues existent a Alger aux quartier de l'Agha et BEN AKNOUN, attribués au nom des frères et cousins AISSIOU, du même Hameau, tombés au champs d'honneur à l'intérieur du vaste territoire Algérien… 

L’APPARITION DELA GUERRE AU VILLAGE DE TIGROURINE  

Il y avait la guerre, c’était évident avec les départs au maquis de nos concitoyens, dès la première année de la déclaration de la guerre en 1954 ; il y avait régulièrement des réunions au village de « gens » venus de l’extérieur pour parler de la guerre, ouvertement, au su et au vu de tout le monde.

On en recrutait ainsi beaucoup de nos villageois. On savait, tous au village, que cette dernière est bien réelle ; n’est ce pas que le village proche d’AZAZGA avait connu son premier acte de guerre, dès le premier novembre 1954, au premier jour de son déclenchement ; on en entendait même de mauvaise nouvelles sur les ravages de la guerre un peu partout à travers l’ALGERIE toute entière ; on s’attendait au pire, cependant en ces premiers années de la guerre, celle-ci semblait épargner encore notre village où tout semblait normal avec les habitants qui vaquaient normalement à leurs occupations dans les travaux pénibles aux champs et les élevages d'animaux domestiques.

Les jeunes du villages s’aventuraient sans crainte, très loin du village, souvent jusqu’ à Assif, l’oued Youssef, pour y pêcher ou se baigner en toute tranquillité bien qu’étant en pleine zone de maquis. 

Le massacre des chiens du village. 

 DSC00475.JPG C’est dans ce même assif où, auparavant, les villageois furent noyer leurs chiens sous les ordres données par l’ ALN (Armée de Libération Nationale).

Dès le début de la guerre les Moudjahiddines étaient obligés de prendre une telle difficile décision  parce que les chiens signalaient par leurs aboiements leur arrivée de nuit aux villages. Les nombreux chiens, qui étaient auparavant élevés par la population, furent ainsi tous, non sans mal, massacrés par leurs propriétaire.

Ce jour de grand massacre de chiens attrista tout le monde. Les enfants en pleurèrent et ne comprenaient pas totalement cette dure décision. Même quelques uns des hommes, chasseurs de métiers, très attachés à leurs chiens et profondément attristés ne purent s’empêcher de grimacer de désolation en se voyant obligés de les jeter dans l’oued, essentiellement à « Thamda guethvirene » (le bassin aux pigeons », le plus profond des bassins d’eau), après leur avoir passés une corde au cou et attachés une grosse pierre.

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, partagés entre les obligations de la guerre et leur amour pour leurs chiens, les visages de ces hommes de retour aux villages après leur mission étrange mais néanmoins importante trahissaient pour tous un sentiment d’immense chagrin…   C’était comme ça que la réalité de la guerre a fait son apparition au village de TIGROURINE…mais le plus dur était à venir.  

  L’ exécution d’Ahmed BEDAD 

chakhchoukh1.JPGPar une journée d’été, de forte chaleur, un groupe de six jeunes de TIGROURINE, s’étaient rendu à « Assif », l’oued YOUSSEF, pour se baigner au bassin de « Chakhchouch », situé à trois kilomètres à l’Est du village et à quelques trois cent mètres sous le village d’ EL DJEMAA, perché sur les hauteurs de la vallée d’IAZOUZENE.

De la caserne, on ne pouvait pas voir le lit de l’oued, mais les soldats avaient suivi du regard et à la jumelle le mouvement de ces jeunes qui dévalaient le chemin accidenté en forte pente et à découvert sur le fond de la vallée d’AIT FLIK, situé sur le versant Est de Tamgout, où des habitants, composés d’hommes, de femmes et d’enfants, s’occupaient de la cueillettes de figues dans les nombreuses figueraies y existantes. 

Ils descendaient tranquillement avec insouciance vers l’oued (assif), se situant au bas de la vallée, sachant que les soldats qui les regardaient comme d’habitude, savent qu’ils allaient tout simplement, soit cueillir des figues ou se baigner et que vus leurs jeunes âges il n’y avait aucun souci à s’en faire.

Ils passèrent une heure environ à se baigner et bronzer quand des soldats, au nombre d’une dizaine fortement armés, dévalèrent furtivement la vallée d’ IAZOUZENE, sous le village de TAFERAOUT, en se faufilant derrière les arbres (à l’époque vallée boisée), pour surgir au bord du long bassin de « Chakhchouch » et encercler les jeunes baigneurs dont leur surprise fut totale.

Ils eurent la peur de leur vie de découvrir ainsi pour la première fois face à eux des hommes armés et menaçants. Ils sortirent furtivement de l’eau, en se dirigeant vers les soldats qui pointaient leurs armes dans leur direction. 

Ahmed (Hand), leur ami, qui  à cet instant se trouvait dans le champs surplombant l’oued dans une figueraie appartenant à sa famille, a été surpris d’entendre des cris et voix inconnus parvenant de là où se trouvaient ses amis.

Il retourna sur ses pas quand, au détour d’un sentier, il fut surpris de voir des hommes armés, en tenue militaire, entourant ses amis. Il tenta prudemment de retourner en arrière quand il fut aperçu par un soldat qui n’hésita pas à le viser et lui tirer dessus sans sommation. 

Ainsi a été abattu à bout pourtant un jeune villageois de TIGROURINE, qui un jour d’été de grande chaleur, décida d’aller se baigner à l’oued Youssef de Sidi Khelifa, situé à l’Est, à deux kilomètres en contrebas du village et à environ huit kilomètres au Sud de l’embouchure de la plage de Sidi Khelifa. Les amis de « Hand » profondément choqués, ont été fait prisonniers, ligotés et emmenés à la caserne d’EL DJEMAA où ils furent gardés prisonniers durant quelques jours et soumis à un interrogatoire avant d’être relâchés, affaiblis et terrorisés.

Parmi ce groupe, il y avait AKLI et  Said BEDAD dit « Oumassin » qui connaîtront des mésaventures plus tard face à ces soldats.

Le premier débarquement sanglant de soldats aux villages de Beni flik en novembre 1958

Depuis l'année 1955, il y eut régulièrement des débarquements aux villages de paras durant lesquels rien de grave ne s'était passé et puis vint le jour fatidique où des soldats Français, pour la première fois à leur tête des Harkis, zélés et aveuglés par la haine, débarquèrent au village de TIGROURINE, par surprise, aux premières lueurs du jour. Ils étaient tous menaçants et animés d’intentions de faire du mal comme le dévoilait ouvertement l’expression maléfique de leurs visages et leur langage violent et vulgaire.

Les villageois ont eu peur et priaient silencieusement en implorant Dieu de leur épargner les malheurs. Sans ménagement et sans s’attarder, les soldats rassemblèrent la population à Djemaa Oufella (les hommes dehors dans la cour et les femmes et les enfants à l’intérieur de la bâtisse), non pas pour le discours de s’annoncer, mais pour torturer sans distinction entre les femmes et les hommes, saccager les provisions, piller, décimer le bétail, exécuter et… 

Rassemblement de la population… et tortures, humiliations et exécutions… 

Djamaa Oufella, une bâtisse d’environ cinq mètres sur quatre, qui sert de lieu de rencontre des villageois, contint à l’extrême étroitesse toutes les femmes et les enfants du village, et dehors, sur le bord surélevé en plateforme sur le pourtour de la cour, étaient assis les hommes;  en réalité il n’y avait en majorité que des adolescents, des handicapés mentaux ou des vieux car les hommes valides du village se trouvaient en exil, au maquis ou en prison. Avant la guerre, le village de TIGROURINE devait avoir environ une population de 200 habitants environ. 

Puis par petits groupes de deux à trois soldats, emmenés et guidé toujours par un harki malintentionné, ils se relayaient pour choisir ceux et celles les femmes sélectionnées pour interrogatoire et torture … certaines on les arrachait difficilement et sans scrupules des mains de leur enfant en pleur et collés à leurs basques… des scènes cauchemardesques inoubliables pour tous. 

J’étais témoin à Djamaa « Oufela »   

Je ne oublierai jamais ce qui se passa ce jour comme horreur  car, enfant de cinq ans, conscient, j’en étais un témoin direct, assis tremblotent et en pleur au milieu des femmes à l’intérieur de Djamaa « Oufela ». Je n’oublierai jamais cette scène des regards menaçants de ces lâches Harkis qui venaient à tour de rôle se tenir à la porte de cette salle bondée de femmes et d’enfants…  Les hommes, eux, étaient emmenés à environ 100 mètres  plus loin dans la direction Sud vers la maison « Oukaci », située à la sortie Sud du village, où ils seront atrocement torturés et pour certains gardés prisonniers jusqu’au départ des soldats. L'une de leur torture préférée est de suspendre le malheureux par les pieds à la poutre de la maison et le bastonner… ils les laissèrent ainsi toute une nuit.  

Dans tous les villages, ce fut la même horreur en ce mois de novembre 1958  

Ce jour de novembre, ce qu’avait connu comme horreur le village de TIGROURINE fut partagé similairement par tous les autres villages. C’était comme convenu selon le plan arrêté d’avance par les soldats en venant occuper quelques temps ces villages. Ils étaient venus nombreux et s’éparpillèrent par groupes à travers tous les villages du « bas » AIT FLIK. A AIT BOUSLIMANE, EL MAHLAL, AGHNI MEZAIENE, EL KRAR, TIGUENATINE … ce fut aussi le rassemblement des populations pour tortures, humiliations, exécutions, saccage des aliments, pillage, décimation du cheptel … 

Et au retrait des soldats, des corps d’innocents civils, de femmes, d’enfants, d’adolescents, de malades mentaux… jonchaient les alentours de chaque village au milieu de cadavres d’animaux domestiques ; ces soldats formés tous à la même « école » des horreurs ne s’embarrassaient pas d’emmener avec eux des prisonniers.     

Akli AZDAOU, l’enfant otage des soldats  

Certains parmi ces jeunes Harkis devaient certainement reconnaître AKLI, le fils de « Da » Hand, pour avoir partagé avec lui et d’autres jeunes des villages alentours, quelques mois auparavant avant leur ralliement à l’armée Française, le plaisir de la baignade et de la pêche aux poissons et anguilles à « Assif » du côté de « Tamda n’Chekhchoukh », un bassin d’eau de l’oued Yousssef, situé juste à quelques trois cent mètres sous les villages d’IAZOUZEN, collés sur le versant Ouest de la montagne de DJEBANA BOU DEBOUZ, et à trois kilomètres à l’Est de TIGROURINE, où, en jeunes bergers qu’ils étaient tous, ils s’y retrouvaient pour faire paître leurs troupeaux.

medium_paras_aux_champs.2.jpgIls étaient convaincus de son innocence, vu son jeune âge d’à peine 16 ans mais, dépourvus de tout sentiment humain et transformés en véritables bêtes féroces, ils le prirent quand même comme otage parce qu’il avait tout simplement paniqué et montré des signes évidents de perte de son sang froid à la vue de ceux qu’on torturait et exécutait devant lui dans la maison « Oukaci ».

Ils crurent trouver en lui, celui qui les conduirait à la découverte de fellagas et de leurs caches d’armes et provisions qu’ils savent exister, déjà, en nombre aux alentours du village (Celles-ci,commençaient à être aménagées dès la première année de la guerre). Ils le torturèrent et terrorisèrent longtemps avant qu’il ne se décide enfin à le faire traîner d’un lieu à l’autre à travers les champs de tout le territoire de TIGROURINE. 

  L’Exil à PARIS de « Da » Hand le père d’Akli  

 Le père d’AKLI : « ammi » (oncle) HAND aimait passionnément TIGROURINE où il se sentait à l’aise et bien dans son élément naturel malgré les difficultés à y vivre. Son village représentait son monde à lui et ce n’est qu’à contre cœur, forcé par le destin, qu’il décida enfin à imiter les autres et tenter à son tour l’aventure de l’exil vers a France en quête d’un emploi stable et rémunérateur. Il partit non sans grande appréhension en versant quelques larmes de regret.

Par ironie du sort, son compagnon de route : « Da Hand » ACHKOUF, de nature taciturne, est certes plus jeune que lui, mais également non habitué à s’aventurer hors des limites du village même pas pour se rendre au souk hebdomadaire d’AZAZGA comme le faisaient régulièrement ses concitoyens. Cela n’arrangeait vraiment pas les choses pour leur aventure vers l’inconnu mais heureusement que des dispositions ont été prises auparavant par leurs compatriotes pour qu’on les prenne en charge depuis leur départ du village, en passant par l'aéroport d'ALGER, jusqu'à leur arrivée à l’aéroport de PARIS.

Effectivement une fois sur place, on ne les lâcha plus d’une semelle. On les hébergea et on leur trouva du travail au milieu de gens du bled…on les accompagnait dans tous leurs déplacements même pour se rendre,  en faisant juste quelques pas, au café tenu et fréquenté par des compatriotes.  A PARIS, ses compatriotes, vivant en une communauté soudée, faisaient tout ce qui était possible pour qu’il ne sente pas dépaysé et envahi par la nostalgie.

Malheureusement « ammi » HAND, le père d’ AKLI, contrairement à ses concitoyens qui émigraient dès l’âge précoce de 14 ans (parfois avant), lui, l’a fait à un âge assez avancé avec la quarantaine entamée et en laissant derrière lui une famille nombreuse composée d’enfants en bas âges.

Malgré toutes les bonnes intentions et les égards dont l’entourèrent ses amis et ses proches à PARIS, il ne cessait de penser et de parler continuellement de son village, de sa famille et de tout ce qui les lui rappelait.  La nostalgie était trop forte. Cette terre qui lui paraissait autrefois ingrate devenait maintenant dans son exil comme la meilleure et la plus fertile qui puisse exister. Il a tant envie d’en prendre dans sa main une poignée pour la toucher et sentir son odeur.

Dans son imagination tout devient fabuleux : ces champs où il faisait paître ses chèvres, ces sources d’eau où il se désaltérait, ces figueraies, ces oliveraies, ces placettes du village, El Djemaa Badaa ou El Djemaa Oufella où il se réunissait chaque soir avec ses amis pour discuter, ses concitoyens, sa famille… tout lui manquait terriblement.

Il aurait tant souhaité être berger à « Mamoune » (son pré préféré) surveillant ses chèvres, assis en solitaire sous un arbre ou derrière un buisson, à l’abri du soleil brûlant d’ALGERIE, que n’importe quel autre métier, le plus facile et rémunérateur qu’on puisse lui proposer ici, en cette année 1954, au quartier de Levallois Perret à PARIS où il vit au milieu de ses compatriotes de tout AIT FLIK.

« Ammi HAND » rongé par la nostalgie ne cachait plus son désir de retour, il l’évoquait sans cesse. On essayait tous de le convaincre de revenir à de meilleurs sentiments mais en vain, c’était plus fort que lui et il était arrivé à « l’insupportable ». Il retournera bientôt au bled. Justement la guerre de libération nationale de son pays bien aimé l’ALGERIE venait d’être déclarée et au lieu de l’éviter comme l’aurait fait certains, lui il la trouva au contraire comme un bon prétexte pour repartir définitivement et sans tarder afin, disait-il, protéger sa famille, ses enfants qui auront sûrement besoin de sa présence. 

Le destin a voulu que Da HAND son compagnon de route de l’aller serait également du voyage du retour, lui aussi avait connu la même situation psychologique. Et ce n’est que le plus logiquement qu’ils rentrèrent ensemble au bled après moins de six (6) mois passés en FRANCE. Ils reprirent très vite leurs anciennes habitudes d’infatigables travailleurs et de gardiens de troupeaux aux champs car la guerre en cette fin de l’année 1954 était encore loin du village. 

  Le désarroi d’Akli  

Akli cherchait et feignit d’avoir oublier les casemates et leurs disait qu’il s’en rappellerait plus tard lorsqu’il aura retrouver tous ses moyens psychiques. Il perdit du temps et pensait naïvement que par lassitude et dépit, vu son jeune âge, ils finiront par le relâcher. Ils le gardèrent toute la nuit comme prisonnier car pour eux ce n’était que partie remise et la prochaine serait la bonne et que de toute façon il ne s’en sortirait plus vivant. 

La crainte de « Da » Hand le père d’Akli 

Son père « ammi » HAND avait compris la mauvaise posture de son fils Akli, il en tremblait. Il s’approcha des responsables militaires en hésitant et par interprète interposé (son compatriote le jeune Omar), âgé tout juste de dix sept ans, il leur expliqua, arguant l’âge précoce de son fils et son état second, et les suppléa afin qu’on le relâche. Mal lui en prit car sans s’en rendre compte il venait de leur donner indirectement une idée de terroriser d’avantage son fils afin de l’amener à leur montrer enfin ce qu’ils cherchaient. Ils prirent le père, le maltraitèrent et le torturèrent devant son fils en plein désarroi. Les atrocités furent insupportables. Quand ils le relâchèrent, il ne pouvait même plus se remettre debout, il a fallu qu’on fasse appel à quelques uns de ses compatriotes pour le soutenir et l’emmener chez lui mais non sans l’avoir menacer de mort au cas il tenterait une nouvelle fois de les approcher pour tenter de sauver quelqu’un d’autre en leurs mains. Le malheureux en gardera les séquelles durant toute sa vie. Il avait bien compris cet avertissement et sait maintenant que son fils était bel et bien condamné à une mort certaine. 

medium_paras_dans_village_aures.2.jpgLe lendemain, affaibli, « ammi » HAND sortit devant la porte de sa maison, située à l’extrémité du village (la dernière) et regardait tristement le groupe de soldats qui emmenaient son fils, ligoté, vers les champs se trouvant encore plus bas. Ils passèrent juste à quelques mètres de lui. AKLI et son père croisèrent leurs regards tristes et se dirent « intérieurement » un dernier Adieu (Da Hand avait empêché sa malheureuse femme et ses autres enfants de regarder, il craignait une mauvaise réaction de leurs parts qui leur serait fatale, il se souvenait encore des sérieuses menaces..). 

L’exécution d’Akli le 28 novembre 1958 

A la première tentative infructueuse de leur trouver cette casemate, les soldats Français et les harkis comprirent qu’ AKLI ne savait pas ou n’en révèlerait jamais rien et qu’il les faisait tourner en rond depuis le début. Du village, on entendit une rafale et tout le monde sut qu’on venait de l’exécuter froidement. 

« Ammi » HAND qui était revenu de France avec l’idée de protéger ses enfants et sa famille, croyant avoir à faire à une nation civilisée avec laquelle on ne risquait pas l’injustice, il en avait vu une société Française presque parfaite à PARIS lors de son bref séjour en tant qu’émigré, ne fut finalement d’aucun secours pour son fils qui a été exécuté impitoyablement par des soldats de la colonisation Française finalement bien formés à la barbarie. 

sdc12186.jpgNovembre 1958, le grand massacre à TIGUENATINE et … 

 

Ce jour de novembre 1958, un jour noir pour toute la région de BENI FLIK, ce fut la même horreur dans tous les villages “visités” par ce groupe de l’armée Française, composé de nombreux Harkis qui, dans leur retrait après deux jours passés au village à exécuter, torturer, saccager les aliments, prendre les objets de valeur, décimer le bétail…commencèrent les exécutions à grande échelle : deux à TIGROURINE, deux à EL KRAR, 18 à TIGUENATINE …à AIT BOUSLIMANE, ALMAHLAL, AGHNI MEZAIENE … 

 

On atteignit comme ça, sans raison, le summum de l’horreur au village de TIGUENATINE, le dernier village situé sur leur chemin du retour, où, à leur retrait, ces soldats, pris soudainement d’une crise de folie collective, furent les auteurs d’un incroyable massacre au sein de la population. Ils laissèrent un peu partout à travs et les champs alentours au village, dix huit corps de civils, la plus part de très jeunes enfants … 

Le bilan aurait été plus lourd si les autres habitants de TIGUENATINE, surtout les jeunes, ne prirent pas la fuite ou ne se cachèrent en voyant ou en devinant ce qui se passait. Faute de trouver d’autres jeunes à massacrer, dans leur retrait, ces soldats haineux, comme drogués, prenaient pour cible tout ce qui bougeait devant eux ; ainsi les animaux domestiques (chèvres, moutons, vaches, mulets, ânes, chats…) furent décimés sur leur passage. 

En s’éloignant du village, en montant dans la direction de la route d’ALMA GUECHTOUM – TIFRIT (actuel CW n°159), ils se mirent à chanter, crier, hurler à tue tête, enivrés par un immense plaisir.  

Dans leur retrait vers la base de TIFRIT, les soldats emmenèrent avec eux  le jeune OMAR, le malheureux qui leur avait servi d’interprète au village de TIGROURINE et qui en avait vu l’horreur se pratiquer devant lui. Il se savait en sursis et qu’il allait être inévitablement exécuté en cours de route… il en tremblait intérieurement de tout son corps en se rappelant sans cesse les menaces proférées à son encontre par … 

Achour le redoutable et sanguinaire renégat 

Omar le jeune interprète n’avait que dix huit ans ; c’est presque l’âge de AKLI à qui il commençait à donner quelques conseils en kabyle quand il fut surpris par ACHOUR, un renégat notoire, plus zélé que tous les autres soldats. Celui-ci, un kabyle harki, qui rallia l’armée Française en étant un officier de l’ALN, avait entendu tout ce qu’Omar disait en kabyle à AKLI afin de lui indiquer le meilleur comportement à prendre pour s’en échapper des mains des soldats qui l’interrogeaient. Fou furieux, Il menaça Omar en lui disant : Tu le payeras de ta vie dès qu’on n’aura plus besoin de toi!  ACHOUR, un renégat revanchard, fut la terreur des Moudjahiddines, ses anciens compatriotes, en dévoilant leurs noms de famille, ainsi que leurs caches, et en dénonçant leurs complices villageois, qu’il connaissait, dans plusieurs villages de la région d’ AIT FLIK. A leur retrait du village, les soldats emmenèrent avec eux Omar jusqu’au village de TIFRIT où se trouve une de leurs bases militaires du 1/61è RAA. En cours de route ACHOUR ne cessait de donner des coups d’œil perçants et très significatifs à Omar qui prit peur ; le malheureux OMAR savait ce qu’il risquait, lui qui assista aux tortures et vu les corps des exécutés au village et ceux abattus impitoyablement en cours de route. Finalement, il ne dut son salut qu’au CAID de TIFRIT qui, en ayant eu connaissance des massacres ayant eu lieu aux villages visités par ces soldats et de la mauvaise intention de ACHOUR, pris soudainement de remords, décida d’ intervenir en faveur de OMAR l’interprète condamné dont il connaissait bien et vouant du respect à sa famille. Il le sauva d’une mort certaine des mains de ACHOUR ; toutefois il lui donna le conseil de quitter définitivement et au plus vite son village et toute la région car étant certain que ACHOUR reviendrait à la rescousse et ne le raterait pas à la seconde occasion. Le lendemain Omar partit s’installer à AZAZGA chez son frère BELKACEM  qui, s’adonnait secrètement au transport d’armes et provisions avec son camion de transport de marchandise au compte des moudjahiddines. 

 La tombe du Moudjahid inconnu à TIGROURINE  

 Durant cette même opération, au retrait des soldats on retrouva également le corps du moudjahid inconnu, ramené d’ailleurs en tenue officielle de l’ALN, qui a été pris au maquis et gardé prisonnier durant tout le temps qu’ils passèrent au village en le soumettant bien sur à des tortures qui n’en finissaient pas pour lui. 

L’exécution de Meziane TACINE

On retrouva aussi le corps d’un jeune Tigrourinois, un autre adolescent, exécuté froidement sans raison, il s'agissait du Chahid Meziane qui était de ceux sélectionnés auparavant à Djamaa Oufela. Il fut soumis à d’atroces tortures et gardé prisonnier toute la nuit jusqu’à leur retrait qui fut finalement fatal pour lui. 

 La tristesse de « Da Hand » 

Après l’indépendance, ammi HAND, en resta longtemps marqué. Il passait son temps libre au milieu des jeunes qu’il aimait voir baignant dans le bonheur et la joie…Face à eux, le sourire ne le quittait jamais, c’était comme s’il souriait à son fils AKLI. Ammi HAND vécut 93 ans (né en 1914) soit, 45 ans de plus que tout le temps écoulé depuis cette année fatidique où il perdit injustement son fils. 

Le décès de « Da » Hand le père du Chahid Akli  

Le vendredi 18 mai 2007 à 18h20, on reçoit au blog de TIGROURINE, le message suivant qui nous annonce la triste nouvelle: 

Azul,

Aujourd’hui est décédé AZDAOU Ahmed l’un des plus vieux du village. Agé de plus de 93 ans, ammi Ahmed, Allah Errahmou, était malade depuis bien longtemps. C’est quelqu’un qui, après une brève immigration (moins de 6 mois) dans les années 50, est renté définitivement au village pour ne plus jamais le quitter jusqu'à ce jour.  Des hommes comme ammi Ahmed, nous ont appris la vie au village, la patience, le respect d’autrui, le pardon et surtout la sagesse. Malheureusement, ces valeurs ont aujourd’hui tendance à disparaître.  Slimane Ali. 

Le lendemain ce fut le jour de son enterrement. Il faisait un temps ensoleillé et chaud. Il y avait une foule nombreuse qui l’accompagna de sa maison d’ El Hara Bada - extrémité du bas du village (Est)- jusqu’au deuxième cimetière à l’autre extrémité (Nord) sur le chemin de Chrahvil. Auparavant, sa dépouille fut emmenée à la place de Thazemourth pour la prière du mort ( Salat el Djanaza) et pour un dernier regard sur son visage. Comme presque toujours depuis des décennies années, c’était le très respectable et bon orateur Cheikh Amar ACHABOU de TIGUENATINE qui assura l’oraison funèbre d’usage. Ce dernier au visage un peu pâle et visiblement fatigué par les ans ne pouvait pas se rendre en marchant au cimetière, situé à un kilomètre de là, sur un chemin caillouteux. « Ammi » HAND est allé ainsi rejoindre définitivement son fils le Chahid AKLI et ses ancêtres. Que Dieu l’accueille en son vaste paradis, Incha-Allah ! 

LE REFUGE SECURISE DES MAQUISARDS 

Les Fellagas que les soldats Français cherchent campent juste en face d’eux dans la rive opposée, cachés dans les nombreuses casemates du massif forestier accidenté et fortement boisé, qui surplombe l’oued Youssef de Sidi Khelifa (Assif) sur une pente raide jusqu’au sommet du mont d’ Afroun qui culmine à plus de 700 m d’altitude. Au-delà sur l’autre versant donnant vers l’Est , c’est le Djebel BOUNAAMANE où se trouve TIGRINE, un lieu historique pour les Moudjahiddines de l’ALN. En longueur ce massif s’étend de IAZOUZENE-IVDHASSEN à AIT ALI OU ABDALLAH sur environ trois kilomètres, soit sur une superficie d’environ 2000 hectares.  Il suffisait aux soldats Français de traverser l’oued sur une largeur d’une cinquantaine de mètres pour s’y retrouver et aller « attraper » les fellagas. Malheureusement, autant ils se montrent arrogants, forts et sûrs d’eux quand ils tiennent un enfant, une femme…au bout de leurs fusils et plus ils se font tout petits, peureux et fuyant à l’idée de se retrouver dans ces lieux pullulant de casemates dont certaines sont de véritables casernes souterraines qu’occupent tranquillement ces Fellagas. Jamais ils ne s’y étaient aventurés pour combattre loyalement malgré l’armement ultra sophistiqué et les grenades offensives en leur possession. Pour cela, ils font souvent intervenir en renfort l’aviation pour bombarder toute la zone au napalm sans jamais parvenir pour autant à la « nettoyer » comme ils aiment souvent user de ce jargon.  Les Fellagas y seront toujours et font de ces lieux, un repaire imprenable. Souvent ils se permettaient de descendre vers le lit de l’oued pour se rafraîchir dans les nombreux bassins d’eau qui s’y trouvent et dont certains sont de véritables piscines naturelles, comme la Tamda Guethvirene (bassin aux pigeons). C’est ici qu’ils rencontrent secrètement leurs jeunes informateurs et ravitailleurs descendant du village pour se rafraîchir à leur tour. 

Suite aux représailles subies arbitrairement auparavant par les villageois, les Maquisards, réfugiés dans les maquis des alentours,  évitent d’attaquer les soldats dans le village de peur de leur donner ainsi un prétexte de les considérer complice direct et commettre ainsi leurs forfaits sur la population civile sans défense. Au maquis, dans ces endroits éloignés des habitations et aux reliefs convenant bien à la guérilla, ils ont eu plusieurs fois l’occasion de s’accrocher avec les soldats Français à qui ils occasionnèrent des pertes avant de se retirer précipitamment le long de l’oued pour retrouver leur repaire imprenable. 

 UN AUTRE DEBARQUEMENT DE SOLDATS  

Comme à leur habitude, selon leur méthode apprise de tous, les soldats Français et leur groupe de Harkas firent irruption par surprise dans le village. Ils firent sortir précipitamment tout le monde dehors pour rassembler tous les habitants avec, d’un côté les hommes et de l’autre les femmes avec leurs enfants. Puis ils se mirent par groupe de deux ou plusieurs, c’est selon la corpulence du civil choisi pour l’interrogatoire, et firent conduire un à un les hommes dans les maisons choisies pour les tortures. Les femmes, bien que regroupées toutes dans une maison du village furent cependant épargnées des tortures, cette fois-ci. Les malheureux villageois seront impitoyablement tous soumis à d’atroces tortures. Quelques uns seront gardés pour être tout simplement exécutés à leur départ, d’autres seront relâchés un peu plus tard mais dans un état lamentable où la souffrance se lisait clairement sur leurs visages livides comportant des traces de blessures bien visibles.  Ceux qui paniquent ne seront plus relâchés et seront traînés d’un à lieu a la recherche de fellagas ou de leurs casemates. Quoi qu’il en soit, ces derniers étaient condamnés d’avance et au retrait des paras, après quelques jours passés au village par ces derniers à consommer gratuitement du bétail et volailles que les villageois leurs égorgeaient et cuisaient sous la contrainte, on retrouvait les cadavres de ces innocents civils, jonchant les champs aux alentours du village parmi les cadavres d'animaux domestiques ( des vaches, des chats, des moutons, des chèvres, des volailles…) également décimés massivement et impitoyablement.  Et à TIGROURINE, une nouvelle fois, leur machine infernale de torture à outrance se mit en action. Ils torturèrent atrocement en n’épargnant même pas les malades mentaux. El Hadj Rabah « Ouvedar », encore en vie aujourd’hui, même invalide mental apparent avec son éternelle gandoura, sa chéchia rouge, ses pieds toujours nus…. avait souffert le martyr devant ces soldats pour qui cela n’était qu’un « jeu ». Ses cris et ceux de tous les autres, soumis à d’atroces tortures dans la maison « Oukaci », jetaient l’effroi chez les enfants et les femmes qui se trouvaient cloîtrées dans la maison où elles furent rassemblées. Cela se passait comme ça dans tous les villages d’ Ait Flik visités ce jour. A TIGROURINE il y eut… 

  L’exécution de  Mohand TAILEB  dit « Lahlou »  

DSC00460.JPGUn autre Chahid, autre malade dépressif, en l’occurrence Mohand dit « Lahlou », de corpulence colossale, qui ignorait tout de la guerre et qui ne quittait jamais son quartier de « El hidh (mur) « Ouguemghar» et sa maman qui le chérissait beaucoup car orphelin et fils unique, a connu une fin plus tragique mais honorable. Les soldats s’amusaient à le provoquer en l’humiliant et le tabassant devant sa maman et dans son quartier, et tout à coup il s’énerva et d’un soudain coup de poing fit tomber à terre le lieutenant, signant ainsi sa condamnation à mort.

Au retrait des soldats, « Lahlou » fut exécuté et laissé mort dans un champs sur les hauteurs du village d’ EL KRAR à environ deux kilomètres de son domicile à côté de deux autres adolescents pris du village d’ EL KRAR et exécutés également sans raison apparente. 

Saccage des aliments, décimation du cheptel, pillage des maisons… 

Les soldats n'épargnaient même pas le bétail. Ils en massacraient sans aucune retenue, souvent ils s’entraînaient au tir sur ces malheureuses bêtes. Avant leurs retraits les paras vident les maisons de tous leurs occupants qu’ils rassemblent quelque part au village et commencent la mise à sac totale. On prenait ce qui pouvait leur servir, on décimait les animaux domestiques et on saccageait tout ce qui pourrait servir pour les habitants comme aliments ou autres. Même les fûts d’huile sont déversés à même le sol sur le reste des autres aliments écrasés et rendus inutilisables auparavant (figues sèches, légumes secs, semoule…). 

L’enrôlement des volontaires à l’ALN 

Cette pacification à la manière lâche des soldats Français ne fait que renforcer la conviction des habitants contre l’injustice. Le PC du colonel AMIROUCHE est situé a quelques enjambées de la, il suffisait seulement de décider pour s'y retrouver bien vite. Ainsi, après chaque passage « spécial » des sanguinaires soldats dans les villages, les jeunes rescapés attendaient impatiemment l’arrivée des Moudjahiddines qui viennent souvent armés et en groupe, pour repartir avec eux au maquis afin de faire partie des effectifs de l’armée régulière de l’ALN.  Fuite des jeunes au maquis  D’autres villageois, parmi eux, de très jeunes adolescents et des pères de famille qui, après avoir été torturé injustement sans raison apparente par les soldats en descente surprise au village, qui, après avoir assister impuissants aux massacres, aux exactions, aux tortures…décident d’eux même de prendre le chemin du maquis. Ils juraient de ne plus se retrouver devant ces soldats qu’en maquisards convaincus et prêts au sacrifice suprême.   Ils seront nombreux comme ça à prendre sur initiative individuelle le maquis dans les forêts environnantes, particulièrement sous le versant Ouest du mont AFROUN et du village d’ AIT ALI OU AVDALLAH… au lieu dit « Agheumadh » ou « Chaara ».

 Derrière cette montagne, dans le versant Est c’est le Djebel BOUNAAMANE comprenant les forêts d’IVAHRIZENE et TIGRINE, un lieu fortement prisé par l’ALN qui y installa le PC du Colonel AMIROUCHE.  L’ALN ne les intègrent pas tous directement dans ses effectifs officiels au titre de Djoundis (soldats) mais les préfèrent d'abord comme civils maquisards. Certains seront armés évidement pour qu’ils assurent aussi bien leur propre défense que celles des Moudjahiddines dans leurs déplacements dans les maquis des alentours. Les autres, dépourvus d’armes, c’est les plus jeunes en général, assureront les missions d’éclaireurs et surtout d’informateurs. En plus de ces rôles principaux, ô combien utiles, d’éclaireurs et d’informateurs, les maquisards ont aussi le rôle de collecteur d’argent et de ravitailleurs en provisions alimentaires. 

Ces maquisards locaux sont eux-mêmes en étroite collaboration secrète avec des villageois de confiance, assurant le contact secret avec la population. Cette dernière récolte des informations sur les intentions, les positionnements et les mouvements des soldats et leur prépare occasionnellement les galettes et les figues sèches qui sont leur alimentation de base… Les provisions alimentaires se réduisent essentiellement au café, sucre, sel, légumes secs et surtout de la semoule qu’ils cachent dans des lieux tenus secrets, souvent dans des casemates aux alentours immédiat du village. 

Les miradors de surveillance des villages d’Ait Flik 

Tout Ait Flik était strictement surveillé à partir des casernes installées stratégiquement sur les crêtes et pitons des montagnes environnantes. 

Au nord il y a la caserne de TIDMIMINE, installé sur une crête dominant par une vue panoramique de 360° (au Nord, tout PORT GUEYDON  - à l’Ouest, le flanc Est de Tamgout avec les villages d’EL KELAA, KISSOUN, AZROU et ALMA GUECHTOUM  - à l’Est une partie du lit de l’oued Youssef dans sa partie découverte et les villages d’IAZOUZENE (Igoujdal, Tafraout, El Djamaa, Ibdassen jusqu’à Ait Ali Ou Abdallah à l’extrême Sud-Est et au sud les villages de NATH OU AISSA, AGHNI MEZAIENE,AIT BOUSLIMANE, EL MAHLAL.) 

A l’ Est, il y a la caserne d’EL DJEMAA d’IAZOUZEN, sur le sommet de la montagne, s’étendant, horizontalement face à tout AIT FLIK, depuis Sidi Khelifa au Nord jusqu’à AIT ALI OU ABDALLAH à l’extrême Sud, à environ 12 kilomètres à vol d’oiseau. Cette caserne est hautement stratégique en dominant tous les sept villages du bas AIT FLIK ; elle n’est située qu’à environ quatre kilomètres de TIGROURINE. 

Au Sud, il y a TIFRIT et au Sud Est la caserne d’AIT ALI OU ABDALLAH, dépendant elle, ainsi que celle d’EL DJEMAA, du commandement militaire de YAKOURENE. Cette caserne dominait parfaitement le village de TIGUENATINE, situé plus au sud d’Ait Flik. 

Le quadrillage était total et la surveillance parfaite ; de jour, aucun déplacement de personnes ne pouvait échapper au regard des soldats placés en permanence sur les miradors de ces casernes. Les Maquisards ne pouvaient se déplacer ainsi que pendant la nuit. Dès qu’on apercevait des gens s’affairant aux travaux de champs ou tentant d’aller faire paître leur bétail, la machine se met automatiquement en branle ; des appels sont échangés par radio, qui font venir, en premier lieu, un avion de reconnaissance (le mouchard – un broussard) tourner longtemps avant de repartir, et en second lieu faire surgir un avion de chasse qui lui mitraille tout ce qui bouge dans les champs… 

Ratissage et folle rumeur à TIGROURINE  

On savait qu’un grand ratissage était programmé en secret sur l’un des versant de tamgout. Au village on se disait qu’il concernait les villages d’ALMA GUECHTOUM (+700 m d’altitude) AZROU, KISSOUN et EL KELAA, situés sur les hauteurs en dessus d’AIT FLIK sur le versant EST du mont Tamgout (1278 m). Profitant de ces moments d’inquiétude généralisée, certains mal intentionnés, aux desseins criminels inavoués, avaient préparé un scénario particulier destiné aux habitants du village de TIGROURINE. Ils firent circuler la rumeur d’un imminent bombardement sur le village. Le message était clair, faire peur et créer une panique généralisée qui empêcheraient les Moudjahiddines de battre en retraite vers les villages en essayant de fuir la zone de ratissage prévu aux alentours. Bien entendu la nouvelle se répandait comme une traînée de poudre et tout le monde fût mis très vite au courant. On se remémorait inévitablement les précédents bombardement d'autres villages ( NATH OU AISSA et …), on en tremblait et on souhaitait qu’elle serait sans effet et que ce ne sera pas comme lors de la précédente rumeur du même genre qui avait crée une panique indescriptible au village. 

Panique et débandade à TIGROURINE 

Ce jour là, les habitants terrorisés abandonnèrent précipitamment le village en laissant douloureusement à leurs destins les plus vieux qui ne pouvaient pas marcher ou qui décidèrent volontairement de rester et mourir tranquillement chez eux dans leur domiciles. Ils fuirent avec leur bétail en tous sens à travers les champs situés au plus bas. La plus part des villageois en fuite choisirent de s’abriter dans des buissons, dans les rivières, sous les arbres juste à la limite proche du village. Malheureusement un groupe important de villageois composé de femmes, de vieux hommes, et d’enfants pris d’une panique indescriptible, était parti par la direction Est (figueraies de Svaa). Ils ne s’arrêtèrent qu’au bord de l’oued au lieu dit « chakhchoukh » qui fait face à la caserne d’EL DJEMAA d’IAZOUZENE, située en hauteur sur l’autre rive, dont les soldats étonnés avaient assisté avec leurs jumelles à l’étonnante scène depuis le début sans perdre heureusement leur sang froid. Cette fois-ci, Ils ne firent pas appel par radio à leurs avions chasseurs qui auraient fait un carnage. De là, les villageois affolés regardaient sans broncher ces soldats qui leur faisaient des signes et criaient des mots à leur intention, tout en orientant  vers eux ce fameux canon qu’on savait pointé en permanence vers AIT FLIK…. Ils priaient Dieu et espérait que les soldats postés derrière le canon ne tirent pas. Finalement, les responsables de cette caserne comprirent qu’il s’agissait d’une panique généralisée et laissèrent cette fois-ci les gens reprendre leur esprit et retourner calmement à leur village… 

L’ AVION « ASSASSIN » SUR TIGROURINE 

Et le jour du grand ratissage arriva. Des hélicoptères surgissaient en grand nombre de toutes parts, se posaient sur les crêtes et pitons au dessus d’AIT FLIK (Est), de TIDMIMINE (au nord), au sommet de Tamgout (Ouest) et sur la route d’Amanchar Averkhane ( sept Fontaines aux singes) au Sud. Ils déversaient des soldats par dizaines qui s’éparpillent aussitôt pour former une ligne d’encerclement de toute la zone prévue pour l’opération. On assistait la peur au ventre au manège tout en se posant des tas de questions. On regardait craintivement l’avion de reconnaissance ( le mouchard) qui tournait constamment à très basse altitude en faisant de nombreuses « visites » plus bas vers le villages de TIGROURINE… Quelques jeunes adolescents des villages concernés d’Alma Guechtoum et Azrou, craignant à raison pour leur vie, fuirent la zone de ratissage et descendirent par la périphérie du village pour aller dans la direction Est afin de se réfugier dans la montagne surplombant l'oued YOUSSEF (assif) et qui fait face AIT FLIK. 

Les habitants terrorisés qui assistaient à la scène et entendaient les tirs intensifs se rappelaient spontanément la rumeur de la veille, prirent peur et soudain c’est la panique générale. Malgré tout, certains restèrent chez eux décidés à affronter leur destin, malheureusement d’autres décidèrent de fuir et leur bétail avec eux. Comme l’autre fois, on courait dans tous les sens à travers les champs à la recherche d’un abri sécurisé pour se cacher, qui sous un arbre, derrière un buisson ou au bord de la rivière… 

L’avion de reconnaissance suivait ces mouvements durant un long moment puis disparaît…et quelques instants après, un avion de chasse, un T6 de la RPC au son particulier et reconnaissable de son moteur surgit, fit un grand tour à très basse altitude pour étudier la situation sur le terrain et tout à coup fait un piqué vers une clairière (champs de MAMOUNE) et tire une roquette sifflante sur une vieille femme, Lala ZINEB, qui instantanément mourût déchiquetée et projetée dans le trou creusé par l’impact du projectile. Un deuxième virage et un nouveau piqué suivi de tirs à l’automitrailleuse eurent raison d’une jeune femme qui courait avec un bébé ( son neveu) dans ses bras. Elle fût instantanément tuée et lâcha le bébé ensanglanté qui eut les deux jambes en lambeaux. Sa mère qui ne se trouvait pas très loin, en entendant les hurlements de son bébé, oublia sa propre peur et accourut vers lui en hurlant…le sanguinaire pilote eut tout le temps nécessaire pour faire reprendre la bonne position à l’avion et venir faire subir le même sort à la malheureuse qui, grièvement blessée, tomba à terre ensanglantée non loin de son bébé.   

Sur sa trajectoire il aperçut, non loin de la dans un pré à « Maghdhira », SAID et ses frères ALI et MOHAND qui gardaient leur troupeau, figés sur place et terrorisés par la douloureuse scène à laquelle ils assistèrent en direct. Ils furent une proie facile aux assassins qui eurent tout leur temps pour bien viser et blesser grièvement SAID et plus au moins légèrement ses frères ALI et MOHAND. Sadiquement, le pilote fait un autre virage et un autre piqué pour s’amuser à tirer sur le troupeau de chèvres et moutons par faute d’autres femmes ou enfants à tuer lâchement sans aucune pitié. Ils ne repartirent définitivement qu’après avoir tourner en cercle durant un grand moment à la recherche d’autres cibles. 

 

1 et 2 “mamoune et maghdhira” les lieux du carnage par l'avion assasin. 3 village El Djemaa (caserne), 4 Thafraout, 5 Ivahrizene, 6 Agoulmime et 7 Tigrine 

Dès les premiers tirs qui dévoilèrent ouvertement les vrais desseins des criminels, tous les autres villageois qui se trouvaient aux champs s’étaient cachés jusqu’au départ définitif de l’avion à son bord des criminels qui iront raconter leur exploitant. 

Les SLIMANE, une famille de TIGROURINE lâchement décimée  

La maman grièvement blessée, malgré sa terrible douleur, réclamait sans cesse son fils qu’elle savait blessé…A la maison où on les avait ramené, sous sa supplication, on lui ramena son fils, au corps ensanglanté et hurlant de douleur, qu’ on lui posa sur ses genoux tout en le retenant de peur qu’il ne lui échappe des mains, affaiblie et terrorisée qu’elle était. En voyant de plus près l’état de son fils, elle s’était mise à hurler de toutes ses forces avant de sombrer dans l’inconscience. Elle fût suivie instantanément par l’ensemble des femmes du village qui avaient accouru auparavant et qui s’étaient mises à leur tour à hurler et à gémir. La scène était dramatique et difficilement supportable. Les habitantes de TIGROURINE étaient partagées entre la maison à « El hara Oufela » sur les hauteurs du village, où gisait morte une jeune adolescente et agonisaient une maman et son bébé, et la maison au centre du village, à quelques deux cent mètres de là, où mourrait Said et gémissait de douleur et de peur son frère Mohand, sérieusement  blessé : ALI, lui, s’en été sorti bien.  Entre les deux maisons, on s’arrêtait dans la maison où gisait « lala » ZINEB, pour lui jeter un dernier regard d’Adieu et compatir avec sa famille. En se rendant sans arrêt d’une maison à l’autre, les femmes n’arrêtaient pas de pleurer, hurler, et gémir, créant ainsi une atmosphère insoutenable au village. 

La maman fut finalement évacuée à huit kilomètres de là, pour sa prise en charge dans le centre de santé le plus proche existant. Là, dès qu’on lui enleva le bandage, fait à l’aide de tissus autour de sa blessure pour arrêter l’hémorragie, elle succomba instantanément. Son fils succomba à son tour le même jour tout comme Said. Le jeune Mohand s’en était sorti après une grande frayeur mais profondément choqué. 

Finalement les soldats de l’avion « assassin » du 1/61e RAA de PORT GUEYDON jubileront de compter dans leur triste palmarès cinq «Fellagas» tués qui sont en fait trois femmes, un bébé, un adolescent de 17 ans. 

« Ammi » (oncle) Amar, qui se trouvait en France en ce moment là, en tant qu’émigré travailleur, et qui activait au sein du FLN de la Fédération de France, perdit ainsi, très injustement, son épouse, son fils, sa sœur et sa cousine, morts en fin de compte pour une noble cause noble, celle de la libération de leur pays bien aimé, l’ALGERIE, qui était colonisé depuis 1830. La triste nouvelle mit beaucoup de temps, soit quelques semaines à parvenir à PARIS. En ces temps là, les télécommunications par  téléphone, pourtant le moyen le plus rapide, étaient aléatoires et centralisées aux bureaux postes des PTT qui n’existaient que dans les grandes villes. Finalement « da » Amar finit par être mis au courant du malheur qui frappa sa famille au bled. Il reçut un terrible choc dont il mit longtemps à se remettre pour finalement décider sans tarder à rentrer en ALGERIE et prendre le maquis. Ce qu'il fit.

Commentaires

  • salem alikoum ; moi c est koucy des usa , je suis d origine de tizi ouzou v*ille; j ai 23 ans, me suis retrouve dans une universite americaine pour mes etudes , ça va faire 5 ans , meme si ça va pas fais longtemps que j ai quitte le pays et que l odeur de la kabylie est presente vue ke tout les articles qui me parle de ma cher region je ne les rate pas , et se genre de blogues me permettent d etre tt pret d elle, alrs je vous dis chers editeurs que dieu vous garde pour nous rendent nous les gars qui sont dans l incounu notre fierte a l egard de notre origine et notre culture pour nous laisse tt pres de tizi ouyou et que l on parle d elle dans les recoins de notre planette , koucy d atlanta, georgie

  • J'ai lu vos commentaires sur, comme vous dites, ce que les uns appelaient guerre de libération et d'autres d'Algérie. Je n'ai pas le sentiment d'y retrouver l'impartialité nécessaire à la relation de ces tristes évènements. A vous lire, les français seraient des couards juste bon à maltraiter les femmes, et les moudjahidines, des hommes généreux et de grande bravoure. La vérité n'est pas aussi simpliste.

  • A Mr Frazaidispo Arnold,

    On ne peut pas regarder une guerre comme on regarde des enfants jouer dans la cour de récréation.
    On ne peut pas rester impartial devant la colonisation et l’hégémonie d’une puissance contre un peuple claquedent !

    Merci pour ton commentaire.

  • Demain ce sera le 56 ème anniversaire du déclenchement de la guerre d'Algerie, le 01 novembre 1954, l'évènement est célébré grandiosement à travers toute l'Algerie. a la télévision on est pas du reste et dans toutes les Mairies d'Algerie on passe du matin au soir les chansons sur la guerre. Gloire à nos martyrs. Les chouhadas et chouhadates d'Ait Flik mérite aussi un hommage particulier de la part de leurs enfants et compatriotes...

    http://www.google.fr/search?hl=fr&q=unblog&meta=&aq=f&oq=

  • pardon, c'est le 54 ème anniversaire.

  • AZUL FELAWEN UN GRAND BONJOUR AU PEUPLE KABYLE

    ET À TOUTE L'ALGERIE

    DEMAIN 1ER NOVEMBRE 2008

    JOUR ANNIVERSAIRE DU DÉCLENCHEMENT DE LA GUERRE D'ALGERIE
    1ER NOVEMBRE 1954

    QUE NOS MARTYRS DE LA LIBERTÉ REPOSENT EN PAIX


    AUX CHOUHADATES ET CHOUHADAS DE NOS VILLAGES

    AIT FLIK TIGROURINE ET IVARHIZÉNE AIT CHAFFA IOUJDAL OULRHO IGERHMEN AIT ALI OU ABDALAH COUDIA AZZEFOUN

    À QUI JE REND HOMMAGE

    ET EN D'AUTRE LE DERNIER MOUDJAHIDINE D 'IVARHIZÉNE

    MON ONCLE AHMED SEDDIK DE SON NOM DE GUERRE EL GAHDI

    OU EL RADI ; QUI EST MALHEUREUSEMENT MOURANT À AZZEFOUN QUE J'EMBRASSE BIEN FORT


    AMITIÉES SINCÉRES SAID AROUMI

  • 1er novembre 1954 /1er novembre 2008

    Une petite pensée pour tous ceux qui sont tombés pour que l’Algérie vive libre, indépendante et démocratique. Heureux qu’ils ne soient pas là pour voir l’Algérie « indépendante » pour laquelle ils se sont sacrifiés, comment elle vit depuis 1962.
    Je rends un hommage particulier à la Kabylie, pour ce qu’elle a donné pendant la guerre contre le colonialisme et continue de donner pour que l’Algérie retrouve sa liberté.
    Il n'y a d'histoire digne d'attention que celle des peuples libres. L'histoire des peuples soumis au despotisme n'est qu'un recueil d'anecdotes.
    Chamfort
    Extrait des Maximes et pensées.

    Tanmirt à vous.

  • le 13 decembre 2008 AzdaouAmar le dernier de ces freres et des enfants Adaou mohand et de Medrar Taous nous a quitté

  • Bonjour, qui connaît un Monsieur qui s"appele Omar.Il a été emprisonnée pendant la guerre vers 1959, ma mère me dit qu'il avait travaillé aux chaudronneries de la rue des petites écuries à Versailles. Je ne le connais pas et c'est mon papa. Il sait ou savait que je suis née à Versailles en juin 1960. Il faisait parti du F.L.N , ma mère était toute jeune quand elle l'a fréquenté , cela a durer quelques mois puis la vie, "la guerre" la police, les ont séparer. Elle ne l'a jamais revu et à oublié son nom de famille juste elle me dit qu'Omar était de Kabylie du coin akkerrou ou d'azazga.J'ai reçu une jolie lettre d'encouragement de Mr Galland qui a bien connu la Kabylie, mais j'avoue que mon espoir s'amenuise et je crains fort qu'Omar ne soit plus de notre monde,...... mais peut-être a t-ileu des enfants et je sais que les gens de Kabylie ont une grande âme. Si quelqu'un conaît ou a entendu cette histoire merci de me lcontacter.Maman travaillait dans une boulangerie à l'époque en 1959 , c'est là qu'ils se sont rencontrés dans cette boulangerie , ça Omar le sait s'il s'en rappelle. Merci de m'avoir lu et j'espère à bientôt de vos nouvelles

  • Ya t-il des réponse à mon message du 19 décembre 2008 , si oui comment faire pour les consulter ? Bonne journée à tous!!!!! Véronique

  • Chère Véronique,

    Si tu peux donner plus d’infirmations sur ton papa ; signes particulier, le lieu de naissance, un nom de famille (le nom du village ou de la commune), tout ce dont ta mère se rappelle, cela peut aider beaucoup les gens à se renseigner sur cette personne. Si tu peux contacter ses anciens employeurs et avoir un minimum de renseignement ; une date de naissance, le lieu ou la commune où il est né, ca sera plus facile de le retrouver. Le moindre détail sera précieux pour aider la recherche.
    Notre commune ne porte le nom d’Akerrou que depuis quelques années (1986), mais il en existe d’autres régions (2 ou 3) en Kabylie qui portent ce nom depuis des lustres.
    S’il est d’Azazga, c’est vraiment proche de notre ‘Akerrou’, les gens sur place qui nous lisent sur le blog, peuvent diffuser facilement votre recherche dans cette région, si on peut avoir d’autre renseignements sur ton père.

    Amicalement.

  • CHÉRE VERONIQUE

    BONSOIR
    j'ai fais suivre votre message sur le blog TIGROURINE AKKEROU

    qui m'est réserver sur le nom
    SAID AROUMI D'IVARHIZÉNE

    dans la rubrique les dernier commentaires vous pourrez lire
    le message que j'ai fait parvenir sur le blog vous concernant :
    la recheche de votre papa et comme vous le suggére JAM
    dans le message précité , il faut trouver des indices concernant
    votre pére , allez voir la ou il travaillait aux chaudronneries
    de la rue des petites écuries à VERSAILLES

    il reste surement une trace de votre pére, le moidre indice peut servir pour les recherches demandé à votre mére si elle se rappelle de quelques choses je me doute qu'elle ne doit plus etre trés jeune et que les souvenirs foutes le camp
    ;mais il faut pas se décourager allez voir s'il reste dans ce secteur un café restaurant KABYLE car dans ce genre d'endroit tout le monde se cotoient le moindre détail peut vous servir

    bonne chance
    à bientot

    AMICALEMENT

    SAID AROUMI

  • Bonjour Said,
    Oh comme je suis contente d'avoir eu une réponse, justement hier j'avais un peu de temps et j'ai pu lire vos écrits via ce site. Malheureusement, je n'habite pas très près de Versailles suis sur la côte d'opale à 5 kms de Boulogne sur mer, dans le pas de calais. Ma mère n'a pas plus de souvenirs que ça..... Une sorte d'occultisme sur sa vie que j'avoue ne pas comprendre , mais bon c'est comme ça on n'y peut rien!!! Je sais juste qu'elle m'a dit qu'il avait été fait prisonnier sur Versailles puis transféré sur Chartres. Mais sans son nom de famille, cela me paraît très difficile. Ah, si peut-être quelque chose: Elle habitait à l'époque à Saint-Cyr l' Ecole dans le quartier de l'épi d'or ses parents étaient vendeurs en fruits et légumes,et j'ai comme un vague souvenir de baraquements pour ouvrier ou immigrés, mais je ne sais pas à quelle période j'ai vécu ce souvenir.... Voilà à peu près ce que je détiens comme infos. Elle s'est mariée en 1962 avec Jean, qui est dcd en 1998. Je vous remercie vivement de l'attention que vous avez pris en me lisant et me répondant. Je vous souhaîte une belle vie en kabylie, pays d'une partie de mes origines que je ne suis pas prête de connaîte malheureusement , mes moyens ne me le permettant pas. Bonne journée à vous et aux vôtres.Merci aussi d'avoir mis mes infos à la vue de tous sur les site, pourvu que le plus de monde possible les lisent.Véronique

  • ait filk durant la guerre d`algerie

  • Comment peut-on trouver le passage d'un prisonnier, Saint-Jean Alonzo, à la Maison d'arrêt d'Alger-Barberousse entre février 1854 et février 1855? Merci à toutes réponses.
    Bertin 29.03.2010

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