EL WATAN - Edition du 16 septembre 2007 > Kabylie info
Dégradation de l’environnement dans la wilaya de Tizi Ouzou. Pollution durable à Azazga
Le ramassage des ordures ménagères est fortement perturbé depuis plusieurs semaines dans la commune d’Azazga. Les décharges sauvages se multiplient dans les villages où la situation sanitaire est mise en péril.
L’APC marque le pas dans cette activité prioritaire dans la gestion des collectivités depuis la fermeture, il y a deux mois, de la décharge communale par les citoyens du village Tala Kouchah et Ighil Bouzal. Riverains de ce site, les villageois revendiquent depuis des années la « délocalisation » de la décharge, sources de nuisances et de pollution pour les centaines de personnes qui vivent à proximité des ordures en continuelle incinération. Les protestataires ont fini par recourir à cette action ultime devant l’inaction des exécutifs qui se sont succédé à l’assemblée locale. Cette question élémentaire et vitale de collecte et de traitement des déchets ménagers d’une grande commune a été laissée en suspens durant des années, laissant les citoyens concernés dans l’exaspération la plus totale, faisant courir le risque de maladies à leur progéniture. Au lendemain de la fermeture forcée de la décharge de Tala Kouchah, l’APC est allée chercher des sites de rechange, dans des lieux aussi peu indiqués que les abords de la RN12, sur la route de Yakouren. Relevant du domaine forestier et du territoire de la commune d’Azazga, l’endroit est également le point de chute des ordures acheminées depuis la commune de Yakouren. Un minidésastre écologique qui perdure en l’absence d’initiatives probantes pour le règlement du problème. Les gardes forestiers ont fini par intimer à la commune d’Azazga d’éloigner ses déchets. L’APC d’Azazga n’est pas au bout de ses peines, puisqu’elle sera refoulée d’un autre site, celui de Boubhir, où elle avait pourtant affecté des engins pour des travaux de terrassement. Il s’agit du terrain d’assiette d’un projet de décharge intercommunale lancé par la wilaya. L’APC de Souamaâ a signifié à l’exécutif d’Azazga de suspendre les rejets à Boubhir, en attendant l’avis des chefs de daïra concernés. Depuis un mois, c’est l’APC de Tizi Ouzou qui a permis à la commune d’Azazga d’avoir recours à la décharge de Boukhalfa. Une solution provisoire qui a l’inconvénient de l’éloignement. La collecte est devenue régulière, axée essentiellement au chef-lieu. Dans les villages, l’on indique que les ordures ne sont pas ramassées depuis des semaines. Interrogé, le P/APC d’Azazga indique que deux bennes-tasseuses et deux camions à caissons font la navette sur Boukhalfa plusieurs fois par jour. Un choix de terrain avait été fait récemment à Azazga pour l’implantation d’une décharge commune, mais vite remis en cause par l’opposition des citoyens. Il s’agit d’une clairière au lieudit Lahdoud, près de Tachrouft. Le P/APC souligne que le site est éloigné des premières habitations, et que les normes sont respectées pour l’aménagement d’une décharge avec moyens d’enfouissement. La situation reste bloquée en attendant une concertation entre les comités des villages, les élus locaux et l’administration en vue de trouver une solution à ce problème qui empoisonne la collectivité.
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DEPECHE DE KABYLIE - Édition du Mardi 18 Septembre 2007
Tifrit (Azeffoun). Cimetière de l’oubli.
Tifrit Nait El Hadj, distante de 18 km d’Azazga, située au contrebas du majestueux mont de Tamgout, s’engouffre, chaque jour davantage dans les abysses de la précarité. Flétrie et délabrée par un passé pénible qui a perduré en lustre de cruauté caractérisée par d’indélébiles actes terroristes qui ont fait de cette localité une œuvre lyrique dévaluée par une cruelle réalité. Pourtant, sa situation géographique recèle d’énormes potentialités et présente des traits spécifiques laissant rêveur. Aministrativement appelée Akarou, conçue de 10 patelins, qui n’a aucunement bénéficié, depuis belle lurette, de projets d’investissements voyant son potentiel dégradé et dépenaillé à sa simple expression. Le chômage colle aux guêtres de plus d’un tiers de la population en âge de travailler. La pauvreté demeure le problème le plus pressant de ladite commune et la croissance socio-économique est la condition sine qua non de son éradication. “Pour une boite de chique je peux m’éreinter toute le journée” selon un jeune écœuré par le désœuvrement. Il est profitable de retenir que le problème du foncier est aussi la source de tous désagréments et amertume qu’endure la région. Du fait, un antagonisme s’est indûment, installé entre les autorités locales et les citoyens. Une histoire commencée en 2001 après la répartition des 15 logements sociaux réalisés, par l’OPGI. En outre, une commission, conformément aux dispositions du décret n° 98/42 fixant les modalités d’accès aux logements locatifs publics à caractère social, était chargée pour le relogement des ayant-droits, en tenant compte des personnes à charge de chaque postulant. Ainsi, les familles éprouvées par les mauvaises conditions d’habitat, pourront être recasées et vivre dans la dignité. Une tâche, on ne peut plus importante, confirmée sur la base de l’arrêté ministériel n° 07/SPM du 21/02/98. Cela fait que sur les 15 LPLCS, 07 revenaient aux postulants de Tifrit, et les 08 autres sont repartis sur ceux venant des bourgades limitrophes. C’est la raison pour laquelle les citoyens ont procédé au délabrement et saccage de cet immeuble réduite en véritable carcasse le 25/07/2001. “On ne peut pas accepter que des intrus bénéficient des logements avant nous” fulmine un jeune. Une question restant absurde et mettant en cause la réalisation de ce projet en son amont. Dans la mesure où le terrain de cette bâtisse n’appartient pas à l’Etat, car c’est une propriété“Mechmel”, comme l’appelle-t-on On serait tenté d’en voir avec le P/APC qui nous a reçus avec l’hospitalité coutumière faisant la réputation des gens de ladite commune. Il nous a corroboré à l’appui du document 88 senatus consulte, que la parcelle en question appartient aux domaines. Toutefois, le siège de l’APC de par son exiguité, est un chalet hérité de l’ére coloniale. Nonobstant cette journée printanière Tifrit offre un décor lugubre, un chef-lieu qui résume la déliquescence de toute une région amputée de ces éléments de base. La voirie est dans un état lamentable, trottoirs défoncés, routes crevassées, ruelles poussiéreuses...
Partout, le manque d’équipement et d’entretien est flagrant. Par ailleurs, le pâté de bâtisses autrement nommé cité rurale, décrépite et fragilisé par les ondes sismiques, a enfin bénéficié, un tant soit peu, du programme de la résorption de l’habitat précaire . Une aide à l’autoconstruction sera allouée aux habitants afin de réhabiliter leurs maisons et mettre un terme à ce drame architectural qui ternit la ville. “Chaque habitant bénéficiera d’une somme de 500,000,00 DA, seulement sous de conditions draconiennes car certains envisagent d’utiliser cet argent à d’autres fins”, selon le P/APC. En effet notre interlocuteur à reconnu que sa commune de 5300 habitants est complètement défavorisée. Signalons, par ailleurs que pour les 10 villages existants, la commune, dispose d’un seul CEM sis aua chef-lieu (CEM Nachef Mohand) constitué de 12 classes en préfabriqué comptant plus de 400 élèves. Pis, cet établissement souffre du déficit en corps commun assurant la sécurité.
Les professeurs quant à eux, enseignent dans de conditions déplorables et font, faute de logements de fonction, quotidiennement la navette. Fort heureusement, le ramassage scolaire est quasiment assuré par la commune ayant un parc roulant fort de 5 bus et de 2 camions aménagés. Les vestiges d’une tour au sujet de laquelle les avis sont partagés, mais une chose est sûre qu’il s’agit certainement d’un mausolée où s’organise les fêtes religieuses et concours coraniques pour les jeunes dévots. En définitive, tout est pitoyable à Tifrit, et l’instant est mal choisi pour donner le pouvoir de sa gestion à des mains novices sans une amélioration notable de ses résultats commerciaux et ses projets d’investissements, elle est incapable d’accélérer sa faible croissance.
Nous l’avons quitté, laissant derrière nous une région complètement déshéritée mais avec un lendemain flamboyant et qui peut lui être de bon augure.
Rabah Kareche
D. T.