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ivahrizene

  • 43- le village d' IVAHRIZENE ...

    Catégories : 13- Villages et Personnages

    Le village d’ IVAHRIZENE est situé à une vingtaine de kilomètres à l’est d’ AZEFFOUN, le chef lieu de daira (sous préfecture), à partir duquel, il est desservi sur le littoral par la route nationale n°24, sur une douzaine de kilomètres en passant par les villages de BIZERGA et SIDI KHELIFA.

    ea3b91462241100d67fb1ccc4905af35.jpgPuis, pour la dizaine des kilomètres restants, on emprunte vers le sud la route de montagne, le CW n°159, au niveau d’ ICHAALALEN pour monter jusqu’au village d’ EL DJEMAA, en passant successivement par IGHIL MHEND, puis le magnifique village d’ OULKHOU du regretté Tahar DJAOUT, dont on ne se lassera jamais d’évoquer son nom, et ensuite IGOUJDAL, le village pittoresque perché sur un rocher. Au niveau du village d’EL JEMAA d’ IYAZOUZENE, situé à quelques huit kilomètres de la RN n°24, il y a une bifurcation qui divise la route en deux:

    - En continuant directement dans la direction sud, en montant sur une route communale, on rejoint, à un (1) kilomètre de là, le village de TAFRAOUTH, puis un kilomètre plus loin, AGOULMIME d’ Ighil IAAZOUZENE, et environ un autre kilomètre après, EL KOUDIA, situé au dessus du village d’ IBDASSENE, sur le sommet de montagne, à quelques deux kilomètres du mont Afroun, le plus haut sommet de la chaine montagneuse de la commune d’ AIT CHAFAA. La route continue, en état de piste, jusqu’au village d’ AIT ALI OU ABDALLAH dont le CW n°159 est la route principale le desservant par derrière la montagne.

    babca9ae06daa0b984c315778cfd0fb9.jpg- Au niveau d’EL DJEMAA, le CW n°159 continue par la gauche, dans la direction est, en contournant la montagne d’EL KOUDIA n’ IAAZOUZENE. D’ici, le CW n° 159 va en descendant sur deux kilomètres environ avant d’arriver à AIT CHAFAA. IVAHRIZENE est situé au nord est de AIT CHAFAA, à laquelle elle est reliée par une route communale d’environ trois kilomètres.

    Le CW n°159 relie la RN n°24, d'AZEFFOUN vers BEJAIA, à la RN n° 12 , d' AZAZGA à BEJAIA, au niveau de YKOURENE en passant aussi par les villages d'AIT AHMED, ZEKRI...


    Le nom IVAHRIZENE se rapportait jadis à THADERTH, l’ancien et pittoresque village aux maisons basses, construites en pierres, recouvertes de tuiles rouges, et regroupées harmonieusement en un ensemble compact. Ces maisons se ressemblaient toutes, seules leurs dimensions et leurs agencements dans le quartier les différencient. Elles étaient réparties uniformément selon un plan d’ensemble, tenant toujours compte des spécificités kabyles.

    La maison et le village typiques de la kabylie ancestrale rurale

    Il y a la rue principale, parfois deux, avec une autre horizontalement selon l’importance du village, qui partage, de haut en bas suivant la topographie des lieux, le village en deux, et le long de laquelle sont aménagées des placettes assez spacieuses pour le regroupement des villageois au retour des travaux des champs, à l’approche de la tombée de la nuit.

    8c5a7fb798747077f264926001e12059.jpgIl y a la grande place de la mosquée (El Djamaa), généralement, située dans un lieu offrant une vue panoramique au moins sur un demi cercle face au village, quand celui-ci est situé au flanc d’une montagne ou vallée, ou de trois cent soixante degré (360°), un cercle complet, quand il est situé sur un piton.

    Le tour de la place comporte une plateforme surélevée de quelques cinquante centimètres servant d’assise 1b59cdf1bc52c6d124e401135526afce.jpgpour s’assoire ou s’allonger. Elle est généralement réservée aux vieux du villages qui y prennent place pour se reposer et discuter entre eux, tout en profitant du magnifique panorama, en attendant l’heure de la prière.

    La grande place du village comporte souvent un arbre séculaire, généralement un caroubier ou olivier, qui lui donne un charme particulier.

    De part et d’autre de la rue principale partent des ruelles ou impasses vers lesquelles sont dirigés les portails d’entrée aux cours de maisons. Les portes des maisons kabyles anciennes ne donnaient jamais directement vers la rue. Dans ce type de conception urbanistique harmonieuse de l’habitat dans le village ancien kabyle, les familles étaient regroupées en quartier où leur intimité est strictement sauvegardée.

    91eb66e1833a0a39254b4a825ce00baa.jpgL’intérieur de toutes les maisons anciennes kabyles est identique. Elles comportent d’un côté la plus grande partie, soit les deux tiers (2/3) de la surface, légèrement surélevée d’environ quarante cinq centimètres (Aghens), qui sert d’espace d’habitat à la famille, composée du père, la mère et les enfants en bas âge.

    A son coin, elle comporte un trou de quelques vingt (20cm) de diamètres et quinze de profondeur qui  sert de kanoun, un espace feu pour la cuisson des aliments et le chauffage de la maison.

    L’autre partie est constituée du niveau inférieur, réservé aux animaux domestiques, au dessus duquel est aménagée la mezzanine (Thakhana), où dormiront les jeunes enfants.

    La grand-mère et les jeunes filles se réservent la cabane (thaachouchth), adossée à la façade de la maison, bâtie avec des branchages d’arbres enduites du mélange de paille et de bouse de vache. Les familles nombreuses et aisés possèdent plusieurs grandes maisons, et maisonnettes à la dimension de la typique cabane, mais construites en pierre.

    Thadarth n’ IVAHRIZENE, le vieux village au charme particulier, avait été délaissé, parfois même quelques unes de ces maisons ont été détruites pour en récupérer leurs pierres, afin d’aller construire le long de la route communale, entre IVOUACHE et LAWDDA, situés à plus d’un kilomètre plus loin, certes de très belles maisons en béton, malheureusement conçues sans aucun plan urbanistique; ce qui rend l’ensemble sans charme. Il y a certes de très belles nouvelles maisons construites, mais il n’y a pas de nouveau village au sens réel du mot qui est défini :

    le village est une agglomération rurale possédant suffisamment d'habitations permanentes pour avoir une vie propre et disposant harmonieusement d'équipements économiques et sociaux lui conférant une certaine autonomie.

    Dans cette nouvelle conception individualiste de l’habitat, il n’ y a pas de place aux placettes et place principale du village ; celles-ci, sont remplacés par les cafés ou commerces où les gens se retrouvent dans un tintamarre indescriptible qui laisse peu de place aux discussions profitables.

    Heureusement qu’à IVAHRIZENE, comme dans tous les villages kabyles, il y a la mosquée du village et quelques lieux mythiques, où on peut s’y rendre encore à la recherche d’un coin de repos ou de méditation dans un calme absolu. A IVAHRIZENE, on s’y retrouve ainsi avec un immense plaisir aux endroits de :

    « Thazemourth Uvahri » (l’olivier séculaire) ou « Lemqam de Jeddi Avahriz » (le sanctuaire) dont Nacer l’Avahrizi au CANADA, en répondant à son cousin Sofiane d’ALGER, en évoque un de ses beaux souvenirs:

    Azul Sofiane,

    En fait, je connais du monde à Ivahrizen parce que quand j'étais enfant puis ado, j'y passais, en famille, toute la période des vacances. IVAHRIZENE constituait un havre de paix, de sérénité, d'ambiance chaleureuse, de simplicité et des après-midi avant « thanalt » (le casse croûte) et soirées inoubliables sous « Tazemurt Uvahri », ce mythique olivier où il y avait toujours la fraîcheur même quand la chaleur atteignait son summum


    Nacer avait ressenti très tôt ce changement négatif du cadre de vie au village, et en s’éloigna avec un grand regret ; lui qui, depuis sa plus jeune enfance jusqu’à l’adolescence, venait régulièrement d’Alger avec ses parents pour y passer ses vacances scolaires. Il y trouvait un grand plaisir, il en dit :

    « En fait, je commençais à ne plus venir régulièrement à Ivahrizen avec l'âge ( à 20 ans, je préférais partir en Europe pour découvrir du monde) et aussi lorsque les habitants de Tadart ont commencé à abandonner le village pour construire avec l'aide des autorités sur le programme de l'auto-construction (et grâce à l'appui de mon oncle Said Umuhend qui était conseiller à la mairie d'Azeffoun) des maisons en béton dispersées entre Lawdda et à l'orée de Ivouache. Brusquement, l'ambiance qui caractérisait Tadart s'était envolé.
    (Explications aux lecteurs: Tadart était le grand village et Ivouach situé à environ 1 km regroupe encore aujourd'hui quelques maisons et c'est là que se situe Lemqam de Jeddi Avahriz).
    Comme le chante Bob Dylan ''Time Are Changing'', Les temps changent mais je conserve encore les odeurs d'été à Ivahrizen, tanalt, tizwal (les mures), les fêtes, les virées à Assif et au souk de Ldjemaa...
    Ar tufat
    ». Nacer du CANADA, le 06-08-2008.