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  • 1-Assif n'Ait Flik ou l'Oued Youssef de Sidi Khelifa

    Catégories : Loisirs, TIGROURINE-Village

     

     

     

     

    1272647_1424628387759205_1522189806_o.jpg n’Ait Flik ou l'oued Youssef de Sidi Khelifa est situé parallèlement en contrebas du village de Tigrourine de la commune d'Akerrou de la daira d'Azeffoun (wilaya de Tizi Ouzou - Algérie) à environ deux (02) kms à son point le plus proche.

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    En route pour camping à Assif en Aout-1974 - De cité Bisch (Alger) à Tigrourine                    (Photo = Halte à Azazga (Garage n(kawatou-Thiqanterth n"souk)   

    Ci-après carte photoplan détaillée de la region rajoutee en 2020 

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    C'est la ligne de rencontre au niveau le plus bas, soit le bassin versant des montagnes d’Iazouzene qui s'étendent à l’Est, parallèlement et horizontalement au village de Tigrourine, situé à l’Est du mont tamgout, de la plage de Sidi Khelifa jusqu’à Yakourene et la wilaya de Bejaia et d'Azeffoun.

    L'oued prend sa source dans la wilaya de Bejaia en dessous des montagnes entourant la région d'Assif el Hammam pour se jeter à la mer, après un long parcours en méandres d'environ une trentaine de kilomètres, à l'embouchure de Sidi Khelifa dans la commune d'Azzefoun.

    Tout au long de son cheminement il est alimenté par de nombreuses rivières coulant des montagnes environnantes qui elles mêmes sont alimentées par d'innombrables ruisseaux qui coulent sur les flancs de montagnes.

    De Zekri et Assif el Hammam sur la gauche et Yakourene à droite, jusqu’à la plage de Sidi Khelifa, de nombreux villages, situés sur les flancs de montagnes de part et d'autre des deux rives, sont traversés par cet oued au très grand débit en hivers et qui ne tarit jamais en été. Ce sont par ordre décroissant d'amont en aval, Assif el Hammam, Zekri, Ait Aissi, Tifrit Nait El Hadj, Ait-Ali, Tiguenatine,Tigrourine, El krar, Ivdhassen, Iazouzene, Thafraout, Igoudjdal, Oulkou, Sidi-Yahia....

    En hivers lors des journées fortement pluvieuses, l'oued en crue devient pratiquement infranchissable. Au niveau des Ait Flik, en dessous des villages de Tigrourine, Tiguenatine et El-Krar qui en réalité ne font qu'un tellement ils sont collés les uns aux autres.

    L’eau de l’oued arrive avec une force maximale telle que son grondement est entendu des villages mêmes pourtant situés à moins de trois kilomètres. Le bruit provoqué par le roulement des pierres et roches entrainés par les flots impressionnent sinistrement.

    En tentant de s'approcher au plus près du bord, un frisson vous traverse tout le corps, mêmes les animaux sont apeurés et n'osent pas trop s'approcher. Les chèvres pourtant réputées comme téméraires, acrobates et escaladeuses de rochers refusent de suivre leurs maitres bergers tout près de la rive de l'oued en furie.

    Ainsi suivant le relief et la topographie des régions traversées, l'oued forme des bassins ou tamdas qui emmagasine des quantités d'eau plus au moins importantes en rapport à la profondeur des bassins.

    Ces derniers changent de physionomie au gré des saisons. Selon l'importance de la pluvionométrie durant l’hiver, les bassins sont plus au moins remplis d'eau en été. Chaque village concerné a son ou ses propres bassins qui portent tous des noms par lesquels on les identifie.

    Dans le territoire des villages des Ait Flik sur un trajet d'environ cinq kilomètres, le lit de l'oued est situé dans une zone étroite (une cinquantaine de mètres d'une rive à l'autre) très crevassée et rocheuses d'ou l'importance des bassins qui y sont formés ça et là.

    En descendant en aval, le village de Tiguenatine a son propre bassin, en dessous duquel a un kilomètre environ, on découvre avec fascination le bassin le

    plus important de tout l'oued.

    Il s'agit de la réputée Tamda Guethviren que la nature a façonné dans le territoire de Tigrourine a la manière d'une vraie piscine. C'est un bassin d'eau qui fait en moyenne vingt mètres de long sur une dizaine et dont le point le plus profond se situe a trois mètres et plus.

    Il est entouré par d'énormes rochers qui lui assurent une protection contre l'envasement et dont profitent les jeunes téméraires pour s'adonner a leur sport favori qu'est le plongeon. On y plonge d'une hauteur de cinq mètres, pieds en avant, sans arriver à toucher le fond.

    Même après des hivers peu pluvieux, la tamda guethviren emmagasine toujours une très grande quantité d'eau qui fait que sa physionomie ne change pas, au contraire des autres tamdas qui s'assèche

    De toutes les époques, en remontant a celle de nos grands parents, les jeunes de Tigrourine et El Krar en particulier et de Tigounatine en général, ont tous profité des bienfaits de la baignade dans cette piscine naturelle. Certains ont leur propre bassin assez important mais ne résistent pas a l'envie de venir a tamda guedhvirene pour contempler le fascinant paysage autour du bassin, se baigner, plonger et repartir avec les salutations des présents.

    Tamda t’hamamt (bassin de bain) 

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    En aval de cette tamda "Guethvirene", à environ deux kilomètres, c'est tamda "tahamamt" dont le bassin pas très profond convient bien aux jeunes dont les parents peuvent rester à l'écart à l'ombre sous les arbres et arbrisseaux à quelques pas de la source d'eau potable "el insar", fraiche et désaltérante, et les surveiller en toute tranquillité.

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    La plus part de nos anciens y ayant appris à nager. Elle se trouve aussi sur le chemin reliant notre village à celui de Ivdhassen qui se trouve en altitude sur le flanc de la montagne faisant face à Ait Flik. Les jeunes d'Ivdhassen, surtout les bergers d'autrefois, se risquaient à y venir profiter de la baignade et nous faire profiter parfois du son de leur flûte, ils en jouent très bien au point d'en faire leur spécialité reconnue de tous.

    Malheureusement le soir au retour, ils en soufrent pour escalader le sentier très escarpé qui les conduit à leur village...si comme si on montait sur des marches de quelques quatre kilomètres. Ici se termine la zone ravinée de l'oued et, au-delà en contrebas, commence le cheminement sur une vaste plaine pratiquement au même niveau de la mer jusqu'à l'embouchure de Sidi Khelifa à Azeffoun.

     

    A un kilomètre de Tahamamt, soit et à 08 kilomètres de l’embouchure de Sidi Khelifa se trouve la tamda N'chakhchoukh très prisée par les amateurs de pêche à la ligne parce que de tout temps étant la plus poissonneuse. Apparemment l’écosystème formé par tamda et la végétation tout autour favorise la prolifération des poissons qui trouvent de quoi se nourrir tout le long de l’année.

     Autant à tamda guethviren on se sentait complètement isolé du monde, autant ici on est à découvert. La tamda est visible des kilomètres à la ronde.

    De là à la mer, de part et d'autre de l'oued, se trouvent de larges étendues de terrain dont quelques parcelles sont exploitées depuis de longues années par quelques fellahs qui y cultivaient surtout de la pastèque et actuellement d'autres cultures puisque l'eau est disponible dans l'oued et est de bonne qualité. C'est une initiative encourageante et pratiquement renouvelée depuis de longues années. Elle mérite que les autorités locales y apportent leur contribution pour un développement plus conséquent par le lancement d'un projet de barrage en amont dans la zone de Tahamamt entre Ivdhassen et Ait Flik soit plus exactement (mesure par satellite) à huit kilomètres du bord de mer à Sidi Khelifa. les autorités peuvent développer des projets de tourisme climatique et balnéaire dans la région qui présente un attrait touristique certain.

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    Camping à assif (Oued Sidi Khelifa)

    déjà en 1974, à l'époque où Ait Flik était démunie de tout, des jeunes Algérois (Hamid et Salim de la cité Bisch - Soustara Alger) ont été invités pour camper durant une semaine à Thamda Guedhvirene et sont repartis très satisfaits d'avoir eu la chance de découvrir ce lieu merveilleux.

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    Et en 1979 des jeunes d'AZAZGA (Mouloud, Hocine...) ont été invités à leur tour pour une semaine de vacance dans ces mêmes lieux. Mouloud fut, ainsi, le premier à inaugurer les "bains" de minuit dans la tamda guedhvirene.

    En pleine nuit, il plongeait des rochers et se baignait en chantant et criant à tue tête...et incita tous les autres à le suivre, et ce fût à qui plongera de plus haut, à qui criera le plus fort, c'est vrai qu'en ces temps là la sécurité était présente partout et en tous lieux de l 'Algérie

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    La Chasse (Sur la photo de chasse en 1966 dans le territoire des Ait Flik )

    Suite aux événements douloureux vécus par l'Algérie tout entière durant des années, la chasse a été suspendue de fait. Cependant, on se lassera jamais de parler de lLa chasse telle qu'on la vivait dans notre village. La chasse était une grande passion pour beaucoup au point que certains de nos compatriotes résidents hors du village et passionnés profondément, faisaient toujours coïncider leurs congés annuels avec la période de chasse.

    Ils ont la possibilité de leur faire ailleurs surtout en Europe avec du gibier abondant mais, amour du bled oblige, ils viennent ici pour s'adonner à leur passion à la manière de leurs grands parents. Cela leur permettra ainsi de chasser en sillonnant les sentiers, les champs et les forêts dont les images ineffaçables resteront gravées à jamais.

    Nos "anciens" pratiquaient la chasse comme moyen d'avoir du gibier a consommer. Aujourd'hui il en est autrement, chasser est avant tout un sport qui vous donne l'occasion de marcher inlassablement dans les clairières et les forêts et respirer de l'air pur tout en "fixant" à vie les images que la nature vous offre gracieusement et que ne trouverez nulle part ailleurs. Nos "anciens" pratiquaient la chasse aux gibiers et la chasse aux sangliers qui sont considérés comme prédateurs des récoltes.

    La chasse aux gibiers se pratique en solitaire ou en groupe et la chasse aux sangliers se pratique soit collectivement à la battue de jour ou à l'affût pendant la nuit. Chacune de ces types de chasse a ses propres charmes mais celle à la battue est particulière et fait participer les civils dont le rôle servira à rabattre les sangliers vers les clairières ou sentiers où se tiennent embusqués les chasseurs prêts à tirer.

    Un chef de battue est désigné d'avance pour s'occuper du placement des chasseurs et diriger les rabatteurs. Au signal de départ, ces derniers, placés en cercle autour des bosquets, lâchent les chiens et avancent en criant, en claquant des mains et tapant sur les bosquets avec des morceaux de bois.

    Les chiens, par leurs aboiements caractéristiques et reconnaissables par tous, signalent la présence de sangliers et c'est la mobilisation générale, tout le monde se tient sur ses gardes et les chasseurs prêts à intervenir....

    on entends, un tir...deux tirs...ou parfois plus... puis c'est le silence suivi juste à près d'aboiement caractéristique des chiens par lesquels on devine si un sanglier a été abattu, blessé ou en fuite. Quoi qu'il en soit, chacun reste à sa place jusqu'au signal du chef de battue...et puis c'est la course à qui arrivera le premier pour faire la découverte. Aussi bien pour les chasseurs et les civils participants aux battues, il n'y avait jamais eu d'accidents de personnes tellement les consignes et l'organisation sont strictes. Cependant des chiens sont souvent blessés accidentellement parce que certains se collaient trop aux cibles. Mis à part les regrets, personne n'a rien à redire, ce genre d'accident est pris comme risque du métier.

    Le retour au village est une vrai fête. Tout le long du chemin on ne se lasse de se remémorer et de raconter l'aventure, chacun à sa manière, en essayant d'en rajouter quelque chose de plus que les autres. Le soir au village, on se retrouve dans l'une des nombreuses places du village et la discussion reprend de plus belle pour ne s'arrêter que tard dans la nuit.

    La chasse à l'affût se pratiquait pendant la nuit au clair de lune en solitaire ou en groupe restreint. Avant le crépuscule on prenait position dans des figueraies dans un coin retiré et aménagé avec des broussailles. Les sangliers apprécient particulièrement les figues mûres. On essaie d'éviter au maximum de faire le moindre bruit car les sangliers sont très réceptifs et avancent prudemment en essayant de détecter tout bruit ou odeur suspect qui les font fuir.

    Fontaines publiques et Sources d'eau

    Parmi les nombreuses fontaines et sources existantes dans le territoire des Ait flik celle d'Ighzer Ikhechkhachene est l'une des plus célèbres pour l'excellente qualité de son eau, son grand débit même en été et sa situation stratégique au bord de la route communale menant de Tifrit vers Tiguounatine à quelques deux kilomètres de ce dernier village.

    Elle a été aménagée en 1986 par l'APC d'Akerrou, nouvellement créée, suite au dernier découpage administratif décidé par le gouvernement de l'époque.

    L'équipe du Maire d'alors, en l'occurrence feu M. Seddoud Omar, avait parmi ses priorités, en plus de l' éléctrification de tous les villages et le goudronnage de la route communale, l'ouverture de pistes et l' aménagement au bord des routes de fontaines publiques là où l'eau est disponible.

    Vu l'importance vitale de l'eau, cette dernière décision est des plus réfléchie.

    Vingt années après, cette fontaine ne désemplit plus de gens qui viennent avec de grandes quantités de bidon, jerricans...de très loin à savoir, d'Azazga, de Yakourene, de Fréha...pour s'approvisionner en eau pour usage domestique ou pour des restaurants. L'eau manque certainement chez eux mais ce n'est pas tout. En fait beaucoup sont attirés pour la seule qualité de cette eau qu'ils connaissent et apprécient bien.

    C'est une vraie eau minérale qui ruisselle à partir de la nappe phréatique du mont Tamgout qui se trouve en amont à 1200 mètres d'altitude. Une légende est en train de se "bâtir" autour de cette eau à qui certains vont jusqu'à prêter une vertu curative. La rumeur dit : " on dit qu'un certain médecin a dit à quelqu'un que cette eau fait disparaitre les cailloux de la vésicule (le calcul biliaire). C'est pratiquement faux et impossible mais cette légende naissante prouve une chose, que cette eau de très bonne qualité ne laisse pas indifférent.

    Elle est minérale, saine, limpide, ruisselante, sans arrière gout, désaltérante et très agréable à boire...et provient d'un vaste site montagneux fortement boisé et inhabité. Pour les gens avertis, elle est préférée aux nombreuses eaux minérales commercialisées sur le territoire national.

    Les passagers en voiture à la quasi majorité font obligatoirement halte pour étancher sur place leur soif et en remplir au minimum leur bouteille ou gé ricane de bord.

    A environ 700 m en dessous du mont Tamgout et à 200 m environ au dessus de la fontaine d'Ighzer Ikhechkhachene, sur la route Tifrit vers Alma Guechtoum, se trouve Amanchar Averkhane avec sa fontaine des singes ou fontaine aux sept robinets (en fait des morceaux de tube) qui jadis n'avait pas son pareille nulle part ailleurs en Algérie.

     

    De ces sept robinets coulaient à grand débit tout le long de l'année, une eau fraiche, saine, limpide....et faisait de cet endroit un lieu très recherché, en particulier en été.